5 avril 2020 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

23 juillet 1952

Abdication du roi Farouk I d'Égypte

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Gamal Abdel Nasser

Le renversement du gouvernement égyptien par un groupe de militaires entraîne le départ du premier ministre Halaili Pacha et l'abdication du roi Farouk I, souverain du pays depuis 1937.

Le 23 juillet 1952, un comité « d'officiers libres » contestataires au sein duquel figurent deux futurs chefs de l'État égyptien, Gamal Abdel Nasser et Anouar el-Sadate, renverse le gouvernement. Trois jours plus tard, le roi Farouk I abdique et quitte le pays pour l'Italie. Des purges effectuées dans l'armée et parmi le personnel politique au cours des semaines qui suivent permettent à un des instigateurs du coup d'État, le chef d'état major de l'armée, Muhammad Néguib, de succéder à Ali Maher le 7 septembre à la tête du gouvernement. Investi des pleins pouvoirs, il entreprend une réforme agraire et élimine les partis politiques. Le 18 juin 1953, l'Égypte devient une République et Néguib son premier président. Cette décision met fin à la monarchie de Fouad II, enfant de Farouk I âgé de quelques mois qui avait succédé à son père. Néguib ne restera toutefois pas longtemps au pouvoir. Son départ forcé, en 1954, confirme l'ascension de Gamal Abdel Nasser qui deviendra rapidement une figure de proue du panarabisme sur la scène internationale et l'incarnation de la révolution égyptienne.

Dans les médias...


Jacques M.-J. Ogliastro, « Les auteurs du coup de force rappellent, en Égypte, les dirigeants du Wafd »

«...La général Naguib paraît jusqu'à présent avoir la situation bien en main et le danger de la voir exploitée par les communistes semble, pour le moment, exclu. Mais combien de temps cet équilibre instable sera-t-il maintenu ? Les milieux militaires se défendent de vouloir garder le pouvoir et tout laisse prévoir qu'ils vont le remettre aux mains d'un nouveau premier ministre du parti wafdiste - Nahas Pacha ou tout autre - au profit duquel le coup d'État semble bien avoir été fait. Cependant, le roi parti et le Wafd ayant repris les rênes de l'État, les difficultés qui sont à l'origine des crises auxquelles on assiste depuis un an subsistent entières. Si les nouveaux dirigeants ne parviennent pas très rapidement à les surmonter, on peut craindre de voir entrer l'Égypte dans une longue période d'instabilité politique. Le pronunciamento auquel on vient d'assister a été trop bien réussi pour ne pas donner l'idée à ses auteurs, ou à d'autres, de recommencer l'opération si l'occasion s'en présente. C'est une voie dangereuse. »

Le Figaro (France), 28 juillet 1952, p. 8.

Marc Paillet, « Un jour du monde »

«...L'homme privé (Farouk) n'était pas de ceux qui suscitent ni la dévotion des foules, ni leur sympathie; le souverain se doublait d'un propriétaire foncier peu pitoyable dont le train de vie grandiose insultait à la misère du fellah. (...) Il faut croire cependant que la déchéance du roi est avant tout le fruit d'une évolution politique, quelle que soit l'importance des données personnelles. La monarchie égyptienne aurait dû résoudre un double problème : effectuer un minimum de réformes sociales et parachever l'indépendance nationale. Cependant le roi Farouk crut habile d'utiliser les revendications nationalistes pour différer sans cesse les réformes. C'était mettre l'ensemble de la mise sur une chance aléatoire, car les visées nationales de l'Égypte et de la couronne se heurtaient à des obstacles redoutables. C'était créer parmi le peuple une nombreuse cohorte de mécontents : ceux qui avaient faim. C'était offrir mille occasions d'exprimer le mécontentement à chaque fois que la politique d'indépendance nationale essuyait un échec. »

Combat (France), 28 juillet 1952, p. 4.

Édouard Sablier, « L'arrière-plan du « putsch » égyptien »

«...Aujourd'hui le mouvement militaire, obligeant le roi à s'incliner, ouvre la voie à un retour du parti populaire qu'est le Wafd. À première vue c'est donc à une lutte redoublée contre la Grande-Bretagne que l'armée apporte son appui. En fait, en Égypte comme en Syrie ou en Iran, il semble que l'armée soit plutôt en faveur d'une coopération militaire solide avec l'Occident. Il n'est pas impossible qu'un régime soutenu par l'armée puisse demander aux nations occidentales un armement, un équipement et un entraînement plus importants. En échange de cette assistance les états-majors accepteraient vraisemblablement d'examiner avec les organisme militaires atlantiques les modalités d'une défense commune. Mais tout dépendra encore une fois de l'état d'esprit qui régnera dans la vallée du Nil. Cet état d'esprit, au premier chef, découlera de la volonté du gouvernement britannique. On ne peut guère demander à Londres d'envisager des concessions aux aspirations nationales égyptiennes s'il n'a pas en face de lui des interlocuteurs solides et représentatifs, et il faut avouer que jusqu'ici ce ne fut guère le cas ! »

Le Monde (France), 26 juillet 1952, p. 4.

S.A., « Coup d'Etat in Egypt »

«...The coup appears to have had its inception in the growing dissatisfaction of younger officers with incompetence and graft in high places, as revealed by the munitions scandals growing out of the Palestine war which brought Egypt defeat but made General Naguib a national hero. It is, however, also a result of the increasing rivalry between the army and the Palace, and is thus an open challenge to King Farouk, who has tried to maintain personal control of the armed forces and sought to forestall the coup by making his last previous Premier military Governor General under the rule of martial law. The latest events demonstrate again that democratic foundations are still precarious in the Middle East, and that the days of the strong man are not yet ended. This is a situation with which the West must reckon in the interest of the broader problems of world peace and security which are inevitably involved. »

New York Times (États-Unis), 24 juillet 1952, p. 26.

Gouvernance et gouvernement [ 23 juillet 1952 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Égypte
FaibleFarouk IAli Mahir Pasha

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1947 - 1957



juillet
1952
Abdication du roi Farouk I d'Égypte

octobre
1956
Crise du canal de Suez


Dans l'actualité


avril
2019
Égypte : le régime de la terreur d'al-Sissi

octobre
2018
La dette égyptienne : difficile de s'en sortir

mars
2017
Le canal de Suez : un tremplin pour l'économie égyptienne

février
2017
Boutros Boutros-Ghali : un « dirigeant mémorable » des Nations unies

novembre
2016
La justice égyptienne sévère à l'endroit d'un ex-président

novembre
2015
Al-Sissi : de l'armée à la présidence égyptienne

septembre
2015
Afrique : un pas de plus vers l'intégration économique

février
2015
Égypte : la liberté d'expression en danger

décembre
2014
L'armée égyptienne : acteur immuable du pouvoir présidentiel

avril
2014
Égypte : une économie asphyxiée, une destination délaissée


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019