Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 décembre 2018

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1 janvier 1959

Renversement du président Fulgencio Batista à Cuba

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Fidel Castro

La démission du président de la République de Cuba, le général Fulgencio Batista, est suivie par l'entrée à La Havane de quelques milliers de rebelles favorables à Fidel Castro. Batista était au pouvoir depuis 1952.

Après une tentative avortée contre la caserne Moncada, en juillet 1953, Fidel Castro doit quitter Cuba. Il y revient en 1956 pour reprendre la lutte contre le régime du président Batista. Les rebelles accumulent les victoires en 1958 et, le 1e janvier 1959, le dictateur annonce sa démission et son départ pour la République dominicaine. Une junte qui tente de s'emparer du pouvoir est vite écartée et le docteur Manuel Urrutia accède à la présidence du pays. Son gouvernement est reconnu par plusieurs pays dont les États-Unis. Après avoir été nommé commandant en chef de l'armée en janvier, Fidel Castro devient premier ministre le 16 février 1959. Des réformes sont lancées, notamment dans le domaine agraire, qui sont à l'origine de différends avec les États-Unis et avec le président Urrutia qui quitte ses fonctions en juillet 1959. Des tensions persistantes avec l'administration américaine seront à l'origine de représailles économiques coûteuses qui accentueront la détérioration des relations entre les deux pays. D'abord nationaliste, la révolution cubaine deviendra rapidement socialiste et servira de modèle pour une bonne part de la gauche latino-américaine.

Pour en savoir plus: Manifeste de la Sierra Maestra

Dans les médias...


Manuel Tunon de Lara, « La révolution cubaine »

«...Les hommes du « Mouvement du 26 Juillet » (...) n'ont pas fait une révolution de palais, mais une guerre de partisans, avec tout le courage, la ténacité et la sagesse qu'une telle entreprise comporte. Ils étaient peu nombreux au départ; ils ont su recueillir, pendant ces dix années d'épreuve, l'adhésion d'une nation tout entière, qui a dit son refus à la tyrannie, à la corruption, à des moeurs politiques faites de tortures et d'assassinats. Il est encore malaisé de définir la portée politique de ce « Mouvement » qui, avec la force d'un torrent tropical, change les éléments les plus hétérogènes. Certes, il y a le « Manifeste-Programme du Mouvement 26 Juillet », mais il est assez imprécis du point de vue doctrinal et il faut aussi mesurer la distance qui sépare la vision des combattants du maquis et celle des hommes appelés à gouverner un pays qui sort d'une longue période de chaos politique. »

Esprit (France), février 1959, p. 277.

Claude Julien, « Un règne d'un quart de siècle »

«...En quittant La Havane, Batista emporte ses rêves déçus, dissimulés aujourd'hui sous les images atroces de crimes et d'assassinats qui ne pouvaient pas lui permettre de réaliser ses aspirations d'autrefois. L'ancien sergent a semé la terreur et la ruine de son pays, pour finalement découvrir que la dictature n'a pas guéri les maux dont souffrait une démocratie trop fragile. Mais la terreur et la corruption, dont il avait fait ses deux principaux moyens de gouvernement ont suscité contre lui une opposition résolue dont il faut souhaiter qu'elle parvienne à instaurer maintenant à Cuba un authentique régime démocratique. (...) On a décrit les crimes de ce dictateur, aujourd'hui abandonné par ceux qui, à l'intérieur et à l'extérieur, l'ont servi pour mieux bénéficier de ses largesses. S'il n'a pas introduit la corruption à Cuba, il l'a amplifiée et en quelque sorte industrialisée. S'il n'a pas inventé la terreur politique, il l'a portée à un degré que n'avait pas atteint le dictateur Machado. »

Le Monde (France), 3 janvier 1959, p. 2.

Yvan Philip, « L'Amérique et la révolution cubaine »

«...On redoute toujours un visionnaire qui joue au Robin Hood, prenant l'argent des riches pour le donner aux pauvres, et en Amérique on a pu craindre que Castro serait trop "à gauche" ou verrait son mouvement exploité par les communistes; mais officiellement ce danger n'est pas reconnu. (...) il semble que l'intellectuel en Castro ait su se plier au réalisme : il n'a touché à aucune propriété américaine durant les 25 mois de guerre; il a laissé entendre qu'il n'était pas assez fou pour tuer la poule aux oeufs d'or : les intérêts américains seront protégés pour autant qu'ils s'accommodent de l'abolition nécessaire des iniquités existantes, qu'elles soient politiques ou économiques. Il est significatif que dans un éditorial, le New York Times rend « la politique suivie par le Département d'État, le Pentagone, l'ambassade à La Havane et une large part des entreprises américaines responsables de l'antagonisme qui pourra créer une situation diplomatique difficile » mais il ajoute que l'Amérique devra aider généreusement et compréhensivement (sic) le nouveau gouvernement cubain, au cours des prochains mois, et souhaite bonne chance à son chef spirituel, « cet extraordinaire jeune homme qu'est Fidel Castro ».

Le Devoir (Québec, Canada), 12 janvier 1959, p. 4.

S.A., « Fidel Castro - Master of Cuba »

«...it will take a lot of work to get Cuba back to normal. Looters have done much damage in Havana. Communications in half of the island have been largely destroyed. With the sugar crop due to be harvested in a couple of weeks, there are the tasks of getting workers out of the rebel armies and into the cane fields and of repairing roads and railways so that the crop can be shipped. Although a Red radio broadcast urged Cuba's 10,000 Communists to get in on the ground floor of revolution, U.S. officials are convinced that the role of the Reds is not too important now. Who will prove to be the real winners in the swift change of governments is still uncertain. But it is certain that Cuba, the nearest offshore neighbor of the United States, is in for a period of trial and difficulties before the events that have been set in motion take a clear course. »

US. News and World Report (États-Unis), 9 janvier 1959, p. 33.

Gouvernance et gouvernement [ 1 janvier 1959 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Cuba
TransitionAnselmo Alliegro y MiláGonzalo Güell Morales de los Ríos

États-Unis
ÉlevéDwight D. Eisenhower

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1954 - 1964



janvier
1959
Renversement du président Fulgencio Batista à Cuba

janvier
1962
Exclusion de Cuba de l'Organisation des États américains

octobre
1962
Dévoilement par le président américain de la présence de missiles soviétiques à Cuba


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