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3 juin 1979

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Francesco Cossiga

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Francesco Cossiga

La Démocratie chrétienne (DC) arrive en tête des formations représentées aux élections législatives italiennes avec 38,3% des voix. Elle obtient 262 sièges contre 201 pour le Parti communiste (PC) et 62 pour le Parti socialiste.

Insatisfaits de leur rôle et des positions du gouvernement face aux problèmes qui minent l'Italie - économie anémique, terrorisme, etc. - , les communistes d'Enrico Berlinguer quittent la coalition qui est au pouvoir depuis 1977. Cette décision entraîne le déclenchement d'élections anticipées. Une fois de plus, la huitième depuis 1948, la DC arrive en tête avec 38,3% des votes et 262 sièges. La participation des communistes au gouvernement - le « compromis historique » - semble avoir joué contre le PC. Après le sommet de 34,4% atteint en 1976, il doit se contenter de 30,4% des votes et de 201 sièges. Le Parti socialiste termine pour sa part troisième avec un résultat comparable à celui de 1976, soit 9,8% des intentions de vote et 62 sièges. Des tentatives sont faites afin de former des coalitions sous différentes directions, mais c'est encore un démocrate chrétien, Francesco Cossiga, qui est appelé à présider le Conseil. Il forme un gouvernement axé sur le centre et nomme dans son cabinet une majorité de démocrates chrétiens, ainsi que quelques sociaux démocrates et libéraux.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marcelle Padovani, « La grande désillusion du P.C.I. »

«...En donnant plus de 38% des suffrages à la démocratie-chrétienne et une prime aux partis « mineurs » (qui refusent la collaboration avec les communistes), mais pas au parti socialiste (qui stagne en-dessous de 10%), la majorité de l'électorat a fait savoir qu'elle ne voulait pas, en ce moment, des communistes au gouvernement. Et elle a placé le P.C.I. devant un terrible dilemme : ou bien il encourage les socialistes à devenir une force d'appoint gouvernementale, mais subalterne, étant donné leur faible score et il devient, lui, la « grande gauche », la « grande opposition constructive ». Mais, ce faisant, ne risquerait-il pas d'accélérer l'effritement de l'allié socialiste qui reste celui avec lequel il entend gouverner en même temps qu'avec le parti chrétien ? Ou bien il essaie d'attirer les socialises dans l'opposition; mais dans ce cas, il accentue l'ingouvernabilité italienne, aucune majorité n'étant possible sauf... Sauf celle qui a été l'objet de tant de critiques et qu'on appelait « compromis historique ». Inconcevable pour l'instant. »

Le Nouvel Observateur (France), 9 juin 1979, p. 58.

Roger-X. Lantéri, « Italie : l'agonie de la 1re République »

«...La « stanchezza », la fatigue. Jamais les Italiens n'ont fait montre d'un tel ennui à la veille d'une élection. Sur le Ponte Vecchio, à Florence, le marchand de sacs dit : « Qu'est-ce que ça va changer ? Les gens s'en fichent. » En trois ans, le Parti communiste a détruit un théorème qu'il avait mis vingt ans à accréditer : « Sans le P.c.i., on ne peut gouverner. » Aujourd'hui, les Italiens répondent : « Avec le P.c.i., non plus. » Pourtant, l'enjeu n'est pas négligeable : car c'est peut-être la fin de la Ire République qui se joue à Rome, avec ces élections. (...) Le malheur des hommes politiques, c'est qu'ils ne parviennent pas à expliquer aux électeurs la cause de cette consultation. Le rébus italien est celui-ci : depuis vingt ans, le jeu était d'introduire les communistes au pouvoir tout en les maintenant dehors. Aujourd'hui, il est de les tenir dehors tout en les gardant dedans. »

L'Express (France), 9 juin 1979, p. 58.

S.A., « Hammer and Sickle at Half-Mast »

«...His message could not have been less triumphant : Berlinguer acknowledged what he called an « appreciable variation with respect to our exceptional advances of 1976. » (...) « Appreciable variation » soon became the established party-line euphemism for what was actually a stunning political defeat : the loss of more than a million votes in Italy's national election last week. The setback was a dramatic reversal of the P.C.I..'s successive gains in the regional vote of 1975 and the general election of 1976, which had provoked anxiety in every Western capital about the spectre of Eurocommunism coming to power in the NATO alliance. The defeat also raised the prospect of an intraparty challenge to Berlinguer's leadership, since it appeared to be a repudiation of his gradualist « historic compromise » strategy of joining the government in a national alliance with the centrist parties. Said Flaminio Piccoli, president of the Christian Democrats : « The Communist Party has lost its referendum on entering the government. »»

Time (États-Unis), 18 juin 1979, p. 27.

Gouvernance et gouvernement [ 3 juin 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéAlessando (Sandro) PertiniGiulio Andreotti

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1974 - 1984



mai
1974
Référendum sur le divorce en Italie

juin
1976
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giulio Andreotti

juillet
1976
[Résultats] Élections législatives

juin
1977
Annonce d'un accord entre les principales formations politiques italiennes

mars
1978
Enlèvement d'Aldo Moro à Rome

août
1978
Décès du pape Paul VI

juin
1979
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Francesco Cossiga

juin
1979
[Résultats] Élections législatives

août
1980
Attentat terroriste d'envergure à Bologne, en Italie

mai
1981
Tentative d'assassinat contre le pape Jean-Paul II

juin
1983
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Bettino Craxi

juin
1983
[Résultats] Élections législatives


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