Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

23 mai 2017

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8 mai 1984

Annonce du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Los Angeles, 1984

L'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) rend publique sa décision de ne pas envoyer de délégation aux Jeux olympiques d'été de 1984 qui se dérouleront à Los Angeles, aux États-Unis. Le geste des Soviétiques sera imité par une quinzaine d'autres pays.

La décision de l'URSS est perçue par plusieurs comme une réplique au boycott orchestré par les États-Unis aux Jeux de Moscou, en 1980. Ceux-ci avaient alors refusé d'envoyer une délégation afin de protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS. Pour leur part, les dirigeants soviétiques disent craindre la menace qui planerait sur la sécurité de leurs athlètes à Los Angeles. Ils dénoncent aussi l'utilisation politique que les États-Unis veulent faire de l'événement. Malgré les démarches du président du Comité international olympique (CIO), Juan Antonio Samaranch, les Soviétiques restent sur leur décision. Une quinzaine de pays du bloc communiste leur emboîtent le pas (Afghanistan, Angola, Bulgarie, Cuba, Tchécoslovaquie, Allemagne de l'Est, Éthiopie, Hongrie, Laos, Mongolie, Corée du Nord, Pologne, Yemen du Sud, Viêt-nam). Malgré leur absence, les Jeux de Los Angeles établissent des records pour le nombre de pays (140) et d'athlètes (7 800) participants. Des pays communistes comme la Roumanie, la Yougoslavie et la Chine - une première - prennent même part aux compétitions.

Dans les médias...


François Schlosser, «Pourquoi Moscou a eu peur»

«...Les échecs récents de l'U.R.S.S., notamment en Europe, ont été trop importants pour qu'un nouveau pouvoir au Kremlin ne se croie obligé de faire preuve d'une extrême détermination -pas seulement à Los Angeles mais aussi dans les grandes offensives d'Afghanistan et dans les attaques redoublées contre l'académicien Sakharov. Andrei Gromyko, pour sa part, n'a toujours pas digéré l'humiliation qu'il a ressentie en 1983, après la destruction du Boeing coréen. Il a renoncé alors à aller à l'O.N.U. pour ne pas avoir à atterrir sur un aéroport militaire, les autorités de New York lui ayant interdit les terminaux civils. Le refus d'aller à Los Angeles s'inscrit peut-être dans la même ligne : celle de l'indignation outragée de la part d'une superpuissance, qui se sent affaiblie, contestée dans son statut, et qui en éprouve un manque de confiance évident non plus seulement dans ses athlètes mais aussi en elle-même.»

Le Nouvel Observateur (France), 11 mai 1984, pp. 20-21.

Jérôme Dumoulin, «Jeux interdits»

«...Si le président américain, jamais nommé, est le grand accusé du communiqué du 8 mai - «l'Administration américaine fait usage des Jeux pour ses propres desseins politiques»- on voit mal pourquoi Reagan pâtirait, en cette année électorale, de la décision de l'U.R.S.S. Après le rejet de la proposition de Washington sur l'interdiction des armes chimiques, après l'offensive militaire en Afghanistan, après les persécutions redoublées contre les époux Sakharov, Tchernenko, par ce «niet» aux Jeux olympiques, semble justifier une fois de plus les sentiments de Reagan à l'égard du régime soviétique. Mais le no 1 du Kremlin avait peut-être un tout autre objectif en vue : convaincre certains Européens de l'Ouest que, décidément, le divorce entre les deux Grands doit être prononcé «aux torts réciproques».»

L'Express (France), 18 mai 1984, p. 62.

Jean-Claude Leclerc, «L'épreuve de Los Angeles»

«...Il faut souhaiter que les autorités soviétiques révisent leur décision. Si politisés que soient les Jeux olympiques, dès lors que les athlètes sont préparés et les frais encourus, aussi bien y prendre part. Les États-Unis, au demeurant, ne peuvent guère prendre le risque de donner à la délégation soviétique une réception hostile qui compromettrait les épreuves de Los Angeles. À tout événement, les Jeux ne pourront plus longtemps encore subordonner l'idéal du dépassement personnel et de la fraternité internationale à la gloire individuelle et surtout à l'orgueil national. Ils sont déjà en train de perdre, avec l'inégalité des nations et les frais exorbitants des préparatifs, leur caractère universel. Les pays participants sont las, enfin, des contre-coups des rivalités entre l'URSS et les USA. L'idée reste donc valable de ramener les Jeux en Grèce.»

Le Devoir (Québec, Canada), 10 mai 1984, p. 8.

Éditorial

«...The boycott is not the end of the world. Indeed, it could hasten the beginning of saner Olympic competitions. The games really have become circus-like in recent years. Nations have promoted them rabidly, with the superpowers using medal counts as a means of proving national superiority. As the world's most-watched spectacle, they have become a favorite platform for terrorists and ideologies (...) The events have become overhyped, overstressed and overprofessional. They no longer promote friendly, amateur competition; they have become a forum for fierce partisan rivalries instead. If the Soviets really do stay home, the next possible Anglo-Soviet Olympic showdown will not occur until 1988 in Seoul (...) That means the two nations will not have met in head-to-head Olympic competition for 12 years - plenty of time for the present passions to cool down and for athletes to convince their leaders not to use the games as a political form.»

The Detroit News (États-Unis), 10 mai 1984.

G.V., «Des jeux pas comme les autres»

«...Paradoxalement, cette politisation serait plutôt le signe du succès des Jeux. C'est leur impact, leur image toujours plus renforcée de saga internationale, leur répercussion toujours plus étendue de théâtre télévisuel, qui les rendent exposés à l'exploitation politique. C'est leur réussite, au fond, qui crée de telles faiblesses. C'est leur succès qui les fragilise. Ces faiblesses demeurent, pour l'instant, limitées : les pays africains ne semblent plus prêts à rééditer l'expérience de Montréal où leur absence les a marginalisés beaucoup plus qu'elle ne les a «aidés». Et les pays de l'Est supporteraient bien mal de s'installer durablement dans le boycott; ils ont trop bien compris, et depuis longtemps, le parti qu'ils pouvaient tirer de ces athlètes promenant sur les stades du monde la «bonne santé» de leur régime. La propagande douce n'a pas de prix. Le Jeux de LA ne sauraient donc marquer un écartèlement sérieux dans le mouvement olympique. Tout au plus traduisent-ils l'existence de tensions politiques bien réelles, où se mêlent le désaccord sur les euromissiles, le refus par l'URSS de toute concession à Reagan, la réplique voilée du boycott américain de Moscou, le tout accentué sans doute par l'immobilisme et la neutralisation mutuelle des gérontes soviétiques.»

Esprit (France), octobre-novembre 1984, p. 274.

Gouvernance et gouvernement [ 8 mai 1984 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéRonald Reagan

Russie
FaibleKonstantin TchernenkoNikolai Tikhonov

Afghanistan
TransitionBabrak KarmalSultan Ali Keshtmand

Angola
FaibleJosé Eduardo dos Santosposte aboli

Bulgarie
FaibleTodor Khristov ZhivkovGrisha Stanchev Filipov

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1979 - 1989



mars
1979
Accident à la centrale nucléaire de Three Mile Island

juin
1979
Signature d'une entente sur la limitation des armes stratégiques (Salt II)

décembre
1979
Annonce de l'installation des fusées Pershing II en Europe

février
1980
Conquête à Lake Placid d'une médaille d'or olympique par l'équipe de hockey sur glace des États-Unis

mai
1980
Éruption du Mont St Helens, aux États-Unis

juin
1980
Lancement du Cable News Network aux États-Unis

novembre
1980
Élection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis

novembre
1980
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1980
[Résultats] Élections législatives

janvier
1981
Dévoilement de la doctrine Reagan

avril
1981
Lancement de la navette spatiale Columbia

novembre
1982
[Résultats] Élections législatives

décembre
1982
Implantation du premier coeur artificiel

janvier
1983
Nomination de l'ordinateur personnel comme « machine de l'année » pour 1982

mars
1983
Lancement de l'Initiative de défense stratégique par les États-Unis

mai
1984
Annonce du boycott des Jeux olympiques de Los Angeles par l'Union soviétique

novembre
1984
Réélection de Ronald Reagan à la présidence des États-Unis

novembre
1984
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1984
[Résultats] Élections législatives

avril
1985
Ouverture de la première Conférence internationale sur le sida

novembre
1986
[Résultats] Élections législatives

octobre
1987
Chute des cours sur les marchés boursiers

novembre
1987
Publication du rapport d'une Commission d'enquête sur l'affaire Iran-Contra

décembre
1987
Signature à Washington d'un traité entre les États-Unis et l'Union soviétique sur le contrôle des armes nucléaires

novembre
1988
Élection de George Bush à la présidence des États-Unis

novembre
1988
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1988
[Résultats] Élections législatives

mars
1989
Déversement d'hydrocarbures en Alaska par l'Exxon Valdez

décembre
1989
Intervention militaire des États-Unis à Panama


Dans l'actualité


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