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22 octobre 1989

Signature de l'accord de Taëf sur la paix au Liban

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Beyrouth

Au terme d'une longue guerre civile, un plan de paix est signé mettant fin aux hostilités au Liban. Pour plusieurs la paix reste cependant provisoire et fragile.

La guerre civile aura duré pendant quinze ans : de 1975 à 1990. Pour riposter aux attaques faites sur son territoire par des protagonistes du conflit, les troupes israéliennes ont envahi la zone sud du Liban en 1982 (jusqu'à Beyrouth). Le conflit dont les dynamiques touchent tous les pays voisins, laissera le Liban (économie, infrastructures et villes) dans une situation très difficile. Selon les différentes estimations, on compterait au moins 100 000 morts. Le plan de paix, négocié à Taëf, est appuyé directement ou indirectement par l'Algérie, la Jordanie, l'Arabie Saoudite et les États-Unis. Résultat d'un compromis complexe et laborieux, le plan est cependant interprété très différemment par les différentes communautés (chrétiennes et musulmanes). Il soulève aussi plusieurs interrogations. Pour certains, l'accord de Taëf consolide la présence syrienne en sol libanais; la Syrie exercera en effet un contrôle serré sur le Liban jusqu'en 2000. Deuxièmement, le plan, bien qu'il prévoit un désarmement de toutes les milices, n'empêchera pas le Hezbollah («Parti de Dieu» -mouvement chiite) de poursuivre ses activités. Preuve patente: en 2004, une résolution du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies [1559]: « [...] demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées ». Enfin, autre symptome d'une guerre civile inachevée par le plan de Taëf, Israël n'effectuera un retrait complet de ses forces du Sud-Liban qu'en 2000 seulement.

Dans les médias...


Joseph Maïla, « Le Liban en phase terminale »

«...À l'heure qu'il est, le projet de paix de Taëf débouche dans une impasse politique encore plus grande que celle que le Liban connaissait avant que ne soit signé l'accord dit d'« entente nationale ». En cautionnant hâtivement cet accord, les grandes puissances ont certes voulu conforter un processus de paix précaire mais dont le mérite est d'exister. Elles n'ont pas vu cependant que cet accord, déséquilibré et incomplet sur le plan du retrait des forces étrangères, pouvait générer des refus légitimes. Il était prévisible qu'en confiant à la Syrie le soin d'aider à la pacification du Liban, on revenait à un point de départ contesté dans la guerre du Liban. Israël comme la Syrie se nourrissent de leur refus réciproque d'opérer leur retrait du Liban. Était-il sage et cohérent en l'occurrence d'investir la Syrie d'une mission de paix après l'avoir longtemps critiquée pour son action au Liban ? »

Esprit (France), janvier 1990, p. 32.

Simon Malley, « De la Palestine au Liban, de Yalta à Malte »

«...Il n'en reste pas moins que le paysage libanais a un aspect quelque peu surréaliste. Au lendemain de l'élection de René Moawad, un humoriste arabe écrivait que la guerre civile a commencé en 1975 parce que le président était chrétien-maronite. Après les accords de Taëf et grâce au général Aoun, le Liban compte deux présidents maronites, l'un pour les musulmans, le second pour les chrétiens. Au train où vont les choses, le risque est grand de voir le Liban perdre tous ses présidents et se perdre en même temps ! L'assassinat de René Moawad le jour même du 46e anniversaire de l'indépendance n'est malheureusement que l'illustration de cette réalité. (...) On reste bien loin du retour d'une paix durable à laquelle s'opposent en réalité Damas, Tel-Aviv, Téhéran et les extrémistes libanais...à moins qu'elle ne soit conforme à leurs intérêts respectifs. Lesquels sont irréconciliables. Faut-il le répéter une fois de plus : rien ne se réglera au Liban et dans tout le Machrek aussi longtemps que durera le conflit palestinien. Toute autre solution ne sera que partielle, éphémère, voire illusoire. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), décembre 1989, p. 11.

Jean-Claude Leclerc, « Entre guerre et modération »

«...Le plan de paix mis au point par le triumvirat de la Ligue arabe (Arabie saoudite, Maroc, Algérie) a non seulement été accepté par les parlementaires libanais réunis à Taef, mais reçu avec satisfaction dans les pays proches du Liban et notamment de sa population chrétienne. Cet appui de la communauté internationale est à la fois un message aux Libanais et une garantie pour leur avenir. Ils doivent entendre cet appel pendant qu'il en est encore temps. Au moment où trois grands pays arabes, avec l'accord des États-Unis et de la France, invitent les députés libanais à donner à leur nation un gouvernement et un nouveau régime constitutionnel, le Liban paraît hésiter encore. Pourtant les chemins sont tout tracés. Ou bien ses populations et leurs dirigeants reviennent à une vie politique nationale, ou bien la guerre civile reprenant, il ne restera bientôt plus rien du pays. »

Le Devoir (Québec, Canada), 25 octobre 1989, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 22 octobre 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Liban
Transitionvacant (intérim premier ministre Sélim Ahmed Hoss)Michel Aoun

Syrie
FaibleAbu Sulayman Hafez el-AssadMahmoud al-Zuabi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1984 - 1994



octobre
1989
Signature de l'accord de Taëf sur la paix au Liban


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