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6 novembre 1975

Début de la « marche verte » au Sahara occidental

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Moktar Ould Daddah, président de la République islamique de Mauritanie

Désireux d'intégrer le Sahara espagnol au Maroc, le souverain marocain Hassan II entame une «marche verte» en traversant la frontière du Sahara occidental. Il est suivi par quelques 350 000 marcheurs volontaires, pour la plupart pauvres et munis uniquement du Coran.

Le Maroc réclame la propriété du Sahara occidental, un territoire colonisé par l'Espagne depuis 1860. Malgré sa faible population, celui-ci attise la convoitise de ses voisins à cause de ses ressources naturelles, particulièrement en phosphates. En août 1974, l'Espagne accepte la résolution des Nations unies (ONU) de 1966 pour la tenue d'un référendum sur l'avenir du Sahara occidental. Selon une mission de l'ONU, la majorité de ses habitants veulent l'indépendance. En 1975, le Maroc soumet la question de ses droits sur le territoire à la Cour internationale de la Haye. Il s'engage à respecter la décision, mais lorsque sa demande est rejetée, le roi Hassan II organise une grande «marche verte» le 6 novembre 1975. À cette occasion, une marée humaine de 350 000 Marocains prend le contrôle symbolique du territoire. Entre-temps, un accord tripartite est conclu avec l'Espagne et la Mauritanie pour le transfert du contrôle du territoire. Il permet à l'Espagne de se retirer, tout en conservant ses investissements dans les mines de phosphates. Selon cet accord, le Maroc reçoit deux tiers du territoire (la partie nord) et la Mauritanie l'autre tiers (la partie sud). Le Maroc prend possession du territoire au début de 1976 et convoque une assemblée de tribus qui reconnaissent sa souveraineté. En 1979, il profitera du départ de la Mauritanie pour annexer la partie sud. Toutefois, l'opposition d'un mouvement indépendantiste, le Polisario, et celle d'autres pays africains (Algérie, Libye), entraîneront un conflit durable.

Pour en savoir plus: Discours du roi du Maroc sur la Marche verte

Dans les médias...


Mireille Duteil, « L'après-Franco au Sahara et en Espagne »

«...Si l'opération de Hassan II ne marche pas et si, par conséquent, elle ne se termine pas par un retour triomphal dans leurs douars et villes d'origine des masses mobilisées, on imagine aisément les innombrables problèmes auxquels devrait faire face, dans l'immédiat ou à terme, le pouvoir. Une chose est de planifier la levée en masse et la marche pacifique, une autre d'assurer, en cas d'échec du coup de poker du roi, la retraite en bon ordre. Pour le moment, on n'en est pas là. Comment expliquer le déferlement populaire qui n'a cessé de s'amplifier depuis l'appel du roi ? Faut-il y voir une manifestation du fameux chauvinisme marocain ou l'expression compréhensible d'un patriotisme profondément enraciné ? Hassan II est-il en train de réussir une formidable manipulation de foule ou bien son appel a-t-il été entendu parce qu'il exprime ce sentiment très répandu dans le pays que la conquête de l'indépendance voilà vingt ans a été obtenue au rabais puisqu'elle ne s'est pas accompagnée de la sauvegarde de l'intégrité du territoire national ? »

Jeune Afrique (France), 7 novembre 1975, p. 15.

Georges Vigny, « Le retour des « marcheurs » »

«...dès à présent, on devra prendre en considération un certain nombre de réalités que cette marche (...) a révélées ou confirmées. Il y a, bien sûr, la preuve que l'Espagne a été à la hauteur, en se prêtant d'une part au dialogue - et au trialogue - et, d'autre part, en ne cédant pas à la nervosité qui, là-bas, en bordure des champs de mines, aurait pu entraîner un carnage lors du face-à-face contre l'armée espagnole et les marcheurs galvanisés. Pour lancer le règne de Juan Carlos, qui a eu la présence d'esprit d'intervenir personnellement et rapidement dans l'affaire du Sahara dit espagnol, le désamorçage du « pèlerinage vert » est d'un apport majeur. L'autre élément à prendre en considération dans toute future négociation, c'est le poids dont pèse l'Algérie. Refusant de céder au « fait accompli » que constituait pour lui l'initiative populaire du souverain chrérifien, le gouvernement algérien semble avoir réussi à sortir le problème du Sahara occidental du strict contexte bilatéral hispano-marocain. »

Le Devoir (Québec, Canada), 10 novembre 1975, p. 4.

S.A., « King Hassan tries an about-turn »

«...King Hassan's decision to call off the march means that negotiations can now proceed in a cooler atmosphere, for there was always the risk of the march careering out of control. Much pride, and many gambles have been invested, and many simple passions aroused. (...) The basic confrontation was between King Hassan and Prince Juan Carlos. Its elements demonstrated what is still at stake. Hassan, by playing the « homeland » theme and emphasising tribal links, stood to add to Morocco's already formidable reserves of phosphates. He runs a tightly-controlled regime, whose soldiers have twice in recent years tried to assassinate him in spectacular fashion. Even the left wing, once the march was on its way, gave up criticisms of laxity over Spanish Sahara. The King, in his speeches, has tried to bridge the gap between people and monarch. The big risk now is that, unless a pride-saving deal has been concluded, the dismay and discomfort of sand-blown marchers in retreat could spread like an epidemic. »

The Guardian (Royaume-Uni), 10 novembre 1975, p. 10.

Éditorial

«...Fortunately, the march apparently ground to a halt before encountering danger. Perhaps the halt will give King Hassan time to reflect on the hazards - and improprieties - of his population. Is it any nicer for Morocco than for Spain to grab a territory inhabited by 70,000 nomads and incredibly rich in phosphates ? The International Court of Justice has denied Hassan's claim to sovereignty in the area. It seems only fair - a term rapidly losing favor in the Third World - than Spain go ahead with its original plan of holding a referendum among the nomads to determine what they want. Perhaps the United Nations can rouse from its torpor long enough to administer the territory until a decision is reached. And Hassan's marchers can turn around and march back out of the Sahara. Algeria and Mauritania should be advised to keep their phosphate-picking hands off the rich prize, too. Thus, a bit of the colonialism which the Third World affects to condemn would actually have been forestalled. »

Chicago Tribune (États-Unis), 8 novembre 1975.

Gouvernance et gouvernement [ 6 novembre 1975 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Maroc
FaibleHassan II ben MohammedAhmed Osman

Mauritanie
FaibleMoktar Ould DaddahMoktar Ould Daddah

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1970 - 1980



août
1970
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juillet
1971
Tentative de coup d'État dans le palais de Skhirat, au Maroc

août
1972
Tentative de coup d'État au Maroc

mai
1973
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novembre
1975
Début de la « marche verte » au Sahara occidental

juin
1977
[Résultats] Élections législatives


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