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28 septembre 2000

Début d'un deuxième soulèvement (intifada) en Palestine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ariel Sharon

La visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem, provoque de vives réactions chez les Palestiniens. Elle sera suivie par une reprise des hostilités avec Israël qui se poursuivront pendant plusieurs années.

L'échec des récents pourparlers de Camp David II alimente le mécontentement qui est à l'origine de ce second soulèvement populaire (intifada). La visite de Sharon, un leader de la droite israélienne, sur l'esplanade des mosquées, enflamme les Palestiniens qui perçoivent ce geste comme une provocation. La violence s'accentue rapidement. Cette escalade prend la forme d'attentats palestiniens à la bombe ainsi que d'attaques ciblées des Israéliens qui érigent également un mur en Cisjordanie afin de protéger leurs colons. Malgré des tentatives de médiation et l'annonce de cessez-le-feu, la situation continue de se détériorer. Alors que Sharon, devenu premier ministre en février 2001, exige la fin des attentats, les Palestiniens demandent pour leur part le retrait des colons israéliens établis dans les territoires occupés. La mort de Yasser Arafat (novembre 2004), un apaisement avec l'Autorité palestinienne et le démantèlement de colonies israéliennes, en 2005, favoriseront une baisse de la violence. On évalue néanmoins à plusieurs milliers le nombre de victimes de ce second intifada.

Dans les médias...


Jean-Emmanuel Ducoin, « Pour les frères de Rami »

«...Bien que sa marge de manoeuvre fût étroite depuis des mois, Barak (premier ministre israélien) n'a pas tenu ses engagements et à aucun moment il n'a permis, sauf au Sud-Liban, la résolution équitable des dossiers qui enveniment les rapports d'Israël avec ses voisins. Ainsi, la confiance placée en lui s'est peu à peu estompée, laissant ressurgir, malgré les efforts de Yasser Arafat, le spectre du retour à la tragédie qui, durant un demi-siècle, a ensanglanté toute la région et labouré les consciences bien au-delà des peuples concernés. Pourtant, il n'était pas besoin de nouvelles violences pour savoir que la question de Jérusalem (avec le problème des réfugiés) demeure celle qui bloque le plus le dialogue israélo-palestinien. Fallait-il des morts de plus? Fallait-il transformer une querelle politique sur Jérusalem en conflit religieux, attisant par là toutes les tensions? Reste que tous les acteurs du Proche-Orient - y compris les extrémistes - ne peuvent plus ignorer l'évidence: il ne pourra y avoir de paix durable sans la création d'un véritable État palestinien digne de ce nom, avec Jérusalem-Est comme capitale. Les événements du week-end témoignent de l'urgence d'un accord de paix. »

L'Humanité (France), 2 octobre 2000, p. 5.

Simon Malley, « La guerre pour l'indépendance »

«...Avec Oslo, tous ceux qui avaient cru en la paix pensaient avoir, enfin, rendez-vous avec l'Histoire. Les tergiversations, les manquements à la parole donnée, les mesquineries dont ont fait preuve les successeurs d'Ytzhak Rabin donnent l'image dégradante de discussions de bazar, d'épicerie. Plus que les provocations criminelles d'Ariel Sharon, le bourreau de Sabra et Chatila, c'est cet état d'esprit, ce sentiment de gâchis et de rendez-vous manqué qui ont mis le feu aux poudres. Quels que soient les résultats pratiques du sommet de Charm El-Cheik, du sommet arabe du Caire, voire d'autres sommets à venir, un pas décisif vient d'être franchi : le peuple palestinien a d'ores et déjà déclenché sa guerre pour l'indépendance. Elle ne cessera que le jour où il aura conquis le droit d'être souverain, de vivre en paix et en sécurité, de ne subir ni diktat, ni domination, ni colonialisme. Le rendez-vous avec l'Histoire que les négociateurs palestiniens d'Oslo ont vainement attendu, ce sont les victimes et les héros palestiniens de ces semaines d'Intifada qui vont l'obtenir. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), novembre 2000, p. 7.

Agnès Gruda, « L'ange et le démon »

«...L'armée israélienne n'a pas le monopole de la violence. Et physiquement, ce n'est pas Ariel Sharon qui a lancé la proverbiale première pierre. Mais il connaissait le risque de son entreprise. Il savait que, devant le blocage du processus de paix, la frustration était à son comble chez les Palestiniens. Et finalement, comme l'écrivait hier un commentateur dans le journal israélien Ha'aretz, même si ce n'est pas vraiment lui qui a allumé le feu, c'est bel et bien lui qui a fourni l'allumette... Cette provocation irresponsable visait, apparemment, un objectif politique: le leader du Likoud craint de plus en plus le retour en force de son rival Benjamin Netanyahu, surtout depuis que la Justice israélienne a décidé de retirer toutes les poursuites pour corruption qu'elle avait intentées contre lui. En jetant de l'huile sur un brasier fumant, Ariel Sharon aurait voulu rallier la droite israélienne autour de sa personne. »

La Presse (Québec, Canada), 3 octobre 2000, p. a14.

Éditorial

«...Rocks were thrown, Jewish worshipers at the Western Wall were menaced, shots were fired. And from extremists on both sides came the familiar refrains : Israelis can't be trusted, Palestinians can't be trusted, the peace process is a sham and should be abandoned. (...) In Israel, Prime Minister Ehud Barak could lose a no-confidence vote when the Knesset reconvenes next month, forcing new elections early next year that could put the forces opposed to the peace process back into power. Palestinian leader Yasser Arafat, whose prestige has sagged as popular frustration with his corrupt, incompetent and often brutal regime has grown, lacks the moral authority to make necessary concessions, assuming he was ever inclined to do so. The outlook is for deadlock, and maybe worse : a new intifada that might rival in intensity the nearly seven years of bloody confrontations that ended in 1994. That would be a political and human tragedy, benefiting only the rejectionists on both sides who embrace the delusion that force is the answer and compromise is treason. »

Los Angeles Times (États-Unis), 3 octobre 2000.

Gouvernance et gouvernement [ 28 septembre 2000 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Israël
IntermédiaireMoshe KatzavEhud Barak

null
Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1995 - 2005



novembre
1995
Assassinat du premier ministre israélien Yitzhak Rabin

mai
1996
[Résultats] Élections législatives

octobre
1998
Signature des accords de Wye Plantation entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne

mai
1999
[Résultats] Élections législatives

septembre
2000
Début d'un deuxième soulèvement (intifada) en Palestine

février
2001
Élection en Israël d'un gouvernement dirigé par Ariel Sharon

janvier
2003
Tenue d'élections législatives en Israël

janvier
2003
[Résultats] Élections législatives


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