Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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12 août 1977

Ouverture du XIe Congrès du Parti communiste chinois

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Deng Xiaoping

Le XIe congrès du Parti communiste chinois (PCC) s'ouvre un an après le décès de l'ancien secrétaire général, Mao Zedong. Il confirme la réhabilitation de Deng Xiaoping et son influence croissante au sein du PCC.

Après avoir été écarté du PCC au cours des années 1960, Deng Xiaoping effectue un retour au début des années 1970. En 1973, le Xe Congrès le réhabilite pour la première fois, alors que le PCC est sous le contrôle du secrétaire général Zhou Enlai. En janvier 1975, Deng Xiaoping est nommé vice-président du PCC, membre du Comité permanent du Bureau politique et chef de la Commission militaire centrale. Avec la mort de Zhou Enlai, en janvier 1976, plusieurs le voient comme le successeur éventuel au poste de secrétaire général. Cependant, la Bande des 4, formée par la femme de Mao et trois autres radicaux, profite de son influence auprès de Mao pour l'écarter. En avril 1976, des émeutes éclatent même sur la place Tienanmen pour protester contre Deng, accusé de sympathies « capitalistes ». Pour la seconde fois, celui-ci est démis de tous ses mandats. Le 9 septembre 1976, la mort de Mao provoque une lutte directe pour sa succession. Dans un premier temps, Hua Guofeng s'impose au détriment de Deng et fait arrêter la Bande des 4. Mais en 1977, Deng Xiaoping, porté par un mouvement populaire, est rétabli dans ses fonctions. Lors du XIe congrès du PCC, en août 1977, Hua Guofeng devient premier ministre et président du Comité central; il sera écarté du pouvoir en 1981. Quant à lui, Deng Xiaoping prononce le discours de clôture. À partir de cette date, et encore plus lors du plénum du comité central tenu en décembre 1978, il exercera une influence décisive sur l'évolution de la Chine. Aux yeux de plusieurs, il est le grand réformateur de la Chine de l'après-Mao.

Pour en savoir plus: Rapport du XIe Congrès

Dans les médias...


K.S. Karol, « Le paravent Mao »

«...De la directive de Mao : « Faire la révolution et promouvoir la production », Hua ne semble retenir que la seconde partie. Mais, peut-être, pour lui et les siens, ne s'agit-il que d'un pari historique : développons la société en nous en tenant aux recommandations de Mao, en renforçant les innovations sociales et, plus tard, ou bien une seconde « révolution culturelle » ne sera plus nécessaire, ou bien, s'il le faut, on le fera sans excès, en évitant que le Parti tout entier n'en devienne la cible, comme cela avait été le cas en 1966. Ce pari semble difficile à gagner. En 1958, lors du précédent « grand bond en avant », Mao non plus ne pensait pas à la future « révolution culturelle » et il n'a sûrement pas souhaité porter un coup à l'unité et à la « tradition » de son parti. Mais, pendant les huit années suivantes, il s'est aperçu que sa ligne supportait mal les demi-mesures, qu'on ne pouvait prêcher l'égalitarisme en feignant de ne pas voir que les rapports sociaux restaient fondés sur des inégalités terribles. Comment ne pas penser, dans ces conditions, que Hua Kuo-feng, en reculant les échéances, ne fait en réalité qu'aggraver des tensions qui risquent de rendre la prochaine « révolution culturelle » encore plus explosive que la précédente ? À moins que, pour l'éviter, il ne choisisse de reculer encore plus et d'opter pour le projet d'industrialisation de type soviétique. Mais faire cela en Chine serait vraiment une gageure...»

Le Nouvel Observateur (France), 19 septembre 1977, p. 57.

Emile Guikovaty, « Mao contre Mao »

«...M. Teng (Deng Xiaoping), s'il nourrit encore des ambitions dans sa quête du pouvoir, devra compter sur quelques chefs militaires comme le général Hsu Shih-yu, commandant la région de Canton, et, surtout, sur les cadres administratifs de l'État et du Parti. Le bruit court que le Parti « proposera » à l'Assemblée populaire qui devrait prochainement se réunir de le désigner comme Premier ministre. M. Teng se résignera-t-il à ne jouer que le rôle qui était dévolu à Chou En-lai auprès de Mao, celui de l'éternel et brillant administrateur ? Ce n'est pas l'impression qu'il donne. Les Américains qui l'ont rencontré avec M. Vance (Cyrus) l'ont trouvé alerte, le cheveu noir, le verbe acéré, capable de plaisanter sur son deuxième limogeage, celui qui le tint éloigné d'avril 1976 à août 1977. Dans cette alliance étrange qu'il forme pour le moment avec M. Hua (Kuo-feng), il ne sera pas étonnant de le sentir parfois tirer de son côté. Les vents de la rivière n'ont pas cessé de souffler. »

L'Express (France), 29 août au 4 septembre 1977, p. 37.

Léon Triviere, « Chine : le Congrès de la « seconde libération »»

«...La Révolution culturelle a créé une certaine opposition entre les « vieux cadres » et les « jeunes continuateurs de la révolution ». Beaucoup d'anciens ont connu humiliations et limogeages. Aujourd'hui, ce n'est pas une « contre-révolution culturelle », mais le retour massif d'anciens responsables, dont bon nombre de réhabilités. Dans son Rapport politique, M. Hua Kuo-feng fait allusion plusieurs fois aux « vieux cadres calomniés par la bande des Quatre, qui les disaient engagés dans la voie capitaliste, formant une bourgeoisie dans le Parti, dans l'Armée, et détenteurs d'intérêts acquis...». Aujourd'hui, la majorité écrasante des « vieux cadres » est lavée de ces calomnies et réintégrée. (...) Dirigée par des pragmatistes et des modérés, des gestionnaires et des militaires, la Chine refait son unité. Si fragile qu'elle soit, cette unité est la source d'un immense pouvoir politique, capable, si cette unité demeure, de faire de la Chine une nation socialiste moderne et puissante. Cette montée de la Chine dans le monde, le Pr Étienne Balazs, un des meilleurs historiens européens de la Chine, l'a annoncée dès 1954 : « À notre siècle russo-américain succédera un XXIe siècle chinois ». L'avenir dira s'il a eu raison. »

Études (France), novembre 1977, p. 457 et 467.

Georges Vigny, « De Teng...à Teng »

«...il faut établir si le mouvement amorcé à Pékin est conjoncturel ou si, au contraire, il repose sur une option fondamentale. À récapituler les événements en cascade depuis la mort de Chou et de Mao jusqu'au 11e congrès du Parti communiste chinois, tout plaide la thèse seconde : à savoir, la permanence de la classification, donc, la poursuite du mouvement amorcé. Un des principaux indices à relever est le cas Teng (Deng Xiaoping). On peut même avancer que la crise a éclaté avec la seconde éviction de Teng et a abouti à son retour en force ! (...) si tambours, cymbales et pétards, samedi et dimanche, hurlaient au ciel la gloire de Hua, les millions de Chinois ne voyaient que le bout apparent de l'iceberg. Car si de la « troïka » en place, le numéro un officiel est Hua et le numéro deux le maréchal octogénaire Yeh, l'homme-clé détenteur du pouvoir est le numéro trois, Teng. »

Le Devoir (Québec, Canada), 22 août 1977, p. 4.

Éditorial

«...What seems intended is the priority of production over ideology, of the army as an initiation over youthful voluntarism, of an effective state over continuing revolution, of the capable bureaucrat over the rabid zealot. Byproducts seen or anticipated are an increase in artistic expression with greater tolerance to classic Chinese and non-Chinese influence, less xenophobia, implying a reduction of the doctrine of self-sufficiency and a more open quest of imported technology; perhaps even a greater emphasis on Western medicine and less reliance on « barefoot doctors » and traditional remedies. These are shifts of degree. The attacks on the Gang of Four are attacks on the romanticism of the Chinese revolution, on the very elements so appealing to the anti-Stalinist new left in Western countries, now itself an aging phenomenon. If it sticks, the triumph of Chairman Hua may in time be compared to the victory of Stalin over Trotsky in post-Lenin Russia. But the reports of continuing turmoil and disaffection suggest that opposition remains, that the portion of Mao's legacy personified by the Gang of Four still has legatees. The struggle against the cult of struggle still has something to struggle against. »

The Sun (Baltimore, États-Unis), 24 juillet 1977.

Gouvernance et gouvernement [ 12 août 1977 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Chine
FaibleZhu DeHua Guofeng

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1972 - 1982



août
1973
Ouverture du Xe Congrès du Parti communiste chinois

janvier
1976
Décès de Zhou Enlai

juillet
1976
Tremblement de terre à Tangshan, en Chine

septembre
1976
Décès de Mao Zedong

octobre
1976
Arrestation en Chine des membres de la «bande des quatre»

août
1977
Ouverture du XIe Congrès du Parti communiste chinois

janvier
1979
Visite de Deng Xiaoping aux Etats-Unis

septembre
1980
Adoption de la politique de l'enfant unique en Chine

janvier
1981
Dévoilement du jugement dans le procès de la « bande des quatre »


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