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20 juin 1976

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giulio Andreotti

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Giulio Andreotti

La Démocratie chrétienne (DC) arrive en tête des formations représentées aux élections législatives italiennes avec 38,7% des voix. Elle obtient 262 sièges contre 228 pour le Parti communiste (PC) et 57 pour le Parti socialiste.

La décision des socialistes de retirer leur appui au gouvernement dirigé par le démocrate chrétien Aldo Moro, en avril 1976, mène à une impasse qui entraîne la tenue d'élections anticipées. Les attentats terroristes, une économie chancelante et le scandale de la Lockheed, qui plane sur la classe politique italienne, constituent la toile de fond de la campagne électorale qui se déroule dans un climat d'inquiétude. La polarisation du vote entre la DC - 38,7%, 262 sièges - et le PC - 34,4%, 228 sièges - est plus évidente que jamais, plaçant le futur gouvernement dans une position délicate. L'ex-président du Conseil, le démocrate chrétien Giulio Andreotti, tente d'obtenir la participation des socialistes, troisièmes au scrutin - 9,6%, 57 sièges. Mais ces derniers refusent si le PC n'est pas invité également. Andreotti formera finalement un gouvernement composé de membres de la DC, initiative rendue possible par l'abstention des communistes lors du vote. Ces derniers innoveront l'année suivante en se joignant à une large coalition de partis désireux de redresser la situation du pays.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marcelle Padovani, « Le compromis « rampant » »

«...un taux d'inflation de 18% en 1976, (...) deux millions de chômeurs, une monnaie tombée si bas qu'il faut environ 870 lires pour acheter un dollar. Et c'est dans cette situation que le P.C.I. vient à prendre des responsabilités de type gouvernemental. Il n'a jamais été hostile à une politique d'austérité, bien au contraire. Mais aujourd'hui, des choix « d'urgence » s'imposent : pour le prix des tarifs publics, pour le blocage des salaires, pour les restrictions de crédit. Or ces choix risquent d'être effectués, en raison de l' « urgence », sans rapport aucun avec une politique de réformes globales et de venir consolider, de ce fait, tout ce qu'il y a de vétuste et de suranné dans les structures économiques italiennes. Le P.C.I. n'ignore pas qu'une véritable politique de changement, à l'heure actuelle, exigerait des mesures bien plus draconiennes que celles envisagées par le gouvernement Andreotti et tolérées par l'opinion modérée. Par exemple, un vrai programme d'austérité fiscale, le P.C.I. en est conscient, n'est pas indolore : il frappera non seulement les grandes richesses et les revenus moyens mais aussi certains salaires ouvriers. Or, sur ce point, le P.C.I. hésite encore à faire son choix. »

Le Nouvel Observateur (France), 11 octobre 1976, p. 51.

Jean-François Revel, « Italie : un gouvernement ou la mort »

«...Un mot revient dans tous les commentaires que la presse internationale consacre au nouveau Parlement italien : ingouvernable. J'ignore si l'Italie sortie des urnes du 20 juin 1976 peut ou non être gouvernée. Ce que je sais en toute certitude est qu'elle doit l'être. Si elle ne l'est pas maintenant, immédiatement, elle aura manqué sa dernière chance de l'être encore de façon démocratique. Et elle sera de nouveau gouvernée un jour, certes; mais de façon autoritaire, soit par un pouvoir de droite, soit par un régime communiste dur, qui balaiera Berlinguer lui-même. Cette éventualité serait un désastre, non seulement pour l'Italie elle-même, mais pour l'Europe, dont elle détruirait en profondeur les équilibres essentiels. Pourtant, elle est inéluctable si l'inconscience et l'inaction présentes se perpétuent, même peu de temps. »

L'Express (France), 28 juin au 4 juillet 1976, p. 42.

Georges Vigny, « L'Italie et l'option des deux solitudes »

«...le secrétaire général de la DC, Benigno Zaccagnini, a annoncé à qui veut bien l'entendre que son parti était désireux de « confronter au plus tôt le programme de la Démocratie chrétienne aux propositions qui viendront des autres partis ». Il faut être assez naïf pour penser que c'est une invitation au « compromis historique » avec le parti communiste; tout au plus s'agit-il de s'entendre sur un programme économique destiné à sortir le pays de la crise, et à amener le PCI à donner le coup de pouce, de l'extérieur, à un prochain gouvernement démocrate-chrétien. Bien sûr, le compromis historique n'est pas carrément rejeté, les communistes ne sont pas nommément exclus, mais un virage à gauche est impensable au sortir d'un virage à droite. Mais alors, s'il n'y a pas d'association directe des communistes au pouvoir, sous forme de coalition ou autre, s'il n'y a pas de majorité de centre-droite, y en a-t-il une de centre-gauche ? C'est une majorité de centre-gauche qui a été à l'origine du déclenchement de ces élections anticipées, et il serait difficile d'imaginer aussi bien la DC que le Parti socialiste, revenir au « statu quo ante », c'est-à-dire renouer avec les conditions qui ont abouti à l'éclatement. Ce serait encore plus sûrement qu'autrement renouer avec le cercle vicieux. Alors ? »

Le Devoir (Québec, Canada), 23 juin 1976, p. 4.

Éditorial

«...Continued political uncertainty seems the one sure bet in Italy following a close election that produced increased Communist strength and a victory, but no parliamentary majority, for the Christian Democrats. In short, Italy's basic problems remain. With more than one out of three voters casting a Communist ballot, it is evident that Enrico Berlinguer, with his low-keyed turn toward moderation and talk of a special brand of « Euro-Communism, » has successfully exorcised the menacing spirit of revolutionary ogre. In so doing, he has provided his party with a substantial claim for participation in charting the future of Italy. (...) In the days ahead, during negotiations on the formation of a new government, the Christian Democrats must decide whether to try to go it alone; from a coalition with one or more of the smaller parties, or agree to some form of participation by the Communists. They have, it is true, promised to keep the Communists out of government, but on the basis of the returns it would be hard to deny Berlinguer's party some role now. »

San Francisco Chronicle (États-Unis), 23 juin 1976.

Gouvernance et gouvernement [ 20 juin 1976 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéGiovanni LeoneAldo Moro

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1971 - 1981



mai
1972
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giulio Andreotti

mai
1972
[Résultats] Élections législatives

mai
1974
Référendum sur le divorce en Italie

juin
1976
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giulio Andreotti

juillet
1976
[Résultats] Élections législatives

juin
1977
Annonce d'un accord entre les principales formations politiques italiennes

mars
1978
Enlèvement d'Aldo Moro à Rome

août
1978
Décès du pape Paul VI

juin
1979
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Francesco Cossiga

juin
1979
[Résultats] Élections législatives

août
1980
Attentat terroriste d'envergure à Bologne, en Italie

mai
1981
Tentative d'assassinat contre le pape Jean-Paul II


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