Avec les dépenses considérables engendrées par la guerre du Viêt-Nam, la compétitivité accrue des pays européens et celle du Japon, le gouvernement américain réalise en 1971, pour la première fois au XXe siècle, un déficit commercial. Le 15 août 1971, le président Richard Nixon change complètement la donne du système monétaire international en annonçant la fin de la convertibilité du dollar en or.
En 1944, les accords de Bretton Woods établissent le Gold Exchange Standard dans le but d'assurer la stabilité des taux de change. Cela place le dollar américain au coeur du système monétaire international, la convertibilité en or du dollar étant fixée au taux de 35 $ l'once. Le système monétaire de Bretton Woods connaît plusieurs difficultés dès son adoption, difficultés intimement liées à sa structure. D'ailleurs, l'économiste Robert Triffin est l'un des premiers à s'interroger sur sa viabilité et à prédire même sa chute (voir dilemme de Triffin). C'est ce qui se produit en 1971. La masse de dollars dans le monde atteint alors 53 milliards de dollars, ce qui constitue plus de cinq fois les stocks d'or du Trésor américain. La quantité de dollars détenus dans le monde ne peut augmenter que si la convertibilité est abolie. Nixon, conscient des difficultés américaines à maintenir la confiance dans le dollar, annonce en août 1971 la fin de la convertibilité et, en quelques sorte, la fin du système monétaire de Bretton Woods (voir Accords de la Jamaïque de 1976). Parallèlement à cette décision, et pour faire face à la récession, Nixon annonce également un gel des salaires et des prix, ainsi que des réductions d'impôt et une surtaxe sur les produits importés. Cette décision stimule la consommation, mais après approbation du Congrès, Nixon doit quand même procéder à une dévaluation de 7,9% du dollar en décembre. Une deuxième dévaluation de 10% est également nécessaire en février 1973, ce qui affecte l'économie de manière globale. Le premier choc pétrolier est directement lié à ces dévaluations du dollar. |
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