Université de Sherbrooke
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3 juin 1963
Décès du pape Jean XXIII

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Jean XXIII

Le pape Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli) décède à l'âge de 81 ans. Sa mort survient quelques mois après la fin des travaux de la première session du concile Vatican II.

Considéré comme un pape de transition à cause de son âge avancé (76 ans), Jean XXIII laisse néanmoins une marque durable dans l'histoire de l'Église en convoquant un concile ecuménique qui polarise l'attention du monde catholique dès son ouverture, en octobre 1962. Celui que les fidèles appelaient le « bon pape Jean » est également l'auteur de huit encycliques, dont la dernière, « Pacem in Terris », est dévoilée peu de temps avant sa mort (11 avril 1963). Les cardinaux réunis en conclave élisent son successeur le 21 juin 1963. Après cinq tours de scrutin, ils arrêtent leur choix sur Giovanni Battista Montini, un Italien de 65 ans qui était archevêque de Milan depuis 1954. Dès son premier discours, le nouveau pape, qui prend le nom de Paul VI, exprime le désir de poursuivre l'oeuvre entreprise par son prédécesseur. La deuxième session du concile Vatican II débutera le 29 septembre 1963. Paul VI sera à la tête de l'Église catholique jusqu'à sa mort, en 1978. Voir : Lettre encyclique Pacem in Terris

Dans les médias...


Jean-Marie Domenach, « L'espérance »

«...Mais, lui, à quatre-vingts ans, il a fait bouger la plus vieille et la plus lourde administration du monde, l'Église catholique. Lui, dont on attendait tout le contraire : l'ami des Présidents de la République, le diplomate éclairé, le pasteur tranquille, choisi pour assurer, après la fin pénible du règne de Pie XII, une transition sans secousse, comment a-t-il pu devenir ce Pape évangélique ? (...) ...une telle surprise nous montre à quel point nous manquons d'espérance lorsque nous jugeons des hommes et des institutions selon l'image immobile qu'ils nous donnent à certain moment. Elle nous montre que la parole peut encore ébranler une société que nous estimions égoïste et sourde, et qui pourtant s'est laissée toucher au coeur par des mots, par des valeurs exactement contraires à ceux que répandent, chaque minute, la radio, la télé, le cinéma et les magazines. À mon sens, la grandeur de Jean XXIII est d'avoir usé de cette simplicité, de cette pauvreté de langage, qu'Albert Béguin assignait comme réforme préalable à l'Église, dans les années où nous vivions enveloppés de sanctions et de dénonciations, pressés par les bons conseils de prudence, que grâce à Dieu nous n'avons pas suivis. »

Esprit (France), juillet-août 1963, p. 91.

Robert Rouquette, « Le mystère Roncalli »

«...L'admiration éperdue qui s'est manifestée pour la personne et l'oeuvre de Jean XXIII, au moment et au lendemain de sa mort, est un phénomène sociologiquement étonnant : l'homme de la rue a été pris d'une sorte de culte pour le pape défunt. (...) Il semble bien que le pape est apparu comme un mythe de la paix dans ce monde livré à la peur atroce de la guerre totale, de la paix gratuite, je veux dire d'une paix poursuivie non au bénéfice d'une politique, d'un bloc d'intérêts, d'une idéologie révolutionnaire, mais comme un bien en soi, une exigence de la nature humaine. Cette apothéose spontanée est révélatrice surtout d'une aspiration éperdue et impuissante de l'humanité aujourd'hui, et le mérite, peut-être faudrait-il dire le génie du pape, a été de percevoir cette angoisse majeure des hommes d'aujourd'hui, de l'exprimer dans une absolue pureté et d'y répondre avec un entier altruisme, aussi avec la limpidité unique du message évangélique : la voix de l'agneau parmi les loups. »

Études (France), juillet-août 1963, p. 4-5.

R.P. Rouquette, « Un pape de la tradition »

«...On eût bien étonné Pie XII si on lui avait prédit que le court pontificat de cet homme, qui, avant sa nonciature à Paris, était un peu le paysan du Danube de la diplomatie pontificale, éclipserait le sien et serait considéré par le choeur unanime de la presse, de la radio et de la télévision comme un des plus grands pontificats d'une histoire deux fois millénaire. (...) Les historiens de l'avenir ratifieront-ils cet enthousiasme ? Tout dépend, évidemment, du sort qui sera fait à l'oeuvre commencée par Jean XXIII, qu'il laisse tragiquement inachevée et pour la continuation de laquelle il a offert sa mort si douloureuse. Son pontificat sera vraiment et décidément un moment capital de l'histoire de l'Église et de la civilisation si l'impulsion qu'il a donnée continue. Si elle doit s'arrêter, si dans les années qui viennent elle se brise puis se retourne, ce peut être, à vues humaines, pour l'Église, une catastrophe à laquelle on n'ose penser : alors, l'impulsion donnée par un pape trop vieux et sans qu'il ait pu en assurer le succès, sera pire que l'immobilisme qu'on attendait de lui. »

Le Monde (France), 5 juin 1963, p. 1.

Gérard Pelletier, « Pourquoi nous l'avons aimé? »

«...Comme tous les grands hommes aussi le Pape que nous venons de perdre conciliait en lui les plus étonnantes contradictions. Pape de transition, c'est-à-dire dans l'esprit de ceux qui l'affublèrent de ce titre, pontife impuissant, tout juste bon à occuper le siège de Pierre en attendant qu'un homme plus jeune lui succède, Jean XXIII a remis en mouvement dans l'Église des forces inertes depuis des siècles. Homme du peuple, c'est-à-dire issu du prolétariat rural le plus pauvre, et toujours préoccupé du sort des faibles, c'est pourtant le Pontife qui, dans ce siècle, a exercé la plus profonde influence sur l'esprit des hommes d'État et celui que les grands de ce monde ont visité en plus grand nombre. Diplomate de carrière, ce qui aurait dû affecter en toutes manières le style de son action, ce qui aurait pu lui inspirer les détours savants, les calculs compliqués des ambassades, il fut l'homme le plus direct et le moins apprêté qu'on ait vu, de longtemps, à la tête de l'Église. Parvenu déjà au soir de vie quand il accéda au pontificat, c'est pourtant, de tous les papes du XXeme siècle, celui dont la pensée s'avère la plus jeune, la plus contemporaine et la plus vigoureuse. »

La Presse (Québec, Canada), 4 juin 1963, p. 4.

Emmet John Hughes, « Pope John XXIII : Gentle Shepherd of a Revolution »

«...The man, perhaps above all else, was - open. He was open in arms and spirit and mind. He was open to men and to ideas, to old friends and to new strangers, to the children and to the aged, to West - and to East. And he gave all frowning critics fair warning of his extent, for he had worn the papal tiara bravely three weeks when he told them : " I wish to meet everyone who wants to see me. No one is to be stopped at these doors. " Such a man could not be content to preach a catholic spirit : he had to live it. So he jauntily left the Vatican on some 140 visits to jails and to churches, to schools and to orphanages. So he ended the ban on visitors around the dome of St. Peter's during papal strolls in the gardens below, as he crisply asked : " Why shouldn't they look ? I'm not doing anything scandalous."»

Newsweek (États-Unis), 10 juin 1963, p. 44.

Gouvernance et gouvernement [ 3 juin 1963 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéAntonio SegniAmintore Fanfani

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1958 - 1968]



25 mai 1958 Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Amintore Fanfani
25 mai 1958[Résultats] Élections législatives
2 juillet 1958 Amintore Fanfani : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
9 octobre 1958 Décès du pape Pie XII
15 février 1959 Antonio Segni : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
25 mars 1960 Fernando Tambroni : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
26 juillet 1960 Amintore Fanfani : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
11 mai 1962Antonio Segni : chef d'État (investiture/assermentation)
11 octobre 1962 Ouverture du concile Vatican II à Rome
28 avril 1963 Tenue d'élections législatives en Italie
28 avril 1963[Résultats] Élections législatives
3 juin 1963 Décès du pape Jean XXIII
21 juin 1963 Giovanni Leone : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
5 décembre 1963 Aldo Moro : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
29 décembre 1964Giuseppe Saragat : chef d'État (investiture/assermentation)
19 mai 1968 Tenue d'élections législatives en Italie
19 mai 1968[Résultats] Élections législatives
25 juin 1968 Giovanni Leone : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
13 décembre 1968 Mariano Rumor : chef du gouvernement (investiture/assermentation)

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension