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5 février 2001

Élection en Israël d'un gouvernement dirigé par Ariel Sharon

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ariel Sharon

Les élections législatives en Israël sont marquées par la victoire décisive de Ariel Sharon du Likoud. Sharon obtient 62,4% des votes contre seulement 37,6% pour son adversaire, le premier ministre sortant Ehud Barak.

Seulement 59% des Israéliens, un plancher historique, participent à ce scrutin. À la suite de ce cuisant revers, le travailliste Barak annonce son départ de la politique. Le Likoud étant minoritaire à la Knesset, le premier ministre Sharon forme un gouvernement d'union nationale. Des travaillistes en font partie, dont l'ex-premier ministre Shimon Peres, qui accepte le poste de ministre des Affaires étrangères. Sharon est un général à la retraite qui a été de tous les combats d'Israël depuis son accession à l'indépendance. Il est un tenant de la ligne dure à l'endroit du soulèvement dans les territoires occupés - intifada - , un événement dont sa présence au Mont du Temple, à Jérusalem, en septembre 2000, a été un élément déclencheur. Le nouveau premier ministre promet également de faire preuve de fermeté à l'endroit de l'Autorité palestinienne avec qui il refuse de négocier tant que la violence perdurera. L'élection de Sharon suscite de nombreux commentaires à travers le globe, particulièrement dans le monde arabe où ses antécédents et son discours suscitent de fortes inquiétudes.

Dans les médias...


Catherine Piettre, «Ariel Sharon, la paix difficile à croire»

«...davantage qu'un plébiscite en faveur du candidat de la droite, c'est bien un vote sanction que les Israéliens ont adressé à l'endroit de leur premier ministre. Une sanction sans précédent en Israël qui se traduit également par une abstention qui avoisinerait les 40%. Les électeurs traditionnels de la gauche se sont abstenus et, plus encore, les Arabes israéliens, qui n'ont pas pardonné à Barak la manière dont ont été réprimées, début octobre, les manifestations en faveur de l'Intifada palestinienne. Porté par un énorme enthousiasme populaire il y a un an et demi, Barak a vu grossir les cohortes de déçus à mesure qu'il échouait à réaliser ses promesses électorales. La peur que provoque le passé de son rival n'a pas été suffisante pour gommer cette déception: «révolution laïque» abandonnée, paix avec la Syrie abandonnée... À ces échecs se sont ajoutées la violence de l'Intifada et l'incapacité de Barak à répondre. De larges couches de la population lui reprochent surtout d'avoir multiplié les «concessions» sans parvenir pour autant à trouver le moindre accord avec les Palestiniens.»

Le Temps (Suisse), 7 février 2001.

David Grossman, «Israël n'est pas mûr pour la paix»

«...Désormais, le (Ariel Sharon) voilà chef d'un des Etats les plus compliqués dans le monde, d'un pays plongé dans une situation inextricable, inconnue depuis des décennies. Au tréfonds de son coeur, Sharon sait: s'il veut vraiment garantir l'avenir d'Israël, il devra renoncer à une partie importante des opinions, des croyances et des symboles qu'il a prônés pendant des années. S'il s'y refuse, nul doute qu'il conduira Israël à une confrontation, non seulement avec les Palestiniens, mais aussi avec toutes les nations arabes. C'est sans doute pour que cela que Sharon se montre préoccupé. De manière paradoxale, cette inquiétude, cette prise de conscience d'une responsabilité entière et de la complexité des dilemmes, que seul un dirigeant est obligé d'affronter, représentent des signes encourageants en mesure de nous consoler (en l'absence de tout autre espoir).»

Libération (France), 8 février 2001, p. 6.

Serge Truffaut, «La quadrature du cercle»

«...La vie politique israélienne propose au moins une constante. Toutes les joutes électorales se concluent par la gifle, la déroute totale du perdant. Sharon vient d'infliger à Ehud Barak une défaite aussi cuisante que celle que ce dernier avait imposée à Benjamin Netanyahou et que celui-ci avait signée aux dépens de Shimon Peres. En six ans, c'est à souligner, la Knesset aura vu défiler cinq premiers ministres. Une valse-hésitation qui, bien évidemment, a ralenti durablement la marche vers la paix avec les Palestiniens. S'il est vrai que la victoire de Sharon peut bel et bien être qualifiée de triomphale, la suite risque d'être aussi cahoteuse que l'a été le passage de Barak. Et ce, pour une raison toute simple: la Knesset est ingouvernable. Les 120 députés qui siègent en son sein représentent ou sont membres de 19 formations qui se livrent entre elles au jeu constant des alliances sans égard ou respect réel pour la démocratie (...) On comprend que, dans un tel environnement, Sharon se soit alloué un délai fort long -45 jours- pour former un gouvernement d'unité nationale dont l'implosion, après coup, est quasi certaine.»

Le Devoir (Québec, Canada), 8 février 2001, p. A6.

Deborah Sontag, «The Sharon Victory : News Analysis; Old Soldier, New Battle»

«...After a stubborn, lumbering climb over several decades to reach the Israeli political pinnacle, Prime Minister-elect Ariel Sharon must now move like a gazelle. He has little time to build a working coalition from an unruly Parliament, and the conflict with the Palestinians is not something that will go lightly to the back burner. Mr. Sharon's words indicate that he wants to redefine himself and confound the world's expectations. He does not want to sit atop a narrow right-wing government, and he does not want to be a bull in a china shop diplomatically. He seeks to be tough and conciliatory and to last longer than the beaten Prime Minister Ehud Barak as the leader of this volatile land. But circumstances, partisan politics and his own adventurer's disposition could quickly undermine him.»

New York Times (États-Unis), 8 février 2001.

Gouvernance et gouvernement [ 5 février 2001 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireMoshe KatzavEhud Barak

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1996 - 2006



mai
1996
[Résultats] Élections législatives

octobre
1998
Signature des accords de Wye Plantation entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne

mai
1999
[Résultats] Élections législatives

septembre
2000
Début d'un deuxième soulèvement (intifada) en Palestine

février
2001
Élection en Israël d'un gouvernement dirigé par Ariel Sharon

janvier
2003
Tenue d'élections législatives en Israël

janvier
2003
[Résultats] Élections législatives

mars
2006
[Résultats] Élections législatives


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