Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 novembre 2018

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25 octobre 1971

Admission de la République populaire de Chine par l'Organisation des Nations unies

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mao Zedong
Public

Une résolution adoptée par un vote de 76 contre 35, avec 17 abstentions, permet à la République populaire de Chine de joindre les rangs de l'Organisation des Nations unies (ONU). Cette annonce entraîne le départ de Taïwan qui représentait la Chine à l'ONU depuis 1950.

L'adoption de cette résolution survient quelques mois après l'annonce du président américain Richard Nixon, qui compte se rendre en visite officielle à Beijing en 1972. En dépit de cette ouverture, les États-Unis déploient une offensive diplomatique afin de permettre à Taïwan de demeurer au sein de l'ONU malgré l'adhésion de la Chine populaire. La manoeuvre échoue et, le 25 octobre 1971, les pays membres de l'ONU adoptent une résolution proposée par l'Albanie qui permet l'admission de la Chine populaire et entraîne le départ de Taïwan. La Chine populaire devient également membre du Conseil de sécurité. Les États-Unis manifestent leur déception mais ne remettent pas en question le voyage de Nixon. Le vote est accueilli favorablement à Beijing, mais pas à Taïwan où le président Chiang Kai-shek dénonce la décision de l'ONU. Lors de leur première intervention, le 15 novembre, les délégués chinois se livreront à une attaque contre la politique américaine en Asie.

Dans les médias...


Léon Trivière, «Pékin à L'O.N.U., Taipei exclu»

«...Assumant le leadership du tiers-monde, il est probable que la Chine infléchira notablement les relations des divers pays ou groupes de pays, y compris leurs rapports au sein de l'O.N.U. (...) Les hégémonies «verticales» (États-Unis, U.R.S.S., Grande-Bretagne, France) sont contestées. Les pays en voie de développement multiplient leurs «contacts horizontaux»; ils font preuve d'une plus grande solidarité et tendent à pratiquer une diplomatie non engagée. Mais, dira-t-on, ne vont-ils pas tomber de l'emprise américano-soviétique sous la coupe de Pékin ? Il est certain que la Chine pèsera de tout son poids et usera de son droit de veto pour soutenir les justes revendications du tiers-monde. Elle saisira l'O.N.U. de toutes les questions touchant à l'indépendance et au développement, appuyée sur la majorité numérique des pays pauvres. De ce fait, elle acquerra une puissance inégalée. Cela dit, il est peu probable que l'on puisse assister à une emprise chinoise du type de celle qu'ont exercée les Américains et les Soviétiques. Car, d'une part, la Chine ne possède pas les formidables moyens de ces deux pays; d'autre part, on peut penser que l'entrée de la Chine va mettre fin à la politique des «blocs», à l'antagonisme bipolaire et exclusif.»

Études (France), janvier 1972, pp. 76-77.

Emile Guikovaty, «Vivre avec les Chinois»

«...Le plus singulier, sans doute, est que la responsabilité de l'échec incombait surtout au président Richard Nixon. C'est le chef de l'exécutif américain qui avait annoncé en fanfare, le 15 juillet, qu'il se rendrait à Pékin, et reconnu ainsi de facto la République populaire de Chine. C'est lui qui, à la veille d'un vote décisif, avait renvoyé son conseiller spécial, M. Henry Kissinger, auprès de M. Chou En-lai, pour régler les détails de sa prochaine visite, et montré de cette façon, au monde entier, que le dialogue Washington-Pékin avait désormais priorité à la Maison-Blanche. «Comment, demandait le sénateur démocrate Hubert Humphrey, aurions-nous pu demander aux pays qui ont constamment soutenu aux Nations unies nos efforts pour en interdire l'entrée à la Chine de voter encore une fois avec nous, alors que nous faisons notre possible pour dégeler nos relations avec Pékin ?» (...) Le président Nixon a beau se dire aujourd'hui «choqué», il avait lui-même désavoué par ses actes ses diplomates, son propre Département d'État.»

L'Express (France), 1e au 7 novembre 1971.

Claude Lemelin, «La rentrée chinoise»

«...C'est un événement majeur qui pourrait modifier le fonctionnement et peut-être même la nature de l'organisation internationale. Moins parce qu'il fournit à Pékin une tribune de choix, qu'il lui confère enfin les prérogatives de grande puissance prévues par la charte car les grandes manoeuvres diplomatiques que M. Chou En-lai a menées ces derniers mois avec un brio remarquable et une rare économie de moyens ont démontré que la république populaire pouvait facilement se passer du forum de l'East-Side new-yorkais. Mais surtout parce que l'adoption, par une forte majorité, de la résolution dite «albanaise» est à la fois le symbole et le point culminant de la rentrée de la Chine dans le concert des nations. Cette rentrée paraissait si urgente, si capitale pour l'évolution de l'ordre politique international, que nous en étions venus à souhaiter sans trop d'espoir, la semaine dernière, que même advenant le cas où la résolution américaine l'aurait emporté, Pékin révise ses positions de toujours sur la question taiwanaise et se résolve à occuper ses deux sièges aux Nations unies.»

Le Devoir (Québec, Canada), 27 octobre 1971, p. 4.

Éditorial

«...Washington's new two China policy at last moves away from the earlier fiction that one of the oldest and most civilized nations on earth, with one-fourth of the world's population, did not even exist. And at the same time it lives up to treaty commitments made to Chiang first by President Truman, when he sent the Seventh Fleet to patrol the Taiwan Straight against a threatened invasion from the mainland, then by President Eisenhower in the defense treaty of 1955. It can be argued that the commitment to defend Chiang is the source of today's diplomatic dilemma, that it never should have been undertaken in the first place, inasmuch as Chiang had been overthrown in a civil war and neither then nor now has any right to Taiwan. This is sound enough as an argument against the illogic of the cold war and the Communist phobia that almost paralyzed Washington's thinking since World War II. But to insist on it now would plunge us, by logical extension, into the labyrinth of all previous claims back to the 800s. Hence, for good or for bad, it has to be accepted for now, at least, that the American defense commitment stands.»

The Boston Globe (États-Unis), 4 août 1971.

Gouvernance et gouvernement [ 25 octobre 1971 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleDong BiwuZhou Enlai

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1966 - 1976



mai
1966
Déclenchement de la Révolution culturelle en Chine

mars
1969
Incidents frontaliers entre la Chine et l'URSS

avril
1969
Ouverture du IXe Congrès du Parti communiste chinois

septembre
1971
Décès de Lin Piao

octobre
1971
Admission de la République populaire de Chine par l'Organisation des Nations unies

août
1973
Ouverture du Xe Congrès du Parti communiste chinois

janvier
1976
Décès de Zhou Enlai

juillet
1976
Tremblement de terre à Tangshan, en Chine

septembre
1976
Décès de Mao Zedong

octobre
1976
Arrestation en Chine des membres de la «bande des quatre»


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