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10 avril 2006

Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Romano Prodi

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Romano Prodi

La coalition de centre-gauche L'Union remporte les élections législatives italiennes en faisant élire 340 de ses candidats à la Chambre des députés. Cette victoire pave la voie à l'accession de Romano Prodi, chef de la formation sociale-démocrate L'Olivier, au poste de premier ministre.

La coalition L'Union mène de peu dans la plupart des sondages effectués au cours de la campagne. Celle-ci s'avère d'autant plus mouvementée qu'une réforme constitutionnelle datant de 2005 a accru les pouvoirs du Sénat où la lutte s'annonce également corsée. Dans la course pour un deuxième mandat consécutif, le premier ministre Silvio Berlusconi, candidat de la coalition de centre-droite Maison des libertés, propose de poursuivre son action, notamment en adoptant d'autres réductions fiscales. Une nette démarcation sépare les deux coalitions au niveau de la politique extérieure, Berlusconi étant favorable à un rapprochement avec les États-Unis alors que Prodi, un ancien premier ministre (1996-1998) et président de la Commission européenne (1999-2004), exige le retrait d'Irak des troupes italiennes. Le scrutin, le 10 avril, se solde par un résultat serré : 49,8% des voix pour L'Union contre 49,7% pour la Maison des libertés. Les deux coalitions récoltent respectivement 340 et 277 des 630 sièges en jeu. Le suspense est tout aussi grand au Sénat où L'Olive, formation de centre-gauche, devance la Maison des libertés avec 158 sièges contre 156. Cette courte victoire de la gauche, que Berlusconi refuse d'abord de reconnaître, sera finalement confirmée par la Cour suprême le 19 avril.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Massimo Franco, « L'Italie : paysage politique après Berlusconi »

«...Ce vote d'avril 2006 signifie au moins que l'offre de ses (Berlusconi) adversaires n'était guère convaincante. Voilà qui est grave pour la nouvelle majorité. Dans cette situation à la fois bloquée et instable, la seule clef positive, à court terme, est que, si le leadership de Berlusconi est balayé par ses adversaires dans sa propre coalition, on assistera à un grand changement sur la scène politique, et les deux coalitions changeront radicalement. Berlusconi n'est pas un accident de l'histoire italienne : il reflète un courant très fort contre l'intervention publique dans l'économie et la vie privée. Ce n'est pas un hasard s'il reste influent en Lombardie et dans le Veneto, deux régions riches et tournées vers l'Europe. Il représente peut-être une mauvaise réponse, mais c'est une réponse à des problèmes réels. Il est toujours possible de la tourner en dérision. Mais la question des réformes en Italie reste entière. Berlusconi a dramatiquement échoué, mais les vieilles recettes sont tout autant vouées à l'échec. Et l'alibi du désastre de Berlusconi ne durera pas éternellement. »

Études (France), octobre 2006, p. 304.

Marc Lazar, « L'Italie tire le bilan des années Berlusconi »

«...Il (Prodi) peut asseoir son autorité sur le fait qu'il a effectivement battu deux fois Berlusconi, ce qui est une vraie performance. Plus Berlusconi manifeste son envie de revenir au pouvoir, comme il l'a fait dès les lendemains de l'élection, plus Prodi peut apparaître vis-à-vis de sa majorité comme le rempart contre son retour, le champion qui a mis le leader de la droite au tapis. (...) Il est vrai qu'il a des points faibles : il n'a pas de parti, il manque de charisme et sa coalition sera difficile à unifier. Mais, si la tentation venait de le mettre à l'écart, cette coalition n'a pas d'autre personnalité capable d'assurer son unité. Du moins pour l'instant. Les médias se sont beaucoup moqués des débuts difficiles du gouvernement Prodi mais sa grande chance est le fait qu'il ait gagné de justesse, ce qui a maintenu Berlusconi en selle. Tant que celui-ci fera office d'épouvantail, les jeux parlementaires seront bloqués. »

cité dans Esprit (France), juin 2006, p. 40.

Marc Semo, « L'exercice du grand équilibre pour la gauche »

«...Le seul ciment de l'Union était en fait la volonté de chasser Berlusconi du pouvoir. Maintenant, les difficultés commencent. « Nous allons appliquer le programme de l'Union, et rien que notre programme », a répété Prodi hier, inquiet des possibles surenchères de la gauche extrême. Voulu par lui, afin de « verrouiller » l'alliance, ce document, un pavé de 280 pages, insiste sur « la politique sociale » et « la relance de l'économie ». Mais il se limite à de vagues compromis. Les questions les plus sensibles ont été éludées. Le texte est byzantin sur le retrait des 2 700 soldats italiens déployés en Irak, dont la gauche radicale exige le retour immédiat. Atlantiste et proeuropéen, Prodi a annoncé hier que « le jour où le gouvernement commencera son travail, nous prendrons la décision de retirer les troupes d'Irak », mais n'a pas fixé de calendrier. Et il a ajouté que le retrait ne se ferait « bien sûr pas en l'espace d'un jour mais avec la prudence nécessaire ». »

Libération (France), 12 avril 2006, p. 4.

Éditorial

«...If confirmed - Mr. Berlusconi was promising a challenge - his defeat will reveal civil libertarians who worried about his domination of the Italian media and his aggressive efforts to combat criminal charges against him by passing special laws and bullying prosecutors and judges. It will cost the Bush administration a friend, though U.S.-European relations aren't likely to be affected much overall. Unfortunately, it offers little hope that Italy will overcome the deeper political disease that is crippling much of Europe : a palsy of leadership in the face of globalization's challenge. Mr. Berlusconi portrayed himself as a pro-capitalist reformer in the tradition of Britain's Margaret Thatcher, something Italy and many of its Western European neighbors desperately need to adjust to intensifying global trade and competition. But he did little to deregulate the Italian economy or reform social benefits in his five years in office - which helps to explain why Italy's growth has averaged less than 1 percent a year, the lowest of any major industrial country. Mr. Berlusconi's legacy may be the discredit of the very idea of free-market reforms. »

The Washington Post (États-Unis), 12 avril 2006.

Gouvernance et gouvernement [ 10 avril 2006 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Italie
ÉlevéCarlo Azeglio CiampiSilvio Berlusconi

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 2001 - 2016



mai
2001
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

mai
2001
[Résultats] Élections législatives

avril
2005
Décès du pape Jean-Paul II

avril
2006
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Romano Prodi

avril
2006
[Résultats] Élections législatives

avril
2008
Élection en Italie d'un gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi

avril
2008
[Résultats] Élections législatives

novembre
2011
Démission du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi

février
2013
Élections législatives en Italie

février
2013
[Résultats] Élections législatives

mars
2013
Élection du pape François

avril
2014
Canonisation de Jean XXIII et Jean Paul II

août
2016
Tremblement de terre dévastateur en Italie

décembre
2016
Tenue d’un référendum constitutionnel en Italie


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