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6 juillet 1988
Élection de Carlos Salinas de Gortari à la présidence du Mexique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Carlos Salinas de Gortari

Malgré des accusations de fraude et de manipulation électorale, Carlos Salinas de Gortari du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) accède à la présidence du Mexique. Il aurait obtenu 50,4 % des votes contre 31,1 % pour son plus proche rival, Cuauhtémoc Cardenas du Front national démocratique (FND).

Après avoir oeuvré au sein du cabinet du président Miguel de la Madrid, l'économiste Carlos Salinas de Gortari défend les couleurs du PRI lors de l'élection présidentielle du 6 juillet 1988. Le candidat du PRI, formation au pouvoir au Mexique depuis les années 20, est le favori pour l'emporter malgré la lutte énergique menée par le candidat de la gauche, Cuauhtémoc Cardenas du FND. Cependant, le retard dans le dévoilement des résultats alimente des rumeurs de fraude qui entachent l'élection. Les résultats donnent Salinas de Gortari vainqueur avec 50,4 % des voix, un score décevant pour le PRI qui bénéficie habituellement d'un pourcentage plus élevé. De plus, la contestation persiste, ce qui n'empêche pas le nouveau président de poursuivre dans la voie engagée, ouvrant le pays aux investissements étrangers et procédant à la privatisation d'entreprises d'État jugées peu efficaces. En 1992, Carlos Salinas de Gortari apposera son nom sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) conclu entre le Mexique, le Canada et les États-Unis. Il occupera la présidence jusqu'en 1994.

Pour en savoir plus: Discours inaugural du nouveau président du Mexique

Dans les médias...


Bertrand de la Grange

«...M. Salinas a des idées : il veut «moderniser», dit-il, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), cet énorme appareil bureaucratique qui se confond avec le gouvernement et étend ses ramifications dans tous les secteurs de la vie mexicaine. Il veut encore, ajoute-t-il, «démocratiser» la vie politique. Pour cela, M. Salinas de Gortari s'est entouré de technocrates qui s'empressent d'essayer de mettre à l'écart les «dinosaures» du parti. Car il veut, aussi, «rester à l'écoute des Mexicains», connaitre leurs besoins, a-t-il expliqué à qui voulait l'entendre en parcourant le pays pendant des mois. Et pourtant, curieusement, son équipe et lui-même ne se rendent pas compte de la distance qui s'est établie, avec les années, entre le parti et les millions de Mexicains «invités» à venir l'écouter. Le courant ne passe pas et la raison en est simple : les Mexicains veulent un changement, et M. Salinas leur promet à nouveau la même chose. Avec une circonstance aggravante même, puisqu'ils le tiennent responsable de l'appauvrissement provoqué par la politique économique libérale qu'il a menée au cours des années précédentes et qu'il entend poursuivre.»

Le Monde (France), 15 juillet 1988, p. 4.

André Pautard, Maria-Laura Avignolo, «Mexique : la fin du parti roi»,

«...Ce n'est pas la personne de M. Gortari, ancien ministre du Plan tout juste quadragénaire, que ses deux adversaires mettaient en cause. Mais le système. L'un, Cuauhtemoc Cardenas, fils d'un célèbre président, a quitté le Pri pour fonder, avec la gauche, un Front démocratique. L'autre, Juan Manuel Clouthier, représente le Parti d'action nationale (droite). Faute d'espérer l'emporter, ils avaient diffusé un «programme de désobéissance civile», destiné à dénoncer et à contrecarrer les «magouilles» du Pri. Car, disait Clouthier, «ce n'est pas cet Ali Baba de Gortari qui débarrassera le Mexique des 40 voleurs» ! Leur croisade risque de laisser des traces et de briser la traditionnelle résignation mexicaine. Son retentissement, en tout cas, devrait obliger Gortari à prévoir la séparation entre l'État et le Pri. En clair : à devoir combattre contre les siens.»

L'Express (France), 15 juillet 1988, p. 15.

Martine Corrivault, «Le continent des gesticulations»

«...Même si les sondages maintiennent au pouvoir le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) qui, en 60 ans, a toujours fait élire son homme à la présidence, un changement de taille s'amorce dans le pays où l'opposition réussit une percée auprès du public. La crise économique qui sévit depuis dix ans dégénère en drame social. Le Mexique cherche maintenant un homme fort, capable de lui soumettre un projet de société et d'enclencher les réformes politiques et sociales qui s'imposent. La situation que connaît le Mexique endetté, l'Amérique latine la vit avec une acuité qui amène à se demander si ce continent cessera un jour de reculer (...) Le Mexique ne parviendra probablement pas cette fois-ci à s'engager sur une nouvelle piste que pourraient, après lui, élargir les autres pays latino-américains. Mais il arrive au point où les riches doivent laisser l'Amérique latine explorer librement ses propres avenues de développement. Parce qu'ils risquent d'en avoir eux aussi besoin, plus tôt qu'ils ne l'imaginent.»

Le Soleil (Québec, Canada), 3 juillet 1988, p. B-4.

Stryker McGuire, «Modernizing Mexico»

«...Salinas has his work cut out for him. There is no doubt that he will win the election July 6, his Institutional Revolutionary Party (PRI) has not lost a Mexican presidential election since 1929. But faced with the stiffest political opposition in at least four decades, he will have to convince an increasingly skeptical public that he won it fair and square, in a country where dishonest elections are practically a tradition. His programs and policies, with minor exceptions, are simply a continuation of those of President Miguel de la Madrid -which isn't surprising, sinde de la Madrid handpicked his successor. (Salinas has been de la Madrid's planning and budget secretary). But Salinas needs to persuade Mexicans that he is modernizing his party and his government. Perhaps more difficult, he will have to find new ways to deal with a six-year-old economic crisis (...) Salinas's approach to his country's severe problems is a cautious one, and though words like «modernization» and «change» decorate his speeches, he couches them carefully.»

Newsweek (États-Unis), 27 juin 1988, p. 38.

Gouvernance et gouvernement [ 6 juillet 1988 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Mexique
FaibleMiguel de la Madrid Hurtado

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1983 - 1993]



7 juillet 1985[Résultats] Élections législatives
19 septembre 1985 Tremblement de terre meurtrier au Mexique
6 juillet 1988 Élection de Carlos Salinas de Gortari à la présidence du Mexique
6 juillet 1988[Résultats] Élection présidentielle
6 juillet 1988[Résultats] Élections législatives
1 décembre 1988Carlos Salinas de Gortari : chef d'État (investiture/assermentation)
18 août 1991[Résultats] Élections législatives

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension