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22 septembre 2002

Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Rencontre entre le Président pakistanais, Pervez Musharraf, et le chancelier allemand, Gerhard Schroder
Gouvernement fédéral d'Allemagne

Avec 38,5% des votes exprimés, les sociaux-démocrates (SPD) de Gerhard Schröder obtiennent 251 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. Ils devancent leurs plus proches rivaux, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de Edmund Stoiber, qui reçoivent également l'appui de 38,5% des électeurs mais ne font élire que 248 députés.

Il s'agit d'une baisse de popularité significative pour les sociaux-démocrates de Schröder qui perdent 47 sièges par rapport aux législatives de 1998. Une économie languissante explique en partie cette chute. En revanche, l'aide apportée à des victimes d'inondation dans l'est du pays et la décision du chancelier de ne pas impliquer l'Allemagne dans la guerre en Irak semblent avoir eu un effet positif auprès de l'électorat. Pour obtenir une majorité au Bundestag, le SPD doit à nouveau s'appuyer sur les Verts. Ceux-ci ont amélioré leur résultat de 1998, obtenant 8,6% des votes et faisant élire 55 de leurs candidats. Trois d'entre eux occuperont des postes de ministres, dont le chef Joschka Fischer qui demeurera en charge des Affaires extérieures. Le résultat est quelque peu décevant pour le CDU-CSU qui a longtemps dominé dans les sondages. Avec les 47 libéraux élus (FDP), ils formeront toutefois une forte opposition au gouvernement qui ne bénéficiera que d'une majorité de quelques voix.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean-Gabriel Fredet, « Schröder chancelier à crédit »

«...Champion d'un parti qui s'érode (...), usé par ses palinodies (deux ans de « réformite » aiguë suivis de deux ans d'immobilisme), sauvé in extremis par un « petit » parti qui veut faire entendre sa voix, ce caméléon au sourire permanent, expert en contres foudroyants, semble avoir perdu la main. Privée d'une majorité décisive, sans large consensus de la population, comment relever le défi de la promesse non tenue pendant son premier terme, la réduction du chômage, alors que celui-ci augmente depuis dix-neuf mois consécutifs ? Et comment rallumer les feux de la croissance quand le déficit des finances publiques et le pacte de stabilité, inventé par l'ancien bon élève de la classe européenne, lui interdisent tout mouvement ? « Il n'y aura pas d'état de grâce », prévient Friedbert Pflüger, député conservateur. Confronté à l'hostilité du Bundesrat, la Chambre haute qui représente les Länder, menacé de surenchère par les Verts qui rêvent d'un modèle alternatif, comment entreprendre les réformes de la protection sociale, de l'éducation, des retraites que justifient pourtant des coûts de production très supérieurs à la moyenne européenne, un vieillissement tragique de la population et le coût récurrent (60 milliards d'euros par an) d'une réunification qui n'en finit pas ? »

Le Nouvel Observateur (France), 26 septembre au 2 octobre 2002.

Patrick Saint-Paul, « Joschka Fischer, partenaire providentiel »

«...La coalition devrait être reconduite pour quatre ans. Malgré une majorité réduite à cinq sièges, Gerhard et Joschka veulent croire qu'elle sera plus harmonieuse que la première. En quatre ans d'expérience commune et de partage des responsabilités, un certain degré de confiance s'est installé. Qui n'existait pas en 1998. Au prix d'un exode de militants, déçus par les couleuvres avalées en quatre ans de participation au gouvernement fédéral, Fischer leur a imposé le renoncement à leur antimilitarisme radical, en approuvant l'envoi de soldats allemands dans des missions de maintien de la paix. Fischer le « realo » a imposé sa logique aux « fundies », les fondamentalistes écolos. Auréolé de leur statut de sauveurs de la coalition, les Verts pèseront plus lourd dans le prochain gouvernement. La base militante sera probablement tentée d'en imposer davantage aux partenaires sociaux-démocrates. »

Le Figaro (France), 24 septembre 2002, p. 3.

Isabelle Hachey, « Schröder l'emporte à l'arraché »

«...La victoire à l'arraché de M. Schröder semblait presque impensable en mai, quand le SPD tirait de l'arrière par dix points de pourcentage dans les intentions de vote. Ce n'est que le 11 septembre que le chancelier a réussi à renverser la vapeur et à surpasser son rival dans les sondages. Il a gagné des voix en martelant son opposition inconditionnelle à toute intervention militaire en Irak et en gérant avec brio la crise des inondations qui ont frappé l'est du pays, le mois dernier. (...) M. Schröder, 58 ans, était parfaitement à l'aise dans ce rôle de gestionnaire de crise. Au cours des derniers mois, l'homme volubile et décontracté a beaucoup misé sur son charme personnel, une stratégie visant à éluder son bilan décevant en matière de chômage. En fait, la campagne fut centrée sur la personnalité des leaders comme jamais auparavant, dans un pays où ce sont habituellement les partis, et non leurs chefs, qui jouent un rôle décisif sur l'issue des scrutins. »

La Presse (Québec, Canada) 23 septembre 2002, p. A1.

Éditorial

«...If the precise shape of a new government remained hazy last night, the challenge ahead is clear. It is first to revitalize the moribund German economy and end the political gridlock that has made reform so difficult. Failing that, German will begin to look all too much like Japan - a G-7 powerhouse stuck in the slow lane and a political culture that, much like German voters yesterday, is incapable of making decisions. (...) Much about this election campaign showed the Germany of postwar stereotype - conservative and anti-change. But it would be wrong to put too much stock in this caricature. If there is a silver lining in so ambiguous a result it lies in the fact that so many Germans were willing to vote for change, just as they did four years ago when they put their hopes in Gerhard Schroeder. After yesterday's elections any German government must start from the position that the status quo isn't acceptable. »

The Wall Street Journal (États-Unis), 23 septembre 2002.

Gouvernance et gouvernement [ 22 septembre 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéJohannes RauGerhard Schröder

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1997 - 2007



septembre
1998
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
1998
[Résultats] Élections législatives

juin
1999
Tenue d'élections au Parlement européen

septembre
2002
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
2002
[Résultats] Élections législatives

juin
2004
Tenue d'élections au Parlement européen

septembre
2005
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Angela Merkel

septembre
2005
[Résultats] Élections législatives

juin
2007
Ouverture du Sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne


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