Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

14 novembre 2018

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9 février 1979

Élection de Chadli Bendjedid à la présidence de l'Algérie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Chadli Bendjedid

Après la mort du président Houari Boumédiène, le 27 décembre 1978, le Front de libération nationale (FLN), l'unique parti politique algérien, désigne un seul candidat à sa succession. Le 7 février 1979, Chadli Bendjedid reçoit un appui populaire de 94 % lors des élections nationales et devient le président de l'Algérie.

Depuis l'accession du pays à l'indépendance, en 1962, le système politique algérien repose sur ce que l'on appelle le triangle Armée-État-FLN. La cohésion entre ces trois structures assure une stabilité à l'Algérie durant les années 1970. Boumédiène meurt en 1978, mais la Constitution de 1967 ne prévoit pas de mécanismes de remplacement à la présidence. Des élections sont organisées. Elles sont remportées en février 1979 par Chadli Bendjedid qui est le seul candidat sur les rangs. Bendjedid est réélu en 1984, mais la stabilité du pays est ébranlée alors que les difficultés économiques entraînent de vives tensions entre les fondamentalistes religieux et le gouvernement. En 1988, des émeutes éclatent dans les rues d'Alger, faisant 500 morts et 3000 arrestations. Plus qu'un défi à son autorité, le président Bendjedid voit dans ces confrontations un incitatif à adopter de vastes changements sociaux. L'Algérie poursuit donc sa marche vers l'État de droit. Le 3 novembre 1988, le peuple algérien approuve avec une majorité écrasante un amendement constitutionnel qui réduit le rôle politique prépondérant du FLN en attribuant de plus amples responsabilités au premier ministre et en le rendant responsable devant le parlement. Le 9 novembre, un nouveau cabinet est formé en excluant la plupart des anciens membres. Le 22 décembre, Bendjedid est réélu à la présidence avec 81% des voix.

Dans les médias...


Josette Alia, « La course au pouvoir »

«...dès les lendemain de son élection comme candidat, le problème s'est posé de savoir si sa désignation était le fruit d'un compromis entre tendances adverses, radicale et modérée, ou si elle était le symbole d'une prise « officielle » du pouvoir par l'armée. (...) En tout cas, le colonel Chadli semble bien décidé à ne pas se contenter d'inaugurer les chrysanthèmes. Avant même d'être élu par le peuple, il a fait savoir, officieusement mais fermement, qu'il souhaiter garder le ministère de la Défense, comme l'avait fait son prédécesseur. Il serait alors chef de l'État, secrétaire général du F.L.N. et ministre de la Défense. Un beau tiercé, au départ, pour quelqu'un qui veut affirmer ses pouvoirs. Mais monte aussi l'étoile de Mohamed Salah Yahiaoui, lui aussi colonel, homme fort du Parti, qui semble devoir être le chef de file des socialistes « durs ». En somme, la crise de succession algérienne est maintenant réglée. Mais il se pourrait que la course au pouvoir soit désormais ouverte. »

Le Nouvel Observateur (France), 5 février 1979.

Hassen Zenati, « Algérie : le pari a été tenu »

«...Cette participation massive des Algériens à l'élection présidentielle constitue un nouveau plébiscite des institutions léguées par le président défunt. Dès les premiers jours qui suivirent son décès, et tout particulièrement pendant l'enterrement, on a senti nettement que pour les Algériens le premier devoir de fidélité au président Boumediene était l'attachement à la légalité constitutionnelle dans son esprit et dans sa lettre. Le nombre de « oui » s'adresse donc aussi bien au candidat du F.L.N., qu'au compagnon du président disparu. C'est d'ailleurs sur ce thème que s'est déroulée la brève campagne électorale. Dans tous les meetings d'explication, les portraits du président Chadli côtoyaient ceux du président Boumediene, pour souligner la continuité et la fidélité de l'un à l'autre. »

Afrique-Asie (France), 19 février 1979, p. 11.

« Qui est réellement le nouveau président ? »

«...À la tête de la deuxième région militaire, commandant des forces les plus importantes de l'armée algérienne, cet officier de carrière, forgé dans les maquis après avoir été dans l'armée française, s'occupait exclusivement de son fief d'Oran. Il a peu participé à la vie politique de son pays. Il passe pour un homme d'expérience, plutôt modéré, peu marqué idéologiquement. En quoi tout cela peut-il faire de lui un chef d'État ? On nous dit qu'il faudra le voir à l'oeuvre et, pour expliquer le choix de sa personne, un élément est avancé : Chadly Bendjeddid est l'officier le plus ancien dans le rang le plus élevé. C'est là qu'on peut commencer à se poser des questions. Ce genre d'arguments est courant sous d'autres cieux, en Amérique latine notamment : quand l'armée prend le pouvoir c'est en règle générale l'officier le plus gradé qui est porté à la tête de l'État. Ce n'est pas tant les qualités de tel ou tel général qui importe, mais ce qu'il représente : l'institution militaire et, derrière, les petits groupes qui la dirigent effectivement. »

Jeune Afrique (France), 14 février 1979, p. 28.

S.A., « Boumedienne's Mixed Legacy »

«...Whoever the winner turns out to be, he will need all the help he can get. Though Algeria was able to float $1 billion in loans during the six weeks that Boumedienne lay dying, its foreign debt now totals a staggering $14.7 billion. The President's ambitious program of industrialization, especially the largely automated natural gas plants, provided too few jobs for a population that has grown from 12 million to 18 million since he took over. In foreign affairs, Boumedienne lost some prestige in the Arab world by backing and providing bases for the Polisario rebels, who seek to wrest the former Spanish Sahara from neighboring Morocco and Mauritania. His successor must decide whether to continue that fight. (...) Despite those problems, Boumedienne left Algeria a considerable legacy of pride and hope. Though he was not exactly charismatic (...) he did become an aggressive international leader. He was among the first of the Arabs to nationalize precious natural resources. He acquired wide respect among non-aligned nations with his 1973 call for a new economic order, more equitably sharing the riches of the industrial nations with the Third World. That world, as well as Algeria, will especially mss him. »

Time (États-Unis), 8 janvier 1979, p. 21.

Gouvernance et gouvernement [ 9 février 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Algérie
FaibleChadli Bendjedidinformation non-pertinente

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1974 - 1984



avril
1975
Visite en Algérie du président français Valéry Giscard d’Estaing

février
1979
Élection de Chadli Bendjedid à la présidence de l'Algérie

avril
1980
Début du «printemps berbère» en Algérie

novembre
1982
Manifestation islamiste d'envergure en Algérie


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