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26 février 1988

Assermentation du président Roh Tae-woo en Corée du Sud

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Roh Tae-woo

Après avoir été élu le 16 décembre 1987 à la suite d'une campagne basée sur la réforme démocratique des institutions politiques, Roh Tae-woo est assermenté à tête de l'État sud-coréen le 26 février 1988.

L'élection de Roh Tae-woo constitue la première transition pacifique et démocratique des pouvoirs politiques en Corée du Sud depuis l'indépendance, en 1948. Son prédécesseur, le major général Chun Doo-hwan, avait pris le pouvoir par la force en 1980. Il passe plusieurs années à la tête du pays avant d'accepter la tenue d'élections libres après la contestation populaire de juin 1987. Tenu en décembre 1987, le scrutin est remporté par un protégé de Chun Doo-hwan, le général Roh Tae-woo. Il obtient 35,9% des votes. Toutefois, aux législatives du 26 avril 1988, une coalition des partis d'opposition empêche le parti présidentiel d'obtenir la majorité à l'Assemblée nationale, brisant l'emprise exercée par le Parti justice et démocratie (anciennement Parti démocrate-républicain) depuis les élections de 1963. À son inauguration, le 26 février 1988, le président Roh Tae-woo proclame l'adoption d'un amendement constitutionnel libéral cautionné par un référendum tenu à l'automne 1987. Il institue le multipartisme, l'élection directe du président, qui servira un mandat simple de cinq ans, une protection contre les arrestations arbitraires, la liberté d'expression, de presse et d'association et la création d'une cour constitutionnelle. Le président souhaite aussi une réunification pacifique de la péninsule coréenne, basée sur des principes de liberté et de démocratie. Cet amendement constitutionnel ouvre la voie à la sixième république sud-coréenne, qui demeure en vigueur au début du XXIe siècle.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean Leclerc du Sablon, « Séoul : la démocratie explosive »

«...Ils n'ont pas voté pour le socialisme ou le conservatisme. Mais pour préserver ce qu'ils ont gagné au prix d'un travail acharné et d'une discipline militarisée : un revenu par tête dix fois plus élevé qu'il y a seize ans. Et pour jouir des libertés qu'on leur a tant mesurées en raison du danger communiste en Corée du Nord, et de la bataille économique qui permet aujourd'hui au Sud de talonner le Japon. S'ils penchaient plus pour le maintien de la « stabilité », ils ont apporté leurs voix à Roh Tae-woo, ex-général putschiste de 55 ans, qui a eu le flair de reconnaître les aspirations démocratiques d'une nation en fièvre pendant les manifestations de juin dernier contre la « dictature ». Ceux qui, tout en chérissant leur prospérité de classes moyennes, ne veulent plus voir les militaires se mêler de tout ont voté pour Kim Young-sam, politicien professionnel de 59 ans, qui jouit de l'appui de certains milieux d'affaires. Son ex-allié, Kim Dae-jung, âgé de 63 ans, déjà candidat en 1971, bête noire des militaires, qui n'ont cessé de le martyriser, se présente, avec fougue et charisme, comme le défenseur des laissés-pour-compte de la croissance. »

L'Express (France), 25 décembre 1987, p. 16.

Guy Cormier, « Les Kim de Corée »

«...C'est à elle-même que l'opposition devrait d'abord s'en prendre pour avoir été incapable de présenter un front uni. Dès la fin de septembre, il était devenu apparent que les deux principaux « Kim » étaient incapables de s'entendre. On peut dire que dès ce moment tout était joué. La déception des électeurs, déjà sensible au début d'octobre, était d'autant plus fondée que les résultats de l'élection du 16 décembre prouvent que l'opposition divisée a reçu plus de voix que le candidat gouvernemental. Celui-ci, après les violentes manifestations des étudiants le printemps dernier, avait décidé de se déguiser en démocrate. Son programme annonce la démocratisation du parti, du gouvernement, de l'administration, de l'armée. Conversion tardive, commandée par des considérations inspirées par la nécessité de faire une bonne impression sur l'étranger, à quelques mois des Jeux olympiques d'été, qui doivent se tenir à Séoul ? Peut-être. Mais qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Tant pis si la démocratie ne peut entrer en Corée que par le chemin ouvert par les athlètes de tous les pays. »

La Presse (Québec, Canada), 18 décembre 1987, p. B2.

John Greenwald, « A Vote For Stability »

«...After Roh's victory, man Koreans were calling for an era of reconciliation. In a sense, the election represented a struggle between the autocratic and faction-ridden South Korea of the past four decades and the democratic industrial state that is trying to be born. Roh's common man approach may be just what is needed to speed the transition. « Roh is not vastly popular, » notes Alan Romberg, a senior fellow for Asian studies at the Council on Foreign Relations. « Nor is he vastly unpopular. » Romberg said voters turned to Roh as the « man who could keep the country on course for prosperity and stability. » Roh may also represent something deeper. Throughout much of their history, Koreans have held strong feelings against past conquerors and injustices. Such resentment is known in Korean as han. More recently, South Korea adopted a jaunty, animated tiger called Hodori as the symbol of the Seoul Olympics and the national spirit. In the race between the backward-looking han and the ever optimistic Hodori, last week's election may be a sign that the tiger has bounded ahead. »

Time (États-Unis), 28 décembre 1987, p. 25.

Gouvernance et gouvernement [ 26 février 1988 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
IntermédiaireRoh Tae-wooLee Hyun-jae

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1983 - 1993



juin
1987
Levée de l'état d'urgence en Corée du Sud par le président Chun Doo-hwan

décembre
1987
[Résultats] Élection présidentielle

février
1988
Assermentation du président Roh Tae-woo en Corée du Sud

avril
1988
[Résultats] Élections législatives

septembre
1988
Ouverture des Jeux olympiques de Séoul

septembre
1991
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

mars
1992
[Résultats] Élections législatives

décembre
1992
[Résultats] Élection présidentielle


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