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11 novembre 2004

Décès de Yasser Arafat

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Yasser Arafat

Le président du conseil de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, décède dans un hôpital de Rambouillet, en France, à l'âge de 75 ans. À la tête de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) depuis 1969, Arafat était le visage le plus connu de la cause palestinienne à travers le monde depuis plus de trois décennies.

Le nom de Yasser Arafat est indissociable du combat que mène le peuple palestinien pour sa reconnaissance politique. Président de l'OLP, qui à ses débuts prône la lutte armée, il évolue graduellement vers une approche plus modérée. Sa participation aux accords de paix avec Israël, en 1993, est soulignée par l'obtention du prix Nobel de la Paix avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le ministre des Affaires étrangères Shimon Peres. Premier président du conseil élu de l'Autorité palestinienne, en 1996, Arafat continue toutefois d'être considéré comme un ennemi par Israël qui l'accuse d'encourager le terrorisme et d'être un obstacle à la paix. Confiné par l'armée israélienne à Ramallah pendant plusieurs années, il est transporté en France en octobre 2004 pour des raisons de santé. Il y meurt le 11 novembre. Ses obsèques ont lieu au Caire, le lendemain, en présence de nombreux dignitaires. Mahmoud Abbas prendra la direction transitoire de l'OLP et Rawhi Fattouh celle de l'Autorité palestinienne.

Dans les médias...


Jean-Luc Allouche, Christophe Ayad, « L'échec d'un chef de guerre à asseoir son autorité »

«...La mort de Yitzhak Rabin en 1995 et le refus obstiné d'Israël d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 n'ont pas facilité la mue d'Arafat. Mais ce dernier s'est montré aussi piètre négociateur et gestionnaire qu'il avait été un brillant stratège politique pendant la « longue marche » pour faire reconnaître l'OLP comme seule représentante du peuple palestinien, puis pour s'imposer à la table des négociations et, enfin, obtenir un accord. Car, au pire des combats, même lors du siège de Beyrouth en 1982 alors qu'Ariel Sharon, à l'époque ministre de la Défense d'Israël, avait donné l'ordre à Tsahal de le supprimer, le chef de l'OLP estimait que la lutte armée n'avait qu'un seul but : arriver, en position de force si possible, à la table des négociations. L'apogée de cette étape a été la signature des accords d'Oslo, à la Maison Blanche en 1993. Avec le retour de Yasser Arafat dans les Territoires palestiniens l'année suivante, une nouvelle page s'est ouverte. Dix ans plus tard, le bilan de l'Autorité palestinienne n'est plus à faire : c'est un échec. »

Libération (France), 12 novembre 2004, p. 9.

Pierre Laurent, « Mort en chef d'État »

«...Yasser Arafat est mort sans avoir pu mener à terme son combat. Il y aura laissé sa vie, épuisé à soixante-quinze ans par trois années de cantonnement dans les ruines de son quartier général de Ramallah. Trois années qui symbolisent un parcours, celui d'un homme qui n'a jamais voulu renoncer. Pour le peuple palestinien, aujourd'hui en deuil, le combat va se poursuivre dans de nouvelles conditions, mais avec la même volonté farouche de recouvrer la souveraineté de ses droits. Rien ni personne ne pourra effacer des tablettes de l'histoire l'image du leader palestinien coiffé de son keffieh noir et blanc à damier qui, après trente ans de lutte armée, avait su tendre la main à Yitzhak Rabin pour ouvrir le chemin de la paix. Ce chemin est aujourd'hui dans l'ornière. Ces trois dernières années, la mise à l'index par Israël et les États-Unis de celui qui vient de mourir n'a pas servi la paix, bien au contraire. Elle n'a été qu'un prétexte à l'amplification de logiques de guerre, aujourd'hui totalement dans l'impasse.»

L'Humanité (France), 12 novembre 2004, p. 2.

Jean-François Bégin, « Arafat : Le deuil »

«...« Père », mais aussi « symbole » et « leader » : tels sont les mots qui reviennent inlassablement dans les réponses des Palestiniens quand on leur demande quelle perception ils gardent d'Arafat. Père de la nation. Symbole de la lutte pour la création d'un État palestinien - dont il n'aura pas vu la concrétisation - et de la résistance face à l'occupation. Leader dans l'adversité, donnant l'exemple par la frugalité de son existence. Si plusieurs Palestiniens reconnaissent qu'Arafat pourra être remplacé sur le strict plan politique, la quasi-totalité voit disparaître avec lui un modèle, une source d'inspiration absolument unique. Mais ils sont aussi nombreux à constater que la mort d'Arafat entrouvre une porte vers la paix. « L'existence d'Arafat était devenue une justification qu'utilisait Israël pour ne pas reprendre les pourparlers de paix avec les Palestiniens, dit Youssef Chahine, chômeur de 26 ans de Ramallah. Cet obstacle a maintenant disparu. C'est maintenant qu'on va voir si Israël veut vraiment la paix. »»

La Presse (Québec, Canada), 12 novembre 2004, p. A1.

Éditorial

«...To say that Yasser Arafat was the embodiment of the Palestinian national cause, as many of his obituaries did, is true enough - but it is also unfair to those he leaves behind. The people of the West Bank and Gaza Strip are among the most able, educated, entrepreneurial and politically sophisticated of the Middle East; they are more than capable of creating the peaceful and democratic state that President Bush and the United Nations have proposed for them. Mr. Arafat did more than anyone else to forge their national identity as Palestinians and to place their cause at the center of global affairs. But he also poisoned his movement with terrorism and sabotaged it through his refusal to embrace the settlement with Israel that was possible years ago. Unlike many of his followers, Mr. Arafat was autocratic, corrupt, deceiving and, ultimately, unwilling to unambiguously accept Israel's permanence. His death has prompted an understandable outpouring of grief from Palestinians, including those who fiercely opposed him. But it also removes the single largest obstacle to the achievement of Palestinian sovereignty. »

The Washington Post (États-Unis), 12 novembre 2004.

Gouvernance et gouvernement [ 11 novembre 2004 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

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Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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