Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

13 mai 2001

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Silvio Berlusconi

La coalition de centre-droite « Maison des libertés » remporte les élections législatives italiennes en faisant élire 368 de ses candidats à la Chambre des députés. Cette victoire pave la voie à l'accession de Silvio Berlusconi, chef de la formation Forza Italia, au poste de premier ministre.

Au moment où cette élection est déclenchée, l'Italie est gouvernée depuis plus de six ans par des gouvernements de centre-gauche. Celui qui dirige l'opposition, le magnat des communications Silvio Belusconi, promet, s'il est élu, de procéder à des réductions d'impôt. Berlusconi, âgé de 64 ans, est à la tête de la formation de droite Forza Italia qui arrive en tête des intentions de vote avec 29,4%. La coalition « Maison des libertés », que Forza Italia forme avec d'autres partis, dont l'Alliance nationale, un parti d'extrême- droite, obtient une nette majorité avec 368 députés. Affligée par des divisions, la coalition de centre-gauche « L'Olivier » fait pour sa part élire 242 députés. La campagne est ponctuée d'attaques vigoureuses. L'influence personnelle et les démêlés judiciaires de Berlusconi, qui a été premier ministre pendant quelques mois en 1994, soulèvent des inquiétudes que le principal intéressé promet d'apaiser. Le nouveau gouvernement, assermenté le 11 juin, est dominé par la présence de neuf députés de la Forza Italia et de cinq de l'Alliance nationale.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Pierre Barbancey, «Berlusconi s'impose in extremis»

«...La droite doit son succès à la campagne menée tambour battant par son leader, Silvio Berlusconi, mais également à l'attitude du centre gauche, timoré, toujours à la traîne du Cavaliere et surtout incapable de présenter un projet réellement mobilisateur (...) L'Olivier, empêtré dans des orientations libérales sociales s'est trouvé pris à son propre piège et a été sanctionné. Les Italiens veulent vivre autrement et sortir des difficultés sociales (emplois, retraites, inflation) auxquelles ils sont confrontés chaque jour. Il n'est pas sûr que le choix fait par les électeurs soit une adhésion totale aux idées de Berlusconi. En politicien avisé, celui-ci a su faire miroiter un avenir nouveau. Le comble est d'entendre l'homme le plus riche d'Italie parler de «révolution» alors que son adversaire, Francesco Rutelli, faisait dans le pragmatisme économique et européen. Aujourd'hui, la droite exulte. À gauche est peut-être venu le temps de la réflexion et de la mise sur pied d'une alternative crédible, vraiment de gauche. La stratégie visant à lorgner du côté du centre a été rejetée. C'est aussi une des leçons de ce scrutin. Cela devrait interpeller l'ensemble de la gauche européenne, parce que, plus que jamais, la droite est de retour.»

L'Humanité (France), 15 mai 2001, p. 4.

Étienne Dupuis, «Berlusconi, le pouvoir intégral»

«...Formidable bateleur et «bête de télévision», Silvio Berlusconi a par ailleurs établi à travers les médias un contact fort et direct avec les électeurs, en particulier avec les jeunes, mettant en avant sa propre réussite personnelle. Une success story dans le bâtiment, les télévisions, la publicité ou le football qui n'a pas été entamée par ses casseroles judiciaires, ni même par les attaques de la presse internationale. Au contraire. Sachant se présenter comme un «martyr», ou comme une victime des «juges communistes», Silvio Berlusconi est parvenu à provoquer une réaction de défense à outrance de la part de ses tifosi. Enfin, celui que l'on surnomme le «Cavaliere» a bâti une véritable formation implantée dans tout le pays. A la différence de 1994 où Forza Italia n'était qu'un simple réseau de clubs, il dispose désormais d'une structure qui revendique plus de 300 000 adhérents. Comme les vendeurs de Publitalia (la régie publicitaire de son groupe), les responsables locaux de Forza Italia sont tenus de remplir des objectifs en termes d'adhésions et de résultats électoraux, et sont sanctionnés le cas échéant. «C'est un étrange mélange de parti bolchevik stalinien et de culture d'entreprise», estime le professeur de sciences politiques Roberto Borcio.»

Le Temps (Suisse), 15 mai 2001.

Agnès Gruda, «Élu malgré tout»

«..Si le passé trouble de M. Berlusconi ne l'a pas handicapé, c'est peut-être parce que neuf ans après le lancement de l'opération «mains propres», qui prétendait assainir la vie politique du pays, les Italiens sont las de la lutte contre la corruption. Des centaines de personnes qui se sont retrouvées sous enquête, seule une poignée ont été condamnées. Les procès intentés contre Berlusconi n'ont jamais abouti, du moins jusqu'à maintenant. Tout cela a fini par banaliser les accusations de corruption et par lasser l'opinion publique. Et puis, pour parer aux critiques, Silvio Berlusconi s'est engagé à faire adopter d'ici 100 jours une loi contre les conflits d'intérêts- initiative qui a échoué à deux reprises au cours des dernières années. Le fera-t-il? Cela reste à voir. Mais cela a enlevé quelques arguments à ses adversaires.»

La Presse (Québec, Canada), 15 mai 2001, p. A14.

Éditorial

«...With his 500-watt grin, his sharp suits, his perpetual tan and his infectious enthusiasm (...) he stands apart from the tired political operators who have dominated italian politics in recent decades. Many of his policies are attractive, too. He promises an all-out assault on the corruption and inefficiency that plague Italian governments. He would cut taxes and red tape, bringing his businessman's flair to the stuffy corridors of power. All the same, a Berlusconi government would be a bad thing for Italy. The serious charges hanging over his head would surely distract him from the business of government, and might force him from office before long. His dual role as tycoon and prime minister would just as surely bring crippling conflicts of interest. His political associations are troubling, too. His coalition includes former fascists and other right-wing figures with anti-immigrant views. Because of those associations, and his questionable past, other European leaders would be wary of dealing with him. Italy could find itself ostracized by the rest of the European Union. It is understandable that Italians want a leader who can make their government shape up and their country move forward, but Silvio Berlusconi is the wrong man for the job.»

The Globe and Mail (Canada), 12 mai 2001.

Gouvernance et gouvernement [ 13 mai 2001 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéCarlo Azeglio CiampiGiuliano Amato

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1996 - 2006



avril
1996
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Romano Prodi

avril
1996
[Résultats] Élections législatives

mai
2001
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

mai
2001
[Résultats] Élections législatives

avril
2005
Décès du pape Jean-Paul II

avril
2006
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Romano Prodi

avril
2006
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
Les 60 ans du décès du pape Pie XII : se souvenir ou oublier?

septembre
2018
L'Italie en voie de remonter la pente

février
2018
Mort de Salvatore Riina : la perte d'une figure emblématique de la mafia sicilienne

février
2018
Vatican : l'entrée au paradis du blanchiment d'argent

février
2018
Saint-Marin : d'un paradis fiscal prospère à un État endetté

octobre
2017
Victoire difficile pour le nouveau président du Parlement européen Antonio Tajani

mars
2017
Limogeage du grand maître de l'Ordre de Malte

février
2017
Crise de la dette publique : l'Italie rattrapée par les décisions du passé

octobre
2016
Élection de Virginia Raggi : renouvellement des élites italiennes?

septembre
2016
L'union civile sépare l'Italie


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016