Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 novembre 2018

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16 octobre 1973

Début du premier «choc pétrolier»

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le 17 octobre 1973, l'Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) annonce qu'elle réduira de 5% par mois son débit de pétrole, tant que les États-Unis ne changeront pas leur politique au Moyen-Orient. La veille, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) annonçait une hausse de 17% du prix du brut et une augmentation de 70% des taxes aux compagnies pétrolières.

Cette stratégie résulte d'un tournant dans la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes. Après avoir été surpris par une attaque sur deux fronts, l'État hébreu reprend rapidement le contrôle et menace à son tour les pays arabes. C'est à ce moment que la crise pétrolière éclate. En réaction à l'évolution du conflit, les pays membres de l'OPEP, réunis au Koweït, annoncent un embargo sur les livraisons de pétrole destinées aux pays qui soutiennent Israël. Ils exigent également le retrait complet des territoires occupés par Israël. À la conférence de Téhéran, le 23 décembre 1973, l'OPEP annonce une deuxième augmentation des prix. L'embargo, qui dure 5 mois, est levé en grande partie le 18 mars 1974. L'OPEP justifie la crise en revendiquant une part croissante dans les opérations de production qui sont fortement contrôlées par des compagnies pétrolières. Bref, elle veut prendre le contrôle de la production du pétrole pour pouvoir maintenir un prix artificiellement élevé du brut. Le résultat est une sévère commotion pour tous les pays consommateurs de pétrole. Le prix de l'Arabian Light, un pétrole qui sert d'indicateur, passe pendant la crise de 2,32 USD à 9,00. Durant cette même période, les revenus de l'OPEP sont multipliés par quatre, dépassant 86 milliards dollars en 1974.

Dans les médias...


Jacques Mornand, « La diplomatie du jerrycan »

«...En fait, l'espoir des responsables européens est que les dirigeants arabes finiront par se convaincre que l'utilisation de l'arme du pétrole est pleinement efficace - les derniers événements viennent de le prouver - jusqu'à une certaine limite qu'il convient de ne pas dépasser. Il est évident que si le boycottage pétrolier arabe aboutissait à immobiliser toute la circulation automobile, à interrompre le chauffage des écoles et des hôpitaux et ralentissait l'activité industrielle en Europe au point de provoquer du chômage, cela entraînerait un mouvement de mécontentement des 250 millions d'habitants du Marché commun, politiquement préjudiciable à la cause arabe. Dans les pays arabes, les positions ne sont pas encore déterminées à cet égard. Comme toujours, il y a des « jusqu'auboutistes » et des « modérés ». Mais ce ne sont pas les mêmes que d'habitude. Les dirigeants des pays riches en pétrole et en dollars et à faibles populations, comme l'Arabie saoudite ou le Koweït, ne risquent pas grand-chose si la politique de boycottage s'aggrave encore. En revanche, les nations pauvres et à forte démographie, comme l'Irak, ont beaucoup moins envie de se lancer dans une aventure qui risque de les couper de leurs clients traditionnels et de bloquer financièrement leur développement. »

Le Nouvel Observateur (France), 12 au 18 novembre 1973, p. 45.

S.A., « Une arme bien employée »

«...Si les États-Unis persistent dans leur soutien militaire et diplomatique à Israël, ce seront surtout les économies européenne et japonaise, dépendantes respectivement pour 60 % et 85 % des livraisons du Proche-Orient, qui en pâtiront. L'écart entre l'offre et la demande risque même de se creuser plus considérablement encore qu'il n'y paraît à première vue. Depuis le début de l'année, la consommation des produits pétroliers dans les principaux pays industrialisés a augmenté d'une proportion qui varie, selon les cas, de 9 à 17 %. Pour l'instant toutefois la pénurie ne paraît pas encore certaine. Il existe en effet d'autres sources d'approvisionnement, en Iran notamment, et l'OPAEP laisse à chacun des membres le soin d'appliquer comme il l'entend la mesure prise. (...) ...les pays de l'OPAEP se sont fort habilement assuré les moyens d'augmenter leurs recettes fiscales malgré la diminution de leurs livraisons de pétrole. Ils ont en quelque sorte organisé une nouvelle et très importante hausse des prix pétroliers dans le monde entier qui, à court terme, constitue, plus que la menace de réduction des approvisionnements, le danger le plus grave auquel les économies occidentale et japonaise, en proie à l'inflation, devront faire face. »

Le Monde (France), 19 octobre 1973, p. 1.

Jean Pellerin, «Pourrait-on manquer d'huile ?»

«...On ne peut se le cacher, même si les Arabes n'ont pas encore mis leur menace à exécution, le bluff qu'ils font avec le pétrole porte fruit. Mais cette menace que certains décrivent comme « l'arme du dernier recours » n'a pas la portée qu'on croit. Pour faire vraiment mal aux Américains, les Arabes ne devront pas seulement se contenter de leur fermer le robinet : ils devront aussi le fermer à l'Europe où les grandes raffineries américaines pourraient aller indirectement s'alimenter. Dès lors, certaines questions se posent. Les Arabes peuvent-ils se passer indéfiniment des revenus que leur garantit l'exploitation de cette richesse naturelle vitale ? S'ils ne vendent pas leur pétrole aux États-Unis et à l'Europe, à qui le vendront-ils ? Plusieurs pays arabes, notamment l'Algérie et l'Irak, ont besoin d'investissements étrangers, ce qui leur crée l'obligation de vendre le plus d'huile et de gaz possible. Des pays qui dépendent de l'Occident plus qu'ils ne veulent l'admettre, pourront-ils indéfiniment se payer le luxe de parler haut et fort aux Américains ? »

La Presse (Québec, Canada), 17 octobre 1973, p. A4.

Éditorial

«...Once the United States took the decision to start resupplying the Israeli armed forces with Phantoms, Skyhawks, and other sophisticated military hardware it was inevitable that the Arab oil-producing states would resort to their much talked of « oil weapon » (...) The Arab producers' unilateral action in raising the price of their crude is a direct offshoot of the military conflict. It is another sign of their awareness of the political and economic clout their oil wealth has given them. For the U.S. the price increase, however irksome, will get absorbed but it will be a severe blow to the low-income consumer. The worst sufferers will be the third-world countries which are having to pay ever more heavily for the cost of development. In the 1967 war Arab oil did not have the significance that it does today. The energy crisis was then only being talked of by the experts who saw it looming on the horizon. But now that an energy shortage is confronting the whole industrial world, the oil weapon has assumed an importance that it would be foolish to underestimate. »

The Christian Science Monitor (États-Unis), 20 octobre 1973.

Éditorial

«...Why strike now ? After all, Israel's greatest defender, the United States, is not yet so heavily dependent on Middle East oil that it could not, with rationing and other emergency measures, get by. Perhaps Egypt and Syria feared that the urgent search for other sources of energy by the great powers would be effective too soon. Perhaps they wanted to beat Alaskan and North Sea oil to full production. Perhaps they were afraid that individual members of OPEC would weaken the organization by bilateral deals with importing countries - Kuwait and Japan have made a deal. Perhaps the fabric of OPEC was already fraying, while pressures for war at home grew greater. Perhaps the rising mood of conciliation between the Soviet Union and the United States alarmed them. What prompted the timing, and considerations of even whether the war could be won, may well be secondary to a grand demonstration of oil-country unity behind the Arab cause. For there are indications, fragile as they may be, that a degree of unity, at least in word, has been achieved. »

The Globe and Mail (Canada), 9 octobre 1973.

Gouvernance et gouvernement [ 16 octobre 1973 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Koweït
FaibleSheikh Sabah Al Salim Al SabahSheikh Jabir Al Ahmad Al Jabir Al Sabah

Iran
FaibleMohammad Reza PahlaviAmir Abbas Hoveida

Égypte
FaibleAnouar el-SadateAnouar el-Sadate

Syrie
FaibleAbu Sulayman Hafez el-AssadMahmoud al-Ayyubi

Arabie Saoudite
FaibleFaysal ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`udFaysal ibn `Abd al-`Aziz Al Faysal Al Sa`ud

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1963 - 1983



mai
1963
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

octobre
1973
Début du premier «choc pétrolier»


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