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12 octobre 1999

Renversement du président pakistanais Mohamad Nawaz Sharif

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Pervez Musharraf

Un conflit entre le chef de l'armée pakistanaise, Pervez Musharraf, et le président du pays, Mohammad Nawaz Sharif, se solde par le renversement de ce dernier. Ce coup d'État, qui se fait sans effusion de sang, est suivi par une suspension de la Constitution.

Mohammad Nawaz Sharif est élu avec une forte majorité au début de 1997. Mais sa popularité chute rapidement et de façon importante. Des conflits entre groupes ethniques et religieux créent une situation d'instabilité à laquelle s'ajoute, en 1999, un dénouement peu satisfaisant à un conflit opposant le Pakistan et l'Inde (mai-juillet). Méfiant à l'endroit de l'armée, le président Sharif décide le 12 octobre de remplacer son chef, Pervez Musharraf, pendant qu'il est à l'extérieur du pays. De retour la journée même, celui-ci prend le contrôle de la situation avec l'aide des militaires. Sharif est emprisonné et la Constitution suspendue, alors que Musharraf exerce le pouvoir sans soulever trop de contestation. Lors d'un discours télédiffusé, le 13 octobre, il explique son geste en accusant l'ex-président d'avoir interféré avec l'armée. Il fait entrer des civils au gouvernement, le 25 octobre, et s'efforce de rassurer la population quant à la tenue éventuelle d'élections, sans toutefois préciser la date de leur tenue.

Dans les médias...


Patrick de Saint-Exupéry, « Pervez Musharraf décrète l'état d'urgence »

«...la destitution de Nawaz Sharif est certes spectaculaire, mais elle est bien loin d'être suffisante tant le Pakistan a des problèmes immédiats à résoudre. En premier lieu, les finances du pays sont à sec. La banque centrale n'a guère plus de 1,4 milliard de dollars de réserve en devises, soit tout juste de quoi couvrir trois semaines d'importations. Signe de cette fragilité : tous les échanges en devises ont été gelés jusqu'à jeudi prochain. Avec une dette extérieure de 54,8 % du PIB, le Pakistan vit sous perfusion de l'aide internationale et doit négocier pied à pied avec le FMI. Il faut donc qu'il soit présentable. Autrement dit : le nouvel homme fort se trouve dans l'obligation d'habiller son coup d'Etat : « Le régime qui va émerger aura besoin d'un minimum de compréhension des Américains, d'Allah et des institutions financières internationales », relève un diplomate. »

Le Figaro (France) 15 octobre 1999, p. 3.

Agnès Poiret, « L'exécutif aux mains de l'armée pakistanaise »

«...si tous les Pakistanais ne se réjouissent pas du retour des généraux au pouvoir et de la méthode dure qu'ils ont employée pour renverser le gouvernement, il n'y a pas grand monde pour verser des larmes sur le sort de l'ancien Premier ministre, Nawaz Sharif, ni sur celui d'un gouvernement qui était devenu synonyme de corruption généralisée. La première décision des militaires a d'ailleurs été de geler les comptes bancaires de M. Sharif, des anciens ministres ainsi que ceux de tous les parlementaires fédéraux ou provinciaux et de leurs épouses. De nombreux ministres de l'ancien gouvernement fédéral aussi bien que la plupart des ministres des gouvernements provinciaux ont été assignés à résidence. « C'est triste pour la démocratie, mais c'est bien pour le Pakistan. La démocratie, c'est bien quand les gens sont éduqués. Laissons les militaires faire le ménage dans le pays, assainir les partis politiques et la situation économique avant d'organiser de nouvelles élections », explique Shahid (un citoyen), à l'aéroport de la capitale où le trafic est redevenu normal depuis mercredi soir. Shahid n'est pas le seul à penser ainsi. »

Libération (France), 16 octobre 1999, p. 7-8.

Luis Lema, « Face au concert de réprobations, les militaires pakistanais gardent le silence »

«...Face à un premier ministre extrêmement impopulaire et dont les appétits de pouvoir personnel étaient apparemment sans limite, les militaires ne cachaient pas leur grogne aux côtés d'une partie grandissante de la population. Hier, comme la veille, les rues des villes pakistanaises étaient d'un calme rare. (...) Un calme d'autant plus facilement explicable que les Pakistanais ne bénéficient d'aucun relais face au pouvoir de l'armée. « Le vide politique est total », résume (le professeur) Mariam Abou Zahab en rappelant que, faute d'autre structure efficace et dans un climat de corruption généralisée, ce sont déjà les militaires qui s'occupent de toute tâche nécessitant un minimum d'ordre: péages sur les autoroutes, gestion des prisons, relevés des compteurs d'électricité, et même... supervision des examens dans les écoles. Il ne restait plus, en quelque sorte, qu'à s'emparer du domaine politique. Les militaires tiennent d'autant plus farouchement au bon fonctionnement des institutions et de l'économie qu'ils possèdent eux-mêmes d'énormes intérêts financiers par le biais de diverses fondations. De ce fait, il n'est pas impossible, notent plusieurs spécialistes, que l'armée se soit décidée, il y a plusieurs semaines déjà, à faire son possible pour « hâter » le départ du premier ministre. »

Le Temps (Suisse), 14 octobre 1999.

Éditorial

«...There's no question, either, that Gen. Musharraf has provided some welcome reassurances in his first few days in power. He said he wants peace with India, and he promised to back up that wish by withdrawing some troops from the border. On a now openly nuclear sub-continent, this is no small matter. The general also spoke out against religious intolerance - balm to those who worry about the appeal of Islamic fundamentalism in Pakistan. And Gen. Musharraf promised a restoration of democracy. "This is not martial law," he said about the martial law he has imposed. "This is another path to democracy." But the general has yet to explain when or how democracy will be restored. On the contrary, he has set out a long list of problems that need to be solved first, including corruption, a failed economy, a breakdown of law and order and so on. There's not much reason to believe that a career military man, with no clear road map and no governing experience, will handle these problems more successfully than his predecessors. There are few models around the world of coup plotters who have succeeded as civilian administrators. »

The Washington Post (États-Unis), 20 octobre 1999.

Gouvernance et gouvernement [ 12 octobre 1999 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pakistan
FaibleMohammad Rafiq TararPervez Musharraf

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1994 - 2004



février
1997
[Résultats] Élections législatives

mai
1998
Explosion d'une première bombe atomique par le Pakistan

octobre
1999
Renversement du président pakistanais Mohamad Nawaz Sharif

octobre
2002
[Résultats] Élections législatives


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