Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 décembre 2018

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13 novembre 1974

Premier discours de Yasser Arafat devant l'Assemblée générale des Nations unies

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Yasser Arafat

Le président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, prononce un discours historique lors de la 29e session de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU), à New York. Cette session est présidée par le ministre des Affaires étrangères de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika.

En 1974, l'OLP, que dirige Yasser Arafat, tente d'obtenir la reconnaissance internationale. Sa cause avance de façon notable le 22 septembre 1974. L'Assemblée générale de l'ONU inscrit alors pour la première fois la question palestinienne à son agenda dans les sujets à débattre. Auparavant, celle-ci faisait partie intégrante de la question générale du Moyen-Orient. Malgré une forte opposition d'Israël, l'ONU prend la décision historique d'inviter l'OLP à prendre part aux débats concernant la question palestinienne. Le résultat du vote est le suivant : 104 pour, 4 contre (dont Israël et les États-Unis) et 20 abstentions. Lors de sa première allocution devant l'Assemblée générale de l'ONU, le 13 novembre, Arafat déclare que le but de son organisation demeure la création en Palestine d'un État démocratique où chrétiens, juifs et musulmans pourront vivre dans la justice, l'égalité et la fraternité. Le 22 novembre, l'Assemblée générale de l'ONU reconnaît les «droits inaliénables» des réfugiés palestiniens de retrouver leurs maisons et leurs biens. Elle affirme également le droit à l'autodétermination du peuple palestinien. Dans une seconde résolution, l'OLP se voit octroyer le statut d'observateur et est considérée comme acteur principal dans l'établissement d'une paix durable au Moyen-Orient. L'OLP est la première Organisation non-gouvernementale à prendre part à une assemblée plénière de l'ONU.

Dans les médias...


Ania Francos, «Nations unies et territoires occupés : un nouveau front»

«...Depuis 1969, l'OLP ne cesse de répéter que la seule solution juste et durable au Moyen-Orient est la création d'un État démocratique et laïc en Palestine. Certes, une chose est de le dire dans les interviews, une autre de la proclamer à la tribune des Nations unies. Mais il semble que les observateurs se soient moins intéressés à ce que disait Arafat qu'à la question de savoir s'il avait ou non un pistolet dans son étui ou au fait que, pour son discours, avait été installé sur le podium le fauteuil de cuir blanc frappé au blason de l'Onu habituellement réservé aux chefs d'État. Son discours, qui, dit-on à l'Onu, fut «décrypté comme les manuscrits de la mer Morte», a pourtant été généralement déformé. Ceux qui s'attendaient, on ne sait trop pourquoi, à ce qu'à cette occasion il reconnaisse l'État d'Israël, alors que jamais les Israéliens n'ont voulu reconnaître le fait national palestinien, ont trouvé son discours excessif ou intransigeant. Arafat s'est adressé non aux Israéliens, mais à l'opinion internationale et aux juifs du monde entier dont il connaît le rôle dans le renforcement de la paranoïa israélienne.»

Jeune Afrique (France), 30 novembre 1974, p. 46.

S.A., «Onu : l'heure triomphale de Yasser Arafat»

«...Pour l'instant, l'O.l.p. et son leader, M. Arafat, sont parvenus au faîte du succès. Ce qui les incite à l'intransigeance. Mais rencontreront-ils toujours des victoires diplomatiques aussi grandes que celles qu'ils viennent de connaître ? Le premier vote de l'Onu en faveur de leur invitation n'était qu'un scrutin de procédure. Voici maintenant que s'entame le débat sur le fond : M. Arafat demande à l'Onu de revenir sur sa décision de 1947 instituant un partage de la Palestine et faisant naître Israël. L'accord des pays arabes est acquis. Celui du tiers monde d'Afrique et d'Asie en partie prévisible. Ils pourraient être la majorité. Mais restent le continent latino-américain et, surtout, l'Europe. Les plus anciens membres de l'Onu, les signataires de la résolution de 1947. Plutôt que de se déjuger, ils préféreront s'abstenir. Les Arabes perdraient alors l'appui élargi qu'ils souhaitent obtenir. La cassure de l'Organisation des Nations unies en deux blocs s'accentuerait. Ses voeux resteraient d'autant plus vains. Mais aucune solution n'est en vue.»

L'Express (France), 18 au 20 novembre 1974, p. 48.

Georges Vigny, «Le retour du problème palestinien à l'ONU»

«...Ce fait de revenir aux Nations unies, le côté spectaculaire mis à part, signifie aussi une tentative de sortir le problème de l'exclusivité des super-grands. Mais si l'ONU de 1974 n'est pas celle de 1947, est-ce à dire qu'elle est meilleure ? Ou plus efficace ? Alors qu'il appartient aux Nations unies de trouver l'amorce d'un dialogue entre Palestiniens et Israéliens, on peut aussi se demander si l'organisme international est équipé pour répondre à l'attente, s'il a les moyens -ou les possibilités- d'être autre chose, qu'une vaste scène où les «petits» viennent accuser les «grands» et repartent en récoltant de beaux satisfecit sous forme de résolutions. «La guerre a éclaté en Palestine, a dit Arafat, et c'est en Palestine que la paix naîtra». C'est d'abord ramener le conflit israélo-arabe dans sa juste perspective. C'est reconnaître ensuite que la paix est possible. Mais tel que le débat a été lancé, il semble que pour le moment les principaux intéressés ne parlent pas de la même.»

Le Devoir (Québec, Canada), 14 novembre 1974, p. 4.

S.A., «The Palestinians Become a Power»

«...Next week Arafat, who only a few years ago was living in caves and dodging both Israeli agents and King Hussein's troops, will be honored by the United Nations. It may well be the most colorful and explosive visit to New York City by a foreign leader since the days of Nikita Khrushchev and Fidel Castro. Arafat is expected to lead a 35-man Palestinian delegation, which has been invited -although not as a government- to take part in a plenary debate on the status of the Palestinian people. American-Jewish organizations are planning to counter Arafat's appearance at the U.N. with what may be the biggest protest demonstration ever mounted in the city. Even if they do not hold it -more especially if they do- Arafat's appearance in New York will allow the P.L.O. to present its case directly to the American people, who have largely ignored the Palestinian issue. For the estimated 3.2 million Palestinians who are scattered across the world from Israel, Jordan and the West Bank to Lebanon, the Persian Gulf, Europe and the U.S., Arafat's rocket to recognition was a heady event.»

Time (édition canadienne), 11 novembre 1974, p. 32.

Gouvernance et gouvernement [ 13 novembre 1974 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

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Non disponible

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

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Chronologie 1969 - 1979



novembre
1974
Premier discours de Yasser Arafat devant l'Assemblée générale des Nations unies


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