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17 août 1996

Annonce d'un plan de paix au Liberia

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Des discussions tenues entre les leaders des principales factions armées du Liberia mènent à l'adoption d'un plan de paix. Le 3 septembre 1996, Ruth Perry est assermentée chef intérimaire d'un gouvernement de transition.

Le 2 septembre 1995, après 6 années de guerre civile, les principales factions armées du Liberia s'entendent pour former un gouvernement transitoire. Un Conseil d'État est créé pour diriger le pays jusqu'à ce que des élections démocratiques aient lieu. Mais la rivalité demeure forte entre les factions qui ne s'entendent pas sur la composition du Conseil d'État. En avril 1996, la guerre civile connaît ses moments les plus violents. Le processus de négociation entre les factions, piloté par la communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (ECOWAS), se poursuit néanmoins. À Abuja, le 31 juillet, lors d'un sommet organisé par le général Sani Abacha, chef d'État nigérien et président de l'ECOWAS, les trois principales factions concluent un cessez-le-feu. Charles Taylor, leader du National Patriotic Front of Liberia (NPFL), Alhaji Kromah, leader du ULIMO-K (une faction de l'ethnie Krahn) et George Boley, qui dirige le Liberian Peace Council, signent un accord appelant à la coopération avec la force de maintien de la paix de l'ECOWAS. Il prévoit aussi la création d'un nouveau Conseil d'État sur lequel les trois groupes siègeront. Le 17 août, les leaders des États d'Afrique de l'Ouest annoncent qu'un plan de paix a été arrêté pour le Liberia. Le 3 septembre, Ruth Perry devient la première femme chef d'État du pays. Elle assurera la transition démocratique du pays jusqu'aux élections de juillet 1997 qui portent Charles Taylor à la présidence.

Pour en savoir plus: Accord d'Abuja

Dans les médias...


Julia Ficatier, « Liberia »

«...(Ruth Perry) est connue pour son « énergie redoutable et son indéfectible optimisme », croyant, envers et contre tout, à la paix pour son pays. Mais saura-t-elle se faire entendre des chefs de guerre qui ont mis le Liberia à feu et à sang ? Ces derniers ont fait allégeance à Ruth, lui disant : « Tu es notre mère et nous allons coopérer avec toi. » Une manière toute africaine de montrer leur respect. Mais la tâche est ardue pour la nouvelle présidente du Liberia, appuyée dans son accession au pouvoir par les femmes libériennes qui n'en peuvent plus de la guerre. Elles ont défilé dans les rues de Monrovia en brandissant des pancartes avec leur proclamation de foi « Les femmes peuvent faire la paix »... Ruth Perry a également à ses côtés les présidents africains de la région. Dans un premier temps, il s'agit pour elle de superviser le désarmement et la démobilisation des quelque 600 000 combattants et de diriger le pays en attendant l'organisation d'élections libres. Le problème du Liberia, c'est encore l'âge des combattants au sein des factions : ils sont pour la plupart des enfants, des adolescents, proie facile des chefs de guerre qui font appel à eux au gré de leur désir de combats. »

La Croix (France), 6 septembre 1996, p. 8.

Thomas Sotinel, « Le Liberia espère sortir de l'enfer »

«...Avec les combats d'avril-mai 1996, qui ont détruit en grande partie sa capitale, Monrovia, le Liberia a touché le fond. De la plus vieille République du continent africain, fondée en 1847 par des esclaves revenus des Etats-Unis, il ne reste que le territoire et une population martyrisée : 150 000 morts sur 3 millions d'habitants en six ans de guerre, 800 000 réfugiés essentiellement dans les pays voisins, 700 000 déplacés à l'intérieur du pays, des factions armées qui ont transformé des pans entiers de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest en camps de travail forcé. De l'Etat, de l'économie, de la société, ne subsistent que quelques vestiges déformés par six ans d'une guerre sordide, dont le moteur est l'avidité de quelques chefs de factions militaires et le carburant la cruauté démente de combattants souvent recrutés avant l'âge de raison. Cette fois, on voudrait croire que le Liberia va enfin échapper à cette descente aux enfers. Une hypothèse optimiste qui s'appuie sur le changement du contexte international, qui n'a jamais été aussi favorable à une issue pacifique. »

Le Monde (France), 29 août 1996, p. 11.

S.A., « Une nouvelle chance pour le Liberia »

«...Le 17 août, les chefs d'État de l'Ouest africain ont mis au point, avec les principaux seigneurs de la guerre libériens, les bases d'un cessez-le-feu permanent, préalable à l'organisation d'élections générales au printemps prochain. Cette fois, il semble avoir de sérieuses raisons d'optimisme. L'accord renferme suffisamment d'éléments contraignants pour en rendre l'application effective. La paix au Liberia a été piétinée par des factions qui ont massacré et déplacé des millions de personnes dans une recherche effrénée de pouvoirs et de richesses. Les trafics du caoutchouc, des bois précieux, des diamants ou de l'or permettent, en effet, d'amasser des fortunes considérables. Et les diverses bandes armées ne se sont sauvagement combattu que pour imposer leur contrôle exclusif sur ces sources de profit. Le nouveau traité est précisément conçu pour briser pareil engrenage. Il comporte des mesures dissuasives claires. »

The Washington Post (États-Unis), traduit et reproduit dans Jeune Afrique (France), 28 août au 3 septembre 1996, p. 11.

Gouvernance et gouvernement [ 17 août 1996 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Liberia
TransitionWilton G. S. Sankawulo

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1986 - 2006



septembre
1990
Assassinat du président libérien Samuel K. Doe

août
1996
Annonce d'un plan de paix au Liberia

octobre
2005
[Résultats] Élection présidentielle

octobre
2005
[Résultats] Élections législatives

janvier
2006
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