Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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16 juin 2002

Tenue d'élections législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jean-Pierre Raffarin

Un peu plus d'un mois après la victoire de Jacques Chirac lors de l'élection présidentielle, l'Union pour la majorité présidentielle (UMP), une coalition de centre-droite, remporte un succès éclatant en faisant élire 355 de ses candidats aux élections législatives.

Après la déroute de l'ex-premier ministre Lionel Jospin lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 21 avril, le Parti socialiste (PS) essuie un autre revers en ne faisant élire que 140 députés lors des élections législatives. Considérant que le Parti communiste et les Verts ne font élire respectivement que 21 et 3 candidats, ce scrutin marque une nette perte d'influence pour la gauche qui sort ébranlée. Le Front national (FN) obtient pour sa part 11,3% des intentions de vote, mais ne fait élire aucun député. La forte majorité de l'UMP - qui deviendra l'Union pour un mouvement populaire en novembre - met fin à la « cohabitation » et donne les coudées franches au président Chirac qui confirme Jean-Pierre Raffarin dans ses fonctions de premier ministre. Parmi les ministres qui font partie de son cabinet, soulignons les noms de Nicolas Sarkozy, à l'Intérieur, et de Dominique de Villepin, aux Affaires étrangères. Avec le refus de la France de participer à la guerre en Irak, en 2003, de Villepin deviendra une des figures les plus connues du gouvernement à travers le monde.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jacques Attali, « La droite plan-plan »

«...Jacques Chirac a donc aujourd'hui plus de pouvoir que n'en ont jamais eu le général de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing, contraints les uns comme les autres à se préparer à affronter, dans les premières années suivant leur élection, une échéance législative; et plus de pouvoir même que François Mitterrand, bridé par le Sénat. (...) cette majorité toute-puissante arrive aux affaires sans avoir conclu avec les électeurs un pacte clair sur un programme : depuis que, au premier tour de l'élection présidentielle, les idées de son candidat n'ont reçu le soutien que d'un septième des électeurs, le parti du président s'est bien gardé de reparler de son projet, comptant à juste titre, pour l'emporter, sur le seul refus de la cohabitation. Pendant toute la campagne législative, le gouvernement a même fait preuve d'une prudence extrême, soucieux de ne pas déclencher la colère de quelque catégorie que ce soit, médecins ou chasseurs, et attentif à ne pas brusquer le peuple, ne serait-ce qu'en paroles : c'est la droite plan-plan, pour reprendre la vieille formule provençale désignant l'inaction tranquille. C'est la droite en pantoufles dans un monde de baskets. »

L'Express (France), 20 juin 2002, p. 6.

Michel Marian, « Raffarin, un conservateur pour réformer ? »

«...En évoquant l'ordre immémorial des places et l'éthique du service, Raffarin se pose sans doute comme le premier homme politique français conservateur depuis longtemps. Depuis plus longtemps que Georges Pompidou qui était normalien, banquier et amateur d'art contemporain au point d'avoir laissé son nom à un Centre; depuis Pinay, sans doute. Fatiguée de la révolution en 1988, traumatisée par la réforme en 2002, la France est prête pour un état de grâce conservateur. La succession des alternances et la tentation des extrêmes ont-elles abouti à ce résultat que seul un conservateur, assez sûr de son identité pour l'offrir en repère, puisse paraître crédible pour réformer sans inquiéter, là où ont échoué gaullistes, libéraux et socialistes ? C'est du moins ainsi que les nouveaux députés de l'Ump semblent comprendre la période : le vice fondamental du socialisme étant le dogmatisme, il importe de ne pas le reproduire en réactivant les clivages entre gaullisme, libéralisme et centrisme. Écouter et agir sans autre a priori que quelques grandes valeurs. Aux mains libres de l'exécutif, correspond l'esprit libre de ses parlementaires. Cela leur suffira-t-il pour savoir réformer ? pour en garder même l'envie ? »

Esprit (France), juillet 2002, p. 167-168.

Éric Dupin, « Les contradictions d'une victoire »

«...À gauche aussi, le discours tenu est contradictoire. D'un côté, ses leaders promettent, d'un air contrit, vouloir « reconstruire » leur camp. Mais ils s'empressent d'ajouter que le bilan du gouvernement Jospin demeure positif et qu'il est urgent d'attendre avant de débattre des raisons de la défaite. (...) Il y a neuf ans, les causes du rejet populaire étaient facilement identifiables. Elles s'inscrivaient dans la sombre conjoncture d'un chômage envahissant et de scandales à répétition. Le diagnostic est aujourd'hui moins simple à formuler. C'est toute l'architecture politique et idéologique de la gauche qui risque, à moyen terme, d'être mise en cause. Symbole révélateur : aucun des quatre principaux dirigeants de la « gauche plurielle » victorieuse en 1997 (Lionel Jospin, Dominique Voynet, Robert Hue et Jean-Pierre Chevènement) ne siègera au Palais-Bourbon. La fin du jospinisme signe sans doute la mort d'une tentative de concilier les contraires au plan doctrinal. Le succès isolé de la gauche à Paris, lieu de concentration des élites et des richesses, souligne paradoxalement la fracture de ce camp avec la fameuse « France d'en bas ». Il faudra bien un jour que la gauche ose l'épreuve de vérité consistant à clarifier ses idées et ses soutiens. »

Les Échos (France), 18 juin 2002, p. 44.

Serge Truffaut, « À droite toute ! »

«...jamais dans l'histoire de la Ve République un seul parti n'aura eu autant de pouvoirs que ceux dont disposent désormais Jacques Chirac et les siens. Il y a là un paradoxe d'autant plus révélateur des déficiences du système français que ce même Chirac demeure le président sortant ayant réalisé le plus faible score de la Ve République. Dans les mois qui viennent, la nouvelle majorité sera appelée à faire ce qu'elle s'est bien gardée de faire au cours des deux derniers mois. Soit le débat de fond sur l'Europe, les mécanismes électoraux; la mondialisation ou la libéralisation plus prononcée de l'infrastructure économique; les fameuses 35 heures qui ont valu à son architecte, Martine Aubry, ex-ministre du gouvernement Jospin, une défaite cuisante; les retraites et autres dossiers escamotés tout au long de ces campagnes. À telle enseigne, d'ailleurs, que 75 % des Français s'affichaient incapables d'établir la différence entre les principaux programmes. »

Le Devoir (Québec, Canada), 18 juin 2002, p. A6.

Alan Cowell, « In record low numbers, French voters give Chirac control »

«...The Socialist collapse meant that, with the exception of Tony Blair's centrist Labor Party in Britain, Europe's center-left parties are broadly in retreat. That set a precedent for Germany's Social Democrats, who are facing a fall election as the only major center-left party in power in Continental Europe. Perhaps just as significant for the way French people look at their political leaders, a record 39 percent of voters stayed home - higher than the 35.5 percent in the first round of parliamentary voting. That means that Mr. Chirac's control of the presidency and Parliament may be assailed as flawed. « This was a defeat for the institutions of state, » Ms. (Jean-Marie) Le Pen said. Surveys indicate that many of those who did not vote were blue-collar workers and young people disenchanted with the political system. But analysts have also attributed low turnouts to the fact that French voters have been expected to go to the polls four times starting on April 21. »

New York Times (États-Unis), 17 juin 2002.

Gouvernance et gouvernement [ 16 juin 2002 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéJacques ChiracJean-Pierre Raffarin

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1997 - 2007



mai
1997
[Résultats] Élections législatives

juin
1997
Tenue d'élections législatives en France

juin
1998
Adoption en France d’une loi d’orientation et d’incitation relative à la réduction du temps de travail

janvier
1999
Passage à l'euro pour onze pays de l'Union européenne

avril
2002
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2002
Réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République française

juin
2002
Tenue d'élections législatives en France

juin
2002
[Résultats] Élections législatives

août
2003
Canicule meurtrière en France

mai
2005
Tenue d'un référendum en France sur le projet de Constitution européenne

octobre
2005
Éclosion de violence dans les banlieues parisiennes

février
2007
Dépôt d'un important rapport du GIEC sur les changements climatiques

avril
2007
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2007
Élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française

juin
2007
[Résultats] Élections législatives


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