Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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5 mai 2002

Réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jacques Chirac

Jacques Chirac remporte l'élection présidentielle en défaisant Jean-Marie Le Pen du Front national au second tour. Chirac obtient 25 537 894 votes (82,1 %) contre 5 525 034 (17,9 %) pour son adversaire.

Le premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril, est marqué par une des plus grandes surprises de l'histoire de la politique française. Alors que le président sortant, Jacques Chirac, arrive en tête avec 19,9 % des votes, c'est Jean-Marie Le Pen, le chef du Front national (FN), qui termine au deuxième rang avec 16,9%. Affectés par le faible taux de participation (71,6 %), les socialistes sont plongés dans la consternation par la troisième place de Lionel Jospin qui obtient 16,2 % des suffrages. Ce résultat empêche la tenue d'un affrontement entre la droite et la gauche au second tour, comme c'est le cas depuis l'instauration de la Ve République, sauf en 1969. Peu après le dévoilement du vote, Jospin annonce son départ de la politique. Dans les jours qui suivent, des manifestations d'opposition à Le Pen se déroulent à travers le pays. Le second tour, le 5 mai, est remporté facilement par Chirac avec 82,1 % des votes, un sommet historique. Le lendemain, le président choisit Jean-Pierre Raffarin comme premier ministre, en attendant la tenue des élections législatives prévues pour juin.

Pour en savoir plus: Discours d'investiture du président de la République française

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Catherine Pégard, «Je salue la France»

«...Les Français n'ont pas changé dans ces quinze jours qui ont ranimé une passion politique qu'on disait moribonde : ils ont d'abord manifesté leur exaspération contre un système qu'ils jugent lointain, vermoulu, replié sur les privilèges et les parlottes vaines, et puis ils ont exprimé leur refus de cautionner l'outrance d'un extrémisme dont le triomphe, le 21 avril, ridiculisait la France. C'est avec ces Français-là que Jacques Chirac va reprendre son chemin chaotique. Quelle étrange victoire qui couronne une vie politique non moins étrange, dont la cohérence a si souvent semblé tenir à un fil : la chance, dont Georges Pompidou lui a toujours dit qu'elle devait «être au rendez-vous». Jacques Chirac ressemblait à un homme de passage, comme on dit de ces amants frivoles. Il passerait vite, toujours présent dans la vie des Français depuis bientôt quarante ans, mais sans y laisser de véritable marque. Et voici que les électeurs, au bout d'une carrière uniquement dévouée à la politique, lui donnent une chance et une responsabilité historiques, celles de faire «passer» la France dans un autre temps de la politique, lui qui semblait si peu fait pour cela.»

Le Soir (Belgique), 7 mai 2002, p. 20.

Françoise Fessoz, «Massivement réélu, Jacques Chirac promet de restaurer les valeurs de la République»

«...À peine élu, Jacques Chirac a cherché à profiter de la dynamique du scrutin en soulignant le caractère exceptionnel de la situation -«votre choix est un choix fondateur, un choix qui renouvelle notre pacte républicain»-, en se positionnant comme le président du rassemblement -«Je suis le président de tous les Français. J'agis dans un esprit de rassemblement»- et en annonçant sa volonté de nommer très vite un «gouvernement de mission» chargé d'agir énergiquement dans trois directions : la sécurité, la baisse des impôts et des charges sociales pour «revaloriser le travail» et le refus de toute discrimination. Le président de la République dispose d'un mois avant les élections législatives pour montrer qu'il a compris le message du premier tour et notamment l'aspiration des électeurs à ce que la «politique change». C'est dire si le choix de son Premier ministre, sans doute aujourd'hui, s'annonce déterminant.»

Les Échos (France), 6 mai 2002, p. 2.

Dominique Gerbaud, «Jacques Chirac, élu d'un vote républicain»

«...Jean-Marie Le Pen n'a pas créé de dynamique en sa faveur entre les deux tours. C'est un échec pour lui qui est cantonné en-dessous de la barre des 20 %. Certains pensaient que l'effet de surprise du premier tour pouvait susciter un élan en sa faveur. Ce n'est pas le cas. Au contraire. Il améliore certes, en nombre de voix, son score du premier tour ajouté à celui de Bruno Mégret. Mais l'extrême droite baisse en pourcentage. Il a tout de même prouvé qu'il était capable de capter, deux tours d'affilée, un électorat d'environ cinq millions de personnes. C'est dire qu'il existe en France une forte minorité de Français qui n'ont pas peur d'avoir, à la tête de l'Etat français, un président d'extrême droite. C'est l'une des principales leçons à tirer de cette présidentielle. Certes, ce n'est qu'une minorité mais c'est aussi la preuve de son ancrage durable et les dirigeants politiques ne pourront pas ne pas en tenir compte.»

La Croix (France), 6 mai 2002, p. 3.

Alain Touraine, «Allons au-delà des bonnes intentions»

«...Il y a des instants où l'analyse et la prévision, si importantes qu'elles soient, doivent se laisser recouvrir par les émotions, celles qui révèlent la présence, la victoire ou la défaite d'un principe sacré. Depuis quinze jours nous étions souillés par la victoire de Le Pen qui lui avait permis d'accéder au deuxième tour de l'élection présidentielle. Souillés, salis et en même temps déshonorés, honteux de croiser dans une ville étrangère un regard qui nous interroge : as-tu voté pour Le Pen ? Le dimanche 5 mai Jacques Chirac de son côté, le Parti socialiste de l'autre, ont eu raison de crier victoire mais nous sentons tous que le grand réveil de la jeunesse, bien utilisé par la gauche et dont Jacques Chirac a été le principal bénéficiaire, fut avant tout un soulèvement pour la démocratie et contre Le Pen, qui apparaissait à tous comme l'héritier d'une tradition autoritaire bien française mais qui, au-delà de ses particularités, appartient à la grande famille des fascismes. Certes, il tentera aux élections législatives de constituer un groupe parlementaire important ; mais il devra renoncer à tout espoir d'accéder au pouvoir.»

Libération (France), 7 mai 2002, p. 16.

Éditorial

«...If Mr. Chirac is not able to create a vision around which both the left and the right can unify, Sunday's vote against Mr. Le Pen will simply be a vote against the deportation of immigrants and withdrawal from the European Union, with no defined platform to be for. Mr. Chirac now has an unprecedented opportunity to unify both parties around a more reasonable platform that would address the concerns of a population that preferred Mr. Le Pen far-right extremism to Prime Minister Lionel Jospin's socialism in the first round of voting April 2. It cannot be forgotten that the same anti-immigrant Mr. Le Pen appeared on the scene in the early 1990s, when unemployment was also at 9 percent. Mr. Chirac has a historic opportunity to address the discontent with crime and racial tensions in his country before they push extremists to positions of leadership. In the next several weeks before the legislative elections, the world will be watching to see if he is up to the task. But Mr. Chirac has one major avantage : The French have made clear that extremists are not welcome.»

The Washington Times (États-Unis), 7 mai 2002.

Gouvernance et gouvernement [ 5 mai 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéJacques ChiracLionel Jospin

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1997 - 2007



mai
1997
[Résultats] Élections législatives

juin
1997
Tenue d'élections législatives en France

juin
1998
Adoption en France d’une loi d’orientation et d’incitation relative à la réduction du temps de travail

janvier
1999
Passage à l'euro pour onze pays de l'Union européenne

avril
2002
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2002
Réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République française

juin
2002
Tenue d'élections législatives en France

juin
2002
[Résultats] Élections législatives

août
2003
Canicule meurtrière en France

mai
2005
Tenue d'un référendum en France sur le projet de Constitution européenne

octobre
2005
Éclosion de violence dans les banlieues parisiennes

février
2007
Dépôt d'un important rapport du GIEC sur les changements climatiques

avril
2007
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2007
Élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française

juin
2007
[Résultats] Élections législatives


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