Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 décembre 2018

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

17 juillet 1945

Ouverture d'une conférence des alliés à Potsdam, en Allemagne

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Harry Truman pendant la campagne de 1948
Library of Congress

Les leaders des puissances alliées impliquées dans le conflit en Europe - États-Unis, Royaume-Uni, Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) - , sont réunis à Potsdam, en Allemagne, pour discuter de la situation européenne et de la guerre qui se poursuit contre le Japon.

Bien des choses ont changé depuis la conférence de Yalta, en février, dont la présence aux côtés du soviétique Joseph Staline de l'Américain Harry Truman, successeur de Franklin D. Roosevelt, et celle du Britannique Clement Attlee, vainqueur de Winston Churchill lors des élections législatives du 26 juillet. Une série de questions sont abordées, dont celle de l'Allemagne, défaite en mai. Les modalités de l'occupation quadripartite sont précisées, ainsi que les réparations à percevoir et le transfert de populations allemandes provenant de pays de l'Est. La frontière entre l'Allemagne et la Pologne est fixée le long du fleuve Oder et de la Neisse. De plus, un Conseil des ministres des Affaires étrangères des vainqueurs de la guerre, incluant la France et la Chine, sera mis sur pied afin de préparer des traités de paix. À un autre niveau, un ultimatum de reddition sans conditions est adressé au Japon qui reçoit aussi une déclaration de guerre de l'URSS. La conférence se termine le 2 août, quelques jours avant le lancement de la première bombe atomique sur Hiroshima.

Pour en savoir plus: Communiqué final de la Conférence de Potsdam

Dans les médias...


S. A,, sans titre

«...Trois grandes puissances victorieuses se sont à nouveau réunies et ont de nouveau disposé de l'Europe sans qu'aucune nation européenne, faible ou forte, ait été invitée. Nous continuons à penser que ce n'est pas le moyen de fonder la justice ni la paix internationales. Peut-être n'est-ce même pas le moyen d'arriver à la longue à un accord réel entre puissances. (­...) Quoi qu'il en soit, le premier résultat de la Conférence - le plus visible en tout cas - est de consacrer l'ascension que l'U.R.S.S. a obtenue au prix de gigantesques sacrifices et qui l'a menée au premier rang des puissances européennes. Les avantages qui lui ont été concédés font désormais de ce pays un empire vaste et puissant, avec lequel aucune nation d'Europe ne peut prétendre rivaliser. En face de lui se dresse toujours l'empire américain. Mais c'est justement le temps des empires qui commence. Dans les cinquante années qui viendront, nous apprendrons si ce temps, comme nous le souhaitons, est une étape sur la voie de la grande société humaine, ou s'il est au contraire, un présage de mort pour notre civilisation. »

Combat (France), 5 août 1945, p. 2.

S.A., « L'Europe après Potsdam »

«...De cette rencontre historique, beaucoup croyaient, en France, et sans doute, dans les autres pays, qu'elle allait donner sa forme définitive à ce monde encore fluide qui attend d'être modelé par la main des vainqueurs. On pensait que le communiqué final allait être plus que l'ébauche, le schéma général des futurs traités de paix, et que l'Europe pourrait déjà y lire son sort. C'était là beaucoup de naïveté. Les problèmes sont trop complexes, les intérêts trop divergents pour qu'un accord engageant définitivement les parties puisse se faire en quelques jours autour d'une table; l'oeuvre de l'organisation de la paix sera longue et délicate, même dans les circonstances les plus favorables, si elle n'est pas traversée par des difficultés imprévues. Ce qui ressort du communiqué de Potsdam, c'est que les « Trois Grands » se sont accordés sur un certain nombre de points, mais que ces accords n'ont qu'une valeur provisoire et réservent l'avenir. »

Le Figaro (France), 4 août 1945, p. 1.

Paul Sauriol, « La politique alliée à l'égard de l'Allemagne »

«...Le but de l'occupation de l'Allemagne c'est d'extirper le nazisme et le militarisme de ce pays, et les Alliés réitèrent leur intention de prendre de concert des mesures telles que jamais plus l'Allemagne ne pourra menacer ses voisins ni la paix du monde. Ils ne veulent pas détruire le peuple allemand ni le réduire en esclavage, mais lui donner l'occasion de réorganiser sa vie sur une base démocratique et pacifique (...) Ces déclarations de principes ressemblent fort à celles du traité de Versailles que les Alliés d'alors n'ont pas respectées longtemps. Tous les amis de la paix souhaitent que le peuple allemand soit désintoxiqué, délivré de ses erreurs. Mais les vainqueurs prendront-ils les moyens d'arriver à ce but ? Les Trois demandent aux Allemands de s'orienter vers la démocratie, mais laquelle ? Celle de Staline ou celle des deux autres ? Car elles diffèrent comme le jour et la nuit, ce que les Soviets nomment démocratie, c'est une dictature qui ne permet aucune dissidence, ne tolère aucune liberté susceptible de contrecarrer sa doctrine et rejette complètement toute liberté de parole et de presse. Si c'est sur ce modèle que l'Allemagne doit se réorganiser, elle gardera plusieurs des aspects les plus néfastes du nazisme. »

Le Devoir (Québec, Canada), 3 août 1945, p. 1.

S.A., « The Potsdam Plan »

«...The report has some notable omissions. No reference is made to the future of the Straits, the withdrawal of allied forces in Persia, the feeding of Europe, and the French claims in the Rhineland and the Ruhr. These were certainly discussed, but apparently were held to be not yet ripe for decision. Each has its own urgency, and it may be assumed that some, at least, of the issues left unsettled at Potsdam will be referred to the new Council of Foreign Ministers. The growing anxiety over the prospects for the coming winter ought to be a spur to action, The Potsdam plan does not meet every expectation, but it offers a constructive programme over a wide area, and once more manifests the unity of purpose, if not always the unity of method, of the three major allies. Once more it is brought out that only by continued collaboration and understanding among all three will a just and enduring peace be insured. »

The Times (Royaume-Uni), 3 août 1945, p. 5.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juillet 1945 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéHarry S. Truman

Russie
FaibleMikhail KalinineJoseph Staline

Royaume-Uni
ÉlevéGeorge VIWinston Churchill

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1944 - 1950



février
1945
Ouverture de la conférence de Yalta

avril
1945
Décès du président américain Franklin Delano Roosevelt

juin
1945
Signature de la Charte de l'Organisation des Nations unies

juillet
1945
Ouverture d'une conférence des alliés à Potsdam, en Allemagne

octobre
1945
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

décembre
1945
Création de la Banque mondiale

janvier
1946
Ouverture de la première session de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies

novembre
1946
[Résultats] Élections législatives

mars
1947
Proclamation de la doctrine Truman

avril
1947
Intégration raciale du baseball majeur aux États-Unis

juillet
1947
Ouverture d'une conférence à Paris sur le Plan Marshall

septembre
1947
Création de la Central Intelligence Agency aux États-Unis

octobre
1947
Première télédiffusion d'un discours présidentiel de la Maison Blanche aux États-Unis

janvier
1948
Publication du livre « Sexual Behavior in the Human Male » d’Alfred Kinsey

mars
1948
Création de l'Organisation des États américains

novembre
1948
Élection de Harry S. Truman à la présidence des États-Unis

novembre
1948
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1948
[Résultats] Élections législatives

décembre
1948
Adoption de la Déclaration universelle des droits de l'Homme

avril
1949
Création de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord

novembre
1950
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


novembre
2018
Les États-Unis suffoquent sous la dette

novembre
2018
Le retour de Mitt Romney, républicain anti-Trump

octobre
2018
Charlottesville : un rassemblement suprémaciste blanc qui a fini en drame

octobre
2018
Cinquante ans plus tard: retour sur l'élection de 1968 et la présidence de Richard Nixon

juin
2018
L'immigration : une stratégie de mi-mandat risquée des républicains

juin
2018
Le pacte faustien de Mike Pence

mai
2018
La seconde plus longue période de prospérité américaine

avril
2018
Les mémoires de James Comey

avril
2018
Une escalade dans les tensions commerciales sino-américaines

avril
2018
Un nouveau Tea Party aux États-Unis


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016