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21 avril 1996

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Romano Prodi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Romano Prodi

La coalition de gauche de l'Olivier remporte les élections législatives italiennes avec environ 45% des voix. Elle obtient 284 sièges contre 246 pour l'Alliance pour la liberté, une coalition de droite.

Ces élections anticipées suivent de peu la démission du président du Conseil, Lambertino Dini. Le Parti démocratique de la gauche (PDG) arrive en tête des formations représentées avec 172 sièges. Mais pour obtenir la majorité, la coalition de l'Olivier, réunissant des partis de gauche, doit aussi compter sur l'appui du Parti de la « refondation » communiste. L'Alliance pour la liberté, qui réunit plusieurs formations de droite, dont la Forza Italia - 20,6% des votes, 112 sièges - de Silvio Berlusconi, subit un net recul par rapport aux législatives de 1994. La coalition est également privée des 59 sièges de la Ligue du Nord qui fait cavalier seul. Ce parti souhaite la création d'un État indépendant, la Padania, formé des provinces du nord de l'Italie. Le contrôle de la dette et une refonte du système fiscal figurent parmi les priorités du nouveau gouvernement. Bien que dirigé par un centriste, l'économiste Romano Prodi, celui-ci est résolument orienté vers la gauche, une première en Italie. On compte neuf ministres du PDG au sein du cabinet, dont plusieurs à des postes clefs.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Françoise Crouigneau, « Renaissance à l'italienne »

«...On a craint de la (l'Italie) voir sombrer dans la tentation démagogique d'un Berlusconi passé de l'illusionnisme télévisuel à l'illusionnisme politique ou d'un Fini incarnant un renouveau postfasciste peu favorable à l'Europe. On la découvre recentrée autour d'hommes jugés intègres et compétents, tous persuadés de l'avenir européen de leur pays et des sacrifices qu'il impose, mais réunis dans une alliance de centre gauche pour le moins inhabituelle. Redécoupage sans précédent des fidélités électorales, cette alliance a obtenu la victoire en faisant fi des frontières: retrouver côte à côte un économiste de renom mais sans grand charisme, appelé à prendre la tête du gouvernement, Romano Prodi, un ancien gouverneur de la Banque d'Italie passé à la politique, Lamberto Dini, et le leader d'un Parti communiste reconverti à la social-démocratie, Massimo D'Alema, voilà qui bouscule les jeux de pouvoir, sous l'oeil vigilant des « durs » de Refondation communiste. Cet étrange attelage offrirait-il à l'Italie le salut qu'elle a vainement cherché lors des précédents - et multiples - scrutins ? Les marchés et les milieux d'affaires ont répondu oui... en attendant de juger sur pièces. Par définition plus discrets, les partenaires européens de Rome l'espèrent sans conteste. »

Les Échos (France), 23 avril 1996, p. 3.

Édouard Mir, « La coalition de l'Olivier majoritaire avec le soutien de refondation communiste »

«...Le résultat exceptionnel de la Ligue du Nord, avec 11% à 12% des suffrages, a bloqué la progression du centre droit. Les fédéralistes ont su catalyser la protestation d'une partie des couches moyennes, en les empêchant de basculer vers Berlusconi et Fini. Le mouvement d'Umberto Bossi a réalise des scores excellents, non seulement dans ses fiefs en Lombardie, caracolant à 30% des suffrages, mais aussi dans le Nord-Est, le berceau du nouvel essor économique transalpin. Il a progressé également dans le Piémont et même en Ligurie. Sa campagne contre « Rome voleuse », contre l'Etat centralisé qui « perçoit plus de 1.000 milliards d'impôts d'une ville comme Bergame et lui en déverse 50 à peine », a fait mouche. La Ligue se confirme ainsi comme une force enracinée dans le territoire, inscrite durablement dans le paysage politique. »

Libération (France), 23 avril 1996, p. 8.

Louis-Bernard Robitaille, « Italie : une gauche triomphante...et fragile »

«...La grand perdant de cette consultation est Silvio Berlusconi, même si son parti, Forza Italia, arrive presque à égalité avec le PDS avec 20,6% des voix. Mais la carrière du patron des trois grandes chaînes de télévision privées du pays a un caractère beaucoup plus médiatique que vraiment politique. En 1994, le Cavaliere avait fait une entrée fulgurante sur la scène politique et passait pour un homme neuf et un sauveur. La défaite sans appel de son Pôle des libertés le ramène au rang de modeste politicien, avec ce problème majeur que Forza Italia est pour l'instant un parti fantôme, sans organisation militante ni implantation locale. Le seule chance pour Berlusconi de confirmer sa place à droite était de gagner ces élections et de revenir au pouvoir. Son échec risque de lui être fatal et de provoquer la dispersion de son électorat. D'autant plus que l'attendent toujours deux procès pour corruption en tant que patron de la Fienevest : des procès qu'il aurait préféré affronter sous un gouvernement de droite... dont il aurait été le chef. »

La Presse (Québec, Canada), 23 avril 1996, p. B4.

Celestine Bohlen, « Italian Vote Cheers the Left, but the Future is Murky »

«...This election, Italy's third in four years, was the first in which voters were offered a clear choice between the center-right and the center-left. The two coalitions share the remnants of the Christian Democratic Party, which governed Italy for most of the last four decades but is now defunct. The apparently poor showing for the center-right was a defeat for Mr. Berlusconi. Since the fall of his Government in November 1994, he has been pressing for new elections in the hope of reclaiming his mandate. (...) Some analysts commenting on television tonight predicted a deadlock that would force the main parties back to the negotiating table in search of the political reforms necessary to insure stable governments and working parliamentary majorities. These goals are the same ones that have eluded Italy since the Christian Democrats collapsed in the early 1990's under a wave of corruption scandals. Tonight's results - partial though they were - only made the goals seem more elusive than ever. « We need an accord on reforms, » said Giovanni Sartori, a constitutional expert. « We can't return to vote with this system. These have been the most useless elections in Italian history. »

New York Times (États-Unis), 22 avril 1996.

Gouvernance et gouvernement [ 21 avril 1996 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéOscar Luigi ScalfaroLamberto Dini

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1991 - 2001



avril
1992
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Giuliano Amato

avril
1992
[Résultats] Élections législatives

janvier
1994
Dissolution du parti de la Démocratie chrétienne en Italie

mars
1994
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

mars
1994
[Résultats] Élections législatives

avril
1996
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Romano Prodi

avril
1996
[Résultats] Élections législatives

mai
2001
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

mai
2001
[Résultats] Élections législatives


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