21 mars 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

5 avril 1992

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giuliano Amato

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Giuliano Amato

La Démocratie chrétienne (DC) arrive en tête des formations représentées aux élections législatives italiennes avec 29,7% des voix. Elle obtient 206 sièges contre 107 pour le Parti démocratique de la gauche (PDG) et 92 pour le Parti socialiste uni (PSI).

Le paysage politique italien change considérablement alors que la DC, minée par des histoires de corruption, obtient le pire résultat électoral de son histoire. La scission du Parti communiste en deux formations, en 1991, a également un impact sur le vote. Le PDG, plus modéré, arrive deuxième avec 16,1% des suffrages et 107 sièges, alors que le Parti de la « refondation » communiste, plus à gauche, obtient 35 sièges. Parmi ceux qui profitent de la nouvelle donne politique, il y a la Ligue du Nord du sénateur Umberto Bossi - 8,7% des votes, 55 sièges. Ce parti de droite est favorable à une plus grande autonomie des provinces du Nord. Il faut de longues discussions avant que le socialiste Giuliano Amato n'annonce la composition du gouvernement, en juin. Il s'agit encore d'une coalition de quatre partis - DC, PSI, sociaux-démocrates, libéraux - dont les objectifs sont le redressement de l'économie, la réforme du système électoral (approuvée par référendum) et la lutte à la corruption. Depuis le 25 mai, l'Italie a également un nouveau président en la personne de Oscar Luigi Scalfaro.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean-Marc Gonin, « Italie : le coup de botte »

«... « Le gouvernement n'a pas su répondre à temps à l'exigence de changement exprimée par le pays, dit Gianni Rocca, codirecteur du quotidien « La Repubblica ». Le prochain devra le faire dans l'urgence. » L'Italie a en effet donné libre cours à un ras-le-bol généralisé. Voilà des mois, voire des années, que les partis au pouvoir, démocrates-chrétiens, socialistes, sociaux-démocrates, libéraux et, jusqu'en mars 1991, républicains, endorment le public avec des promesses de réformes institutionnelles jamais tenues. Parmi une longue liste de doléances, objets du malaise national, trois dominent, qui concernent le système électoral, les finances publiques et la lutte contre le crime organisé. La proportionnelle à l'italienne rend le pays ingouvernable, l'énorme dette hypothèque son avenir et le règne des mafias sur le Mezzogiorno bafoue l'ordre démocratique. Des maladies bien italiennes, que la péninsule entend désormais soigner avant de s'intégrer à l'Europe. Ce tocsin électoral aura retenti dans les campaniles. Mais sur quoi débouche cette alerte ? Au soir des résultats, chaque leader politique voulait réviser la loi électorale. Un bel ensemble voué à la cacophonie quand il s'agira d'en définir les modalités. »

L'Express (France), 17 avril 1992, p. 19.

S.A., « Les résultats des élections législatives en Italie : À deux vitesses »

«...Que la coalition sortante à quatre de M. Giulio Andreotti demeure légèrement majoritaire à la Chambre des députés n'a finalement que peu d'importance : cette Italie qui semblait immuable et figée dans son système institutionnel plus ou moins corrompu a été rejetée par les électeurs. De l'autre côté des Alpes, comme en Belgique, en France, en Allemagne, les grandes formations politiques classiques sont ébranlées par une vague de désaffection, voire de rejet, qui, selon les pays, s'exprime par un vote d'extrême droite, de patriotisme régional, populiste ou vert. En Italie, ce phénomène et le succès des Ligues, en particulier de la Lega lombarda partie en guerre contre la « partitocratie » romaine et favorable à une fédération, vient consacrer en quelque sorte la division du pays en deux : le Nord - riche, industrieux, politiquement « moderne », compétitif et partisan de l'Europe - est las de servir de vache à lait à un Mezzogiorno économiquement attardé, aux moeurs politiques douteuses et où les investissements - qu'ils viennent de l'Etat italien ou de la Communauté européenne - ne donnent guère de fruits. La cassure est évidente, même si la façon choisie par les responsables des Ligues pour le dire a un fort relent populiste. »

Le Monde (France), 8 avril 1992, p. 1.

François Brousseau, « Les voleurs de Rome »

«...Reflet d'une lutte Est-Ouest aujourd'hui révolue, la politique italienne s'était longtemps articulée, immuable, autour de l'inexpiable opposition entre un Parti communiste puissant (dont le sommet historique, en 1976, fut de 34,4%) mais toujours interdit de pouvoir, et une Démocratie chrétienne omniprésente, socialement très implantée et qui a continuellement agité l'épouvantail bolchevique pour se faire réélire, depuis 45 ans, avec 30, 35 ou 40% des voix, à la tête de coalitions complexes sans cesse reconduites. Le monde de l'après-Guerre froide est différent, les relations internationales, mais aussi la façon de faire de la politique à l'intérieur des pays démocratiques, sont aujourd'hui remis en cause. Les pays qui découvrent la démocratie sont déçus, tandis que les vieux habitués des élections libres s'interrogent eux aussi sur le désenchantement démocratique, sur l'émergence des extrémismes, sur la baisse des taux de participation, sur l'insignifiance des débats politiciens devant les préoccupations réelles des citoyens, sur la corruption plus ou moins aiguë de la politique par l'argent et le marketing sans substance, sur l'arrogance de personnalités politiques inamovibles. »

Le Devoir (Québec, Canada), 6 avril 1992, p. 14.

Alan Cowell, « Italian Voters, Fed Up With Old Guard, Are Deeply Divided »

«...After a national election that amounted to a vote of no-confidence in the country's leaders, Italy is locked in political stalemate, with its coalition caretaker Government bereft of majority support but facing no formal obligation or challenge to step down. Two days of balloting, which ended on Monday, left no clear alternative to Prime Minister Giulio Andreotti's four-party coalition, and the deadlock produced calls for a new election to heal the political splintering that the voting seemed to exacerbate. (...) The election left the ruling coalition of Christian Democrats, Socialists, Social Democrats and Liberals with 48.8 percent of the vote, according to final official results. Although the Christian Democrats remained Italy's largest party, their share fell about four percentage points; the share of the Socialists, the other major partner, fell by one percentage point. « Italians have said 'enough' to the rituals of an aging court that works behind closed doors without heeding the cries of the populace pressing against the palace gate, » L'Osservatore Romana, the Vatican newspaper, said today in one of the bluntest attacks ever by the Roman Catholic church on the parties that have dominated politics since the fall of Fascism. »

New York Times (États-Unis), 9 avril 1992.

Gouvernance et gouvernement [ 5 avril 1992 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéFrancesco Maurizio CossigaGiulio Andreotti

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1987 - 1997



juin
1987
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giovanni Goria

juillet
1987
[Résultats] Élections législatives

juin
1989
Tenue d'élections au Parlement européen

avril
1992
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giuliano Amato

avril
1992
[Résultats] Élections législatives

janvier
1994
Dissolution du parti de la Démocratie chrétienne en Italie

mars
1994
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

mars
1994
[Résultats] Élections législatives

avril
1996
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Romano Prodi

avril
1996
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
Les 60 ans du décès du pape Pie XII : se souvenir ou oublier?

septembre
2018
L'Italie en voie de remonter la pente

février
2018
Mort de Salvatore Riina : la perte d'une figure emblématique de la mafia sicilienne

février
2018
Vatican : l'entrée au paradis du blanchiment d'argent

février
2018
Saint-Marin : d'un paradis fiscal prospère à un État endetté

octobre
2017
Victoire difficile pour le nouveau président du Parlement européen Antonio Tajani

mars
2017
Limogeage du grand maître de l'Ordre de Malte

février
2017
Crise de la dette publique : l'Italie rattrapée par les décisions du passé

octobre
2016
Élection de Virginia Raggi : renouvellement des élites italiennes?

septembre
2016
L'union civile sépare l'Italie


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016