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13 juillet 2006
Début d'un conflit entre le Hezbollah et Israël dans le sud du Liban

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Ehud Olmert

En procédant à la capture de deux soldats israéliens, l'organisation libanaise chiite Hezbollah provoque une riposte très vive d'Israël. Le conflit a rapidement des répercussions sur la scène internationale.

Après s'être retiré du Sud-Liban en 2000, Israël procède à de nouvelles attaques contre les installations militaires du Hezbollah situées dans cette région, souvent au milieu des villes et villages. À partir du 13 juillet, et pendant plus d'un mois, l'armée israélienne mène des opérations militaires, essentiellement aériennes, qui affligent la population du Sud-Liban et endommagent les infrastructures du pays: ports, aéroports, routes, ponts, hôpitaux. Des quartiers entiers sont détruits. Les villes de Haïfa, de Tyr, ainsi que la capitale Beyrouth, sont lourdement touchées. Le Hezbollah, de son côté, procède à des tirs de roquettes contre Israël. Plusieurs villes du nord d'Israël sont aussi touchées. Les conséquences de cette guerre sont cependant très différentes. Au Liban, plus de 1000 civils, soldats et combattants du Hezbollah sont tués; on compterait presque un million de personnes déplacées. Du côté d'Israël, les pertes civiles et militaires dépassent à peine une centaine de personnes. L'Iran, la Syrie et plusieurs pays arabes dénoncent Israël. Après avoir procédé à l'évacuation de leurs ressortissants, les pays occidentaux tentent quant à eux de trouver un compromis, convaincus que le Hezbollah -organisation considérée comme terroriste par plusieurs pays- doit être désarmé, tel que le stipule la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies (2004). Les États-Unis et le Canada se rangent du côté d'Israël. La France propose pour sa part des modalités permettant à l'armée libanaise d'occuper véritablement la zone sud du Liban et de désarmer la milice chiite, seul courant politique à ne pas avoir abandonné la lutte armée au terme de la guerre civile libanaise. Très médiatisée, la guerre entre le Hezbollah et Israël divise l'opinion publique dans plusieurs pays. Le 11 août 2006, le Conseil de sécurité parvient à faire l'unanimité sur une résolution. Consulter: Résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Liban.

Pour en savoir plus: Discours du premier ministre israélien sur le conflit dans le sud du Liban

Dans les médias...


Joseph Maïla, « Le Liban à la recherche d'un pacte civil (Post scriptum) »

«...Le refus du Hezbollah de désarmer, c'est-à-dire sa volonté de s'opposer au démantèlement de ses milices, réclamé par la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies, a mis le gouvernement libanais dans une position impossible. Entre la rupture du consensus gouvernemental (laissant entrevoir des risques de troubles civils) et l'instabilité à la frontière israélo-libanaise, la coalition au pouvoir a choisi de privilégier le maintien des liens, précaires, avec le Hezbollah. Une rupture eut signifié une opposition déclarée à la Syrie et à l'Iran comme elle aurait entraîné aussi le retrait des chiites d'Amal de la participation politique. Aucun gouvernement au Liban visant une stabilité minimale ne peut se permettre de prendre de tels risques. Mais ce positionnement laissait la voie ouverte à tous les débordements sur la frontière méridionale du pays. La réaction d'Israël à l'enlèvement de ses soldats sur cette frontière faisant suite au rapt quelques jours avant d'un soldat israélien sur la frontière avec Gaza est venue confirmer la volatilité d'une situation intenable. »

Esprit (France), août-septembre 2006, p. 65.

Patrick Saint-Paul, « Israël livre un même combat sur deux fronts »

«...Persuadé de livrer un seul et même combat, sur deux fronts séparés, Israël applique la même stratégie militaire dans la bande de Gaza et au Liban. Au-delà de la libération des prisonniers, dont la capture a déclenché les opérations de Tsahal, l'objectif est de briser pareillement les mouvements armés, soutenus par la Syrie et l'Iran : au sud le Hamas, au nord le Hezbollah. Pour cela, Tsahal est prêt à frapper durement, mais avec un engagement limité au sol, afin d'éviter les pertes. A défaut d'éradiquer totalement ces deux mouvements, Israël espère solder quelques comptes et imposer de nouvelles règles. Élus pour poursuivre le désengagement unilatéral des Territoires palestiniens, entamé avec le retrait de la bande de Gaza l'été dernier, le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et son ministre de la Défense, Amir Peretz, subissent leur épreuve du feu. En Israël, celle-ci est une figure quasi imposée, qui façonne le destin des dirigeants du pays : elle peut les sacrifier ou les révéler politiquement. »

Le Figaro (France), 15 juillet 2006, p. 4.

Jean-Claude Leclerc, « Raids au Liban - Les représailles d'Israël cachent une autre « guerre préventive »»

«...Pour les uns, Israël avait le droit de se défendre contre les incursions sur son territoire du Hamas palestinien puis du Hezbollah libanais. Pour d'autres, son intervention militaire, à Gaza, puis surtout au Liban, dépasse la mesure. Et une opinion nerveuse appréhende un débordement régional aux conséquences incalculables. Ce sera désormais une « guerre ouverte », clame le chef du Hezbollah, Hassan Nazrallah, qui n'en a pourtant pas les moyens. Sous la confusion apparente, une logique implacable est en marche. En réalité, il ne s'agit pas de représailles pour la capture de soldats israéliens, ni même d'escalade malgré les tirs de roquettes du Hezbollah. C'est essentiellement une « guerre préventive », dictée par les autorités militaires israéliennes. Les « enlèvements » auront fourni le prétexte que Tsahal attendait pour déclencher une opération qui n'a rien d'improvisé. Que ces soldats soient ou non libérés, les attaques vont continuer: l'enjeu premier est ailleurs. C'est la destruction du Hezbollah. »

Le Devoir (Québec, Canada), 17 juillet 2006, p. b6.

Éditorial

«...Israel cannot hope to expunge Hezbollah by continued bombing of Lebanon's cities and airports. Although many Lebanese resent Hezbollah for usurping the powers of making war and peace that only the country's elected government should exercise, and even though Lebanon's Sunni, Druze and Christian communities may abhor Hezbollah's role as a cats-paw for the regimes in Tehran and Damascus, Hezbollah's roots as a political and religious movement are implanted too deep in Lebanon to be torn up by Israeli bombs. There are two primary reasons why Hezbollah has gained acceptance, if not respect, outside Lebanon's Shi'ite community (about 40 percent of the population). The first is its reputation for providing social services free of the corruption that taints other Lebanese factions. The second is its posture as resistance fighter against Israel during the Israeli occupation of Lebanon from 1982 to 2000. This political and psychological reality cannot be ignored or wished away. »

The Boston Globe (États-Unis), 21 juillet 2006.

Gouvernance et gouvernement [ 13 juillet 2006 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Liban
IntermédiaireÉmile Geamil LahoudFouad Siniora

Israël
ÉlevéMoshe KatzavEhud Olmert

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie [1996 - 2012]



24 novembre 1998Émile Geamil Lahoud : chef d'État (investiture/assermentation)
2 décembre 1998 Sélim Ahmed Hoss : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
23 octobre 2000 Rafiq al-Hariri : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
18 octobre 2002 Ouverture du neuvième Sommet des pays ayant le français en partage
21 octobre 2004 Omar Karame : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
14 février 2005 Assassinat de l'ex-premier ministre libanais Rafiq Hariri
15 avril 2005 Najib Mikati : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
30 juin 2005 Fouad Siniora : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
13 juillet 2006 Début d'un conflit entre le Hezbollah et Israël dans le sud du Liban
24 novembre 2007Fouad Siniora : chef d'État (investiture/assermentation)
25 mai 2008Michel Suleiman : chef d'État (investiture/assermentation)
9 novembre 2009 Saad al-Hariri : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
13 juin 2011 Najib Mikati : chef du gouvernement (investiture/assermentation)

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension