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7 mai 1972

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giulio Andreotti

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Giulio Andreotti

La Démocratie chrétienne (DC) arrive en tête des formations représentées aux élections législatives italiennes avec 38,8% des voix. Elle obtient 266 sièges contre 179 pour le Parti communiste (PC) et 61 pour le Parti socialiste.

Malgré des progrès économiques, la situation politique de l'Italie demeure instable. Plusieurs gouvernements se succèdent au début des années 70, dont ceux que dirigent les démocrates chrétiens Emilio Colombo et Giulio Andreotti. Une campagne animée, marquée par des scènes de violence entre militants de l'extrême gauche et de l'extrême droite, précède les élections anticipées du 8 mai 1972. Comme en 1968, environ deux tiers des votes vont à la DC, qui dirige le gouvernement depuis plus de vingt ans, et aux communistes. Le PC, dont le secrétaire général est Enrico Berlinguer, obtient 27,2% des intentions de vote, un sommet pour cette formation. L'extrême droite - néo-fascistes, monarchistes - connaît également du succès aux urnes, faisant élire une cinquantaine de candidats. Giulio Andreotti de la DC est à la tête du nouveau gouvernement, une coalition centriste au sein de laquelle on retrouve des démocrates chrétiens, des sociaux démocrates et des libéraux.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Georges Henein, « L'étoile de M. Andreotti »

«...En Italie plus qu'ailleurs, les choix s'incarnent en des personnes. Et M. Andreotti, aujourd'hui, fait littéralement figure de sauveur de son parti. C'est lui qui a empêché le replâtrage du centre gauche qui voulait tenter, en février, M. Emilio Colombo. C'est lui qui a pris le risque des élections anticipées, et redoré, au long de sa campagne, le blason du centrisme. Plus jeune que les deux « frères ennemis » de la D.c., MM. Amintore Fanfani et Aldo Moro, il a longtemps attendu son moment, et le croit maintenant venu. Il est assez souple pour ne pas refuser a priori toute collaboration avec les socialistes. Mais assez dur pour poser à ceux-ci des conditions qu'ils auront du mal à « avaler ». On voit d'avance ce qu'elles seront : rupture complète avec les communistes, priorité donnée à la relance économique sur tout programme de réformes. Que les socialistes tergiversent, ou refusent, et M. Andreotti, dans huit mois ou un an, n'hésiterait pas à s'adresser au pays en disant : « Nous voulons avoir les mains libres. Accordez-nous un nouveau mandat, une vraie majorité! » (...) La Social-démocratie est sombre, les socialistes sont perplexes. Un seul homme paraît savoir où il va : M. Andreotti. »

L'Express (France), 15 au 21 mai 1972, p. 66.

Ettore de Giorgis, « Glissement à droite en Italie »

«...Les divisions et les erreurs de la gauche ont favorisé le jeu sans scrupules de la Démocratie chrétienne : le parti socialiste n'a pas encore trouvé une ligne vraiment autonome et balance entre les démocrates chrétiens et les communistes. La question pour lui n'est pas tant le choix des alliances, que la cohérence. Le Parti communiste, attaqué de plusieurs côtés, a bien tenu et s'affirme comme le véritable noyau du mouvement ouvrier. Dans le reflux actuel, l'unique possibilité de survivre pour la gauche réside dans sa capacité de faire corps autour du vaisseau épargné par le naufrage, sans pour autant cacher les divergences qui opposent les communistes aux autres partis de gauche. Si les communistes se contentent de gérer l'opposition, ils peuvent être satisfaits du résultat, car aujourd'hui l'opposition c'est eux, et eux seulement. Si au contraire les communistes pensent sérieusement, pour remplacer la Démocratie chrétienne, à une alternative socialiste qui ne serait pas monopolisée par eux, ils doivent alors abandonner tout triomphalisme et admettre qu'ils ont mal joué (...), et que la responsabilité du virage à droite aux élections du 7 mai leur revient aussi. »

Esprit (France), juin 1972, p. 1051-1052.

Jean-François Revel, « Pour l'Italie »

«...ce progrès de l'extrême droite a été réalisé grâce à des voix prises à la gauche et non pas à la Démocratie-chrétienne. La D.c. n'a pas perdu sur sa droite, puisque, au contraire, elle progresse quelque peu, et le Parti communiste n'a pas perdu au profit des gauchistes, puisque les formations gauchistes s'effondrent complètement. Néanmoins, un petit parti marxiste qui comptait vingt et un députés, et qui votait avec les communistes, le Parti socialiste italien d'union prolétarienne (Psiup), disparaît purement et simplement. Où sont donc passées toutes ces voix d'extrême gauche ? Elles sont allées, au moins en partie, au M.s.i. néo-fasciste, en vertu d'un phénomène classique de « poujadisation » intermittente de la rancoeur et de l'inquiétude. Le centre gauche sort renforcé de ces élections. Cette consolidation numérique se traduira-t-elle par une consolidation politique ? Ce n'est pas sûr, car une majorité de centre pur, beaucoup plus faible, est également aujourd'hui possible. Mais cette dernière majorité, précaire, conduirait rapidement à une nouvelle dissolution ou à un durcissement. »

L'Express (France), 15 au 21 mai 1972, p. 67.

S.A., « More of the Same in Europe »

«...when the ballots were counted, it became clear that while the neo-Fascists had, indeed, made slight gains, the moderate Christian Democrats, Italy's largest party, had not only consolidated their position, but had even gained an additional seat in the Chamber of Deputies. What this meant was that Italy was probably headed along the same equivocal path it had followed for years. It seemed certain that, sooner or later, the Christian Democrats would have to join forces with the Italian Socialist Party, thereby re-creating the center-left coalition that brought the country to its present state of affairs. But that possibility was obviously less frightening to many Italians than the radical alternatives presented by the neo-Fascists and the Communists. And although there was little to suggest that Italy would now play a more dependable role in the development of Europe, the reaction among its neighbors was one of relief. Said one newspaper : « Europeans may have to learn that Italy is stable in her instability. »»

Newsweek (États-Unis), 22 mai 1972, p. 49.

Gouvernance et gouvernement [ 7 mai 1972 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéGiovanni LeoneGiulio Andreotti

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1967 - 1977



mai
1968
Tenue d'élections législatives en Italie

mai
1968
[Résultats] Élections législatives

juillet
1968
Promulgation de l’encyclique Humanae vitae

octobre
1970
Création des Brigades rouges en Italie

mai
1972
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giulio Andreotti

mai
1972
[Résultats] Élections législatives

mai
1974
Référendum sur le divorce en Italie

juin
1976
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giulio Andreotti

juillet
1976
[Résultats] Élections législatives

juin
1977
Annonce d'un accord entre les principales formations politiques italiennes


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