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9 octobre 2006

Premier essai nucléaire en Corée du Nord

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Kim Jong-Il

Défiant la communauté internationale, le gouvernement de Pyongyang procède à un essai nucléaire souterrain dans le Nord-Est du pays. Compte tenu de la faible portée et de l'imprécision des missiles nord-coréens, l'inquiétude frappe, dans l'immédiat du moins, les pays voisins : la Corée du Sud, le Japon, la Russie et la Chine.

Depuis quelques années, le régime de la Corée du Nord développe une expertise en matière d'arsenal nucléaire. Après avoir adhéré au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la Corée du Nord a décidé, en 2003, de s'en retirer et de développer des centrales. Les Nord-Coréens prétendent que leur pays souffre d'un déficit énergétique et que les sanctions en matière d'importation de pétrole les obligent à développer la filière nucléaire. Pour procéder à ce développement, le gouvernement aurait profité d'exportations illégales de technologies nucléaires mettant en cause les gouvernements ou des chercheurs du Pakistan, de l'Iran et de la Libye. L'économie nord-coréenne est l'une des plus militarisées de la planète : le quart du PNB est consacré aux dépenses militaires et l'armée compte un million de soldats. Tous les pays ont dénoncé l'essai ; les États-Unis, le Japon, l'Europe et la Russie ont été unanimes. Il en va de même de la Ligue arabe, d'Israël et du Venezuela. Même l'Inde et le Pakistan, qui se sont eux-mêmes livrés à des essais en 1998, ont « déploré » le geste de Pyongyang. La Chine, fidèle allié du régime de Pyongyang, a, quant à elle, fait part de sa « ferme opposition » face à un essai mené « de manière éhontée » tout en déclarant « inimaginable » une intervention militaire. Cette controverse est le fait de l'une des dernières dictatures communistes de la planète, celle de Kim Jong-Il, fils de Kim Il-sung qui a été l'homme fort du pays de 1948 à 1994.

À ce jour, huit pays ont fait des essais nucléaires: États-Unis :1030 (le premier en 1945); l'URSS - Russie: 715 (le premier en 1949); le Royaume-Uni: 45 (le premier en 1952); la France: 210 (le premier en 1960); la Chine: 43 (le premier en 1964); le Pakistan: 6 (le premier en 1998); l'Inde: 5 (le premier en 1998) et la Corée du Nord.

Dans les médias...


Pierre Haski, «Quinze années d'escalades jamais freinées»

«...Quinze ans pour en arriver là. Il faut remonter à 1991 pour voir les premières inquiétudes internationales s'exprimer à propos du nucléaire nord-coréen, autour des activités secrètes du site de Yongbyon. Quinze ans d'efforts diplomatiques, de vaines tentatives de conciliation et de menaces, et finalement d'impuissance, pour aboutir à l'essai nucléaire d'hier. Pendant ces quinze ans de longue marche vers l'arme nucléaire, la Corée du Nord a connu une catastrophe alimentaire faisant des centaines de milliers, peut-être des millions de morts, a vécu une descente aux enfers économique qui en fait un pays exsangue, et le régime communiste a orchestré une succession dynastique qui a vu Kim Jong-il succéder à son père, Kim Il-sung, père de la nation, resté chef de l'Etat en titre douze ans après sa mort. La nature de ce régime, communiste stalinien tendance mafieuse, capable de sacrifier une partie de son peuple pour atteindre ses objectifs, pratiquant le chantage comme méthode diplomatique, constitue la toile de fond de cette quête nucléaire : Kim Jong-il disposant de l'arme atomique, c'est Docteur Folamour au pays du Matin calme.»

Libération (France), 10 octobre 2006, p. 2.

Philip Bruno, «Sanctionner son principal allié : le dilemme chinois»

«...Le test nucléaire nord-coréen vient d'illustrer ce que l'on savait déjà de la nature des relations entre Pékin et Pyongyang. La Chine est le principal allié de la Corée du Nord, mais est incapable de contrôler son turbulent voisin. Qui, en dépit de sa dépendance énergétique et alimentaire à l'égard de la Chine, entend bien démontrer qu'il dispose de sa propre marge de manoeuvre politique et stratégique. (...) Pékin fait face à un sérieux dilemme. Solide allié de Pyongyang depuis la guerre de Corée (1950-1953), quand les soldats de l'Armée populaire de libération chinoise combattaient aux côtés de leurs camarades communistes coréens contre les Américains et les «Sudistes», la Chine ne peut pas laisser tomber le «royaume ermite». Pour deux raisons : d'abord parce qu'un écroulement du régime pourrait provoquer un exode massif de Nord-Coréens vers la Chine; ensuite parce qu'une réunification des deux Corées rapprocherait «dangereusement» de son territoire les quelque 40 000 soldats américains stationnés en Corée du Sud. Si Pékin a de bonnes raisons de s'opposer aux sanctions demandées par Washington, il sait cependant qu'il se doit d'apparaître auprès de la communauté internationale comme une puissance capable de freiner les dérives nord-coréennes.»

Le Monde (France), 11 octobre 2006, p. 4.

Étienne Lévesque, «Quelle menace nord-coréenne?»

«...Plus de 48 heures après le séisme artificiel qui a secoué la Corée du Nord, aucun pays n'est en mesure de confirmer qu'il s'agit là d'un véritable essai nucléaire, à l'exception bien sûr de la Corée du Nord, qui se vante d'avoir réussi l'exploit. Doit-on s'en étonner? Aucunement. Pourrait-il s'agir d'un bluff? Peut-être. En réalité, la nature du test effectué importe peu car les priorités de la Corée du Nord demeurent inchangées, et ce récent coup d'éclat ne fait pas de l'État communiste une menace imminente. Étant donné la situation précaire du pays sur le plan économique, Kim Jong-il a toujours comme objectif principal d'assurer la survie de son régime en monnayant sa capacité nucléaire et balistique contre une aide énergétique et économique soutenue. Consciente du fait que sa posture militaire indispose les États environnants, la Corée du Nord instrumentalise sa capacité nucléaire afin de forcer les négociations, au point mort depuis plus d'un an. C'est pourquoi, dans sa déclaration officielle du 2 octobre dernier, alors qu'elle annonçait l'éventualité d'un test nucléaire, elle rappelait également qu'elle restait ouverte au dialogue et à la négociation.»

Le Devoir (Québec, Canada), 11 octobre 2006, p. a9.

Gwynne Dyer, «Corée du Nord : un appel à l'aide»

«...Kim Jong-Il renoncerait probablement au nucléaire si on lui offrait suffisamment d'aide alimentaire et pétrolière, la fin des blocus commerciaux et une promesse ferme des États-Unis de ne pas l'attaquer et de ne pas tenter de le renverser. Rien de cela ne coûterait très cher. En tout état de cause, les États-Unis ne l'attaqueront pas et Kim Jong-Il, lui non plus, n'a pas l'intention d'attaquer qui que ce soit, encore moins au moyen d'armes nucléaires : il n'aurait aucune chance de survivre aux représailles immédiates des États-Unis et à leurs frappes nucléaires dévastatrices. Il s'agit donc simplement de le convaincre de cesser cette politique insensée. Mais quid des principes ? Les autres pays ne seraient-ils pas tentés de suivre l'exemple de la Corée du Nord si on ne lui inflige pas de sanction pour avoir mis au point des armes nucléaires ? Vous savez, comme les sanctions imposées à Israël, à l'Inde et au Pakistan lorsque ces derniers se sont dotés des leurs.»

Le Droit (Canada), 14 octobre 2006, p.25.

Warren Hoge, «Security Council Supports Sanctions on North Korea»

«...The Security Council voted unanimously on Saturday to impose strict sanctions on North Korea for its reported nuclear test, overcoming objections from Russia and China by explicitly excluding the threat of military force. The resolution, drafted by the United States, clears the way for the toughest international action against North Korea since the end of the Korean War. Primarily, it bars the sale or transfer of material that could be used to make nuclear, biological and chemical weapons or ballistic missiles, and it bans international travel and freezes the overseas assets of people associated with the North's weapons programs. In its most debated clause, the resolution authorizes all countries to inspect cargo going in and out of North Korea to detect illicit weapons. That power was the sticking point in days of what the Russian ambassador called «tense negotiations» with China and Russia that continued up until minutes before the final vote Saturday afternoon.»

New York Times (États-Unis), 15 octobre 2006.

Gouvernance et gouvernement [ 9 octobre 2006 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Nord
FaibleKim Jong-ilPak Pong Ju

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1996 - 2016



octobre
2006
Premier essai nucléaire en Corée du Nord

février
2007
Entente sur un éventuel démantèlement du programme nucléaire nord-coréen

décembre
2011
Décès du leader nord-coréen Kim Jong-il


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