Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

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28 janvier 2003

Tenue d'élections législatives en Israël

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ariel Sharon

Les élections législatives en Israël sont marquées par la victoire du Likoud de Ariel Sharon qui obtient 29,4% des votes et fait élire 38 députés à la Knesset. Il devance largement le Parti travailliste de Amram Mitznam qui n'est appuyé que par 14,5% de l'électorat, un creux historique.

La chute du gouvernement d'union nationale, auquel participent des ministres travaillistes, force la tenue d'élections législatives. Aux prises avec une récession persistante, le gouvernement israélien doit aussi composer avec des allégations de corruption qui touchent le premier ministre Ariel Sharon et son entourage. Son parti, le Likoud, remporte néanmoins une victoire probante, doublant la représentation des travaillistes à la Knesset (38 sièges contre 19). Ces derniers obtiennent les pires résultats de leur histoire, ce qui incitera leur chef, Amram Mitznam, à démissionner en mai. L'ex-premier ministre Shimon Peres lui succédera sur une base intérimaire. Après avoir fait une offre aux travaillistes, le premier ministre Sharon, un tenant de la ligne dure face aux revendications palestiniennes, se tourne vers les partis de droite, notamment le Shinouï, pour gouverner. Cette formation de centre-droite a talonné les travaillistes lors des élections en obtenant 12,3% des votes et en faisant élire 15 députés.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Luc de Barochez, «La paix hors d'atteinte»

«...Au Proche-Orient, plus l'histoire avance, plus les perspectives de paix reculent. La réélection d'Ariel Sharon mine les efforts déployés, de plus en plus épisodiquement, par la communauté internationale, pour relancer un processus de paix bloqué depuis deux ans. Rarement, en un siècle d'affrontement judéo-arabe en Palestine, le niveau de confiance entre les deux communautés en conflit n'aura été aussi bas. D'une part, l'élection ne semble pas de nature à mettre un terme à l'instabilité politique de l'État d'Israël, qui a connu trois scrutins nationaux en moins de quatre ans. D'autre part, les propositions de paix de Sharon sont soumises à des conditions -éviction de Yasser Arafat, arrêt total de la violence, poursuite de la croissance «naturelle» des colonies juives- qui sont justement celles sur lesquelles toute reprise du processus achoppe depuis des années. Enfin, le résultat des élections montre que la majorité des Israéliens préfère placer sa confiance en Ariel Sharon plutôt qu'en un partisan déclaré du compromis.»

Le Figaro (France), 29 janvier 2003, p. 3.

Jean-Luc Allouche, «La «victoire à la Pyrrhus» d'Ariel Sharon»

«...Perdants, les travaillistes le sont sans conteste. Sans doute plus que leur tête de liste, Amram Mitzna, qui a fait une campagne courageuse, que la propagande adverse a jugée «suicidaire». Ce dernier a renouvelé son refus «déterminé» de «servir de feuille de vigne» à Sharon. «Je serai votre dirigeant dans l'opposition», a-t-il lancé sous les applaudissements des militants et devant les mines contrites de Shimon Pérès et de «Fouad» Ben Eliezer, tous deux anciens ministres de Sharon. En fait, les travaillistes paient le désaveu des accords d'Oslo, de vieilles rancoeurs de la part des «Orientaux», de la perte de leur base sociologique (ouvriers, kibboutzim, etc.) et d'une «longue décomposition», selon Gad Barzilaï, un analyste politique. «L'avenir, selon ce dernier, est la construction d'un grand parti social-démocrate, avec eux, Meretz et une partie de Shinouï.»

Libération (France), 30 janvier 2003, p. 11.

Agnès Gruda, «Sharon sort grand gagnant des élections»

«...Malgré le scandale du financement illégal qui a éclaté en pleine campagne électorale, le parti d'Ariel Sharon s'en tire mieux que prévu. Les partis de droite détiennent un bloc d'au moins 65 sièges bien assez pour former une coalition. Le hic, c'est qu'Ariel Sharon ne veut à aucun prix s'allier à l'extrême droite, de crainte de perdre ses appuis internationaux. Dès hier soir, il a lancé un appel à l'unité nationale- qui vise d'abord et avant tout les travaillistes. «Le combat antiterroriste n'est pas terminé, a tonné Ariel Sharon dans son adresse aux militants du Likoud. La menace de l'Irak pend au-dessus de nos têtes. Il faut agir ensemble.» Mais le chef travailliste, Amram Mitzna, a réitéré son refus de siéger dans un gouvernement du Likoud. «Il n'y a aucune honte à siéger dans l'opposition. De toute manière, nous n'y resterons que brièvement», a-t-il assuré. Il reste que les analystes estiment que la ligne du refus pourrait s'avérer difficile à tenir en cas de guerre contre l'Irak. Devant le danger, l'appel à l'unité nationale pourrait se révéler irrésistible.»

La Presse (Québec, Canada), 29 janvier 2003, p. A1.

Éditorial

«...So now the challenge is figuring out how to move from a military to a political process when the Israeli left is as weak as it ever has been. Mr. Sharon, odd as it seems, is now a centrist by Israeli political standards. He seems to see the dangers of forming a ruling coalition with ultraright parties that reject any concessions. Mr. Bush, if he can pause from glaring at Saddam Hussein, can help meet that challenge. He can make it clear to Israeli politicians that their most important ally, America, would like them to form a centrist coalition willing, at the very least, to lay the domestic groundwork for a return to negotiations (...) Meanwhile, influential Arab nations have work to do, too. They need to find an interim alternative to Palestinian leader Arafat -whom Israelis will never trust. Israelis shouldn't have to accept the coalition of Palestinian groups -including terrorist organizations Islamic Jihad and Hamas- that proclaimed in Cairo this week it would succeed Mr. Arafat. President Bush is said to be debating when to release a U.S. road map leading back to negotiations. Israel's elections has made vivid the need for any plan to start at the very beginning.»

The Philadelphia Inquirer (États-Unis), 1er février 2003.

Gouvernance et gouvernement [ 28 janvier 2003 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireMoshe KatzavAriel Sharon

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1998 - 2016



octobre
1998
Signature des accords de Wye Plantation entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne

mai
1999
[Résultats] Élections législatives

septembre
2000
Début d'un deuxième soulèvement (intifada) en Palestine

février
2001
Élection en Israël d'un gouvernement dirigé par Ariel Sharon

janvier
2003
Tenue d'élections législatives en Israël

janvier
2003
[Résultats] Élections législatives

mars
2006
[Résultats] Élections législatives

janvier
2009
Intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza

février
2009
[Résultats] Élections législatives

novembre
2012
Annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas

janvier
2013
Élections législatives en Israël

janvier
2013
[Résultats] Élections législatives

janvier
2014
Décès de l'ex-premier ministre israélien Ariel Sharon

août
2014
Annonce d'un cessez-le-feu mettant fin à un conflit dans la bande de Gaza

mars
2015
Élections législatives en Israël

mars
2015
[Résultats] Élections législatives


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