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31 octobre 1991

Élection de Frederick Chiluba à la présidence de la Zambie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Kenneth Kaunda

Le président Kenneth Kaunda et son Parti pour l'indépendance nationale unie sont défaits lors des premières élections multipartites tenues en Zambie depuis l'indépendance, en 1964.

Dès son arrivée au pouvoir, en 1964, le président Kaunda abolit les partis car il craint le contrôle de la vie politique par le tribalisme (on recense 70 tribus en Zambie au cours des années 1990). Avec le retour de la démocratie à la suite d'un référendum, en 1990, de nombreux partis d'opposition éclosent. Ils dénoncent la situation économique et la politique étatiste du président Kaunda. Une inflation avoisinant les 200%, un chômage élevé, un secteur de pointe (le cuivre) en perdition, une aide internationale gelée depuis septembre 1991 et de faibles performances agricoles favorisent la popularité des partis d'opposition, notamment le Mouvement pour la démocratie multipartite du syndicaliste Frederick Chiluba. Ce dernier fait campagne sur le changement en proposant des privatisations, la création d'une bourse et la fin des déficits budgétaires; bref, une libéralisation de l'économie. Les arguments de Chiluba contrastent avec l'immobilisme de Kaunda. Il remporte près de 80% des voix à l'élection présidentielle, tout en faisant élire 135 députés sur une possibilité de 150. Les groupes d'observateurs du Commonwealth et de l'ancien président américain Jimmy Carter n'ont observé aucune violence pendant le scrutin. La seule anicroche décelée est la fermeture précoce des listes électorales par Kaunda immédiatement après le retour de la démocratie, ce qui aurait empêché près d'un million d'électeurs éligibles de s'inscrire.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Patrick Girard, « La chute du gentil géant »

«...Tenues sous la surveillance d'observateurs internationaux, dont l'ancien président américain Jimmy Carter, les premières élections libres zambiennes depuis l'indépendance, le 24 octobre 1964, marquent un tournant dans l'histoire de ce pays et dans celle de l'Afrique anglophone. Hormis le Botswana, où Quett Masire succéda démocratiquement à Seretse Khama le 18 juillet 1980, c'est la première fois que cette partie du continent connaît l'alternance grâce au suffrage universel, dans le respect du droit et des libertés fondamentales. Que Kenneth Kaunda en soit la première « victime » consentante est symbolique. Car le chef d'État zambien était l'un des adversaires les plus farouches du multipartisme. Jusqu'en septembre 1990, il avait vigoureusement combattu toute tentative d'abolir le système du parti unique, dans lequel il voyait l'incarnation de la « démocratie participative africaine ». Adepte d'une philosophie « humaniste » faisant, entre autres, une large place à la musicothérapie, Kaunda faisait figure de « dinosaure », incompris dans son propre pays, mais que sa stature internationale semblait protéger des aléas de la politique politicienne. »

Jeune Afrique (France), 13 au 19 novembre 1991, p. 26.

Tania Vasconcelos, « L'alternance tranquille »

«...Ce fils de mineurs (Chiluba), né à Kitwe dans le nord-ouest du pays, dans la « ceinture » du cuivre, était assez conscient de la gravité de la situation économique pour ne pas se laisser tenter par une campagne empreinte de démagogie. En promettant « du travail et de la sueur », il a choisi un parler vrai qui s'est révélé payant. En reprenant les négociations avec le Fonds monétaire international, qui, pour la énième fois, avait interrompu en septembre dernier l'aide internationale pour non-remboursement des échéances, le nouveau président entend en effet opérer un redressement économique coûte que coûte. Avec 7,8 milliards de dollars de dette et une économie excessivement dépendante du cuivre - qui représente plus de 90% des exportations du pays - la Zambie doit impérativement relever le défi de la diversification de la production, et notamment une augmentation substantielle sur le plan agricole qui, en dépit des potentialités, ne couvre pas les besoins en produits alimentaires, loin de là. »

Le Nouvel Afrique Asie (France), décembre 1991, p. 18.

Tom Post et al., « Africa : Independence II »

«...Zambia's misery proved his undoing. Riots broke out in June 1990 after the government raised food prices, leaving Kaunda with little choice : he backed off the price hike and, last December, legalized opposition parties. The strongest of them was the Movement for Multiparty Democracy - a loose confederation of businessmen, academics, trade unionists, clergymen and students - which found a presidential candidate in union leader Frederick Chiluba, 48. A onetime Marxist who studied credit management in New York, Chiluba had an easy campaign, decrying soaring unemployment and inflation and abysmal health-care and education systems. Kaunda warned that without his leadership, the nation of more than 70 different tribes would dissolve into chaos, but it did no good. A victorious Chiluba, sworn in as president last Saturday in Lusaka, the capital, offered a lesson to his neighbors : « By this election we are giving a model to the rest of Africa to show them that it is possible to change government peacefully. »»

Newsweek (États-Unis), 11 novembre 1991, p. 43.

Gouvernance et gouvernement [ 31 octobre 1991 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Zambie
IntermédiaireKenneth David KaundaMalimba Masheke

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1981 - 2001



octobre
1991
Élection de Frederick Chiluba à la présidence de la Zambie

octobre
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[Résultats] Élection présidentielle

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