Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 novembre 2018

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5 juillet 1977

Renversement du gouvernement de Zulfikar Ali Bhutto au Pakistan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Zufiqar Ali Bhutto

À la suite des élections de mars 1977, jugées frauduleuses par l'opposition, des manifestations violentes et des grèves éclatent au Pakistan. Pour éviter la guerre civile, le général Mohammad Zia ul-Haq orchestre un coup d'État et renverse le gouvernement du premier ministre Zulfikar Ali Bhutto.

En prévision des élections générales du 7 mars 1977, neuf groupes d'opposition s'unissent pour créer la Pakistan National Alliance (PNA). Lorsque les résultats confirment la victoire écrasante du Parti populaire du Pakistan (PPP) de Bhutto, la PNA dénonce fermement les fraudes électorales et entame une série de manifestations violentes et de grèves. Des accrochages avec les supporteurs du PPP font plus de 200 morts. L'armée intervient pour rétablir l'ordre, mais les violences continuent. Pour éviter la guerre civile, le général Zia ul-Haq orchestre un coup d'État le 5 juillet 1977 et renverse le gouvernement de Bhutto. De nombreux dirigeants sont arrêtés, dont Bhutto et des leaders du PNA. La loi martiale est instaurée. Après avoir promis de redonner le pouvoir à un gouvernement civil à la suite d'élections prévues en octobre, Zia déclare qu'un nouveau scrutin ne pourra être tenu avant que la justice ne se soit prononcée sur les nombreuses charges criminelles pesant sur Bhutto et ses anciens lieutenants. Le 6 juillet, une proclamation dissout les assemblées législatives, accorde tous les pouvoirs de décision aux administrateurs de la loi martiale et exhorte les organes du pouvoir judiciaire à ne plus questionner les ordres de l'exécutif. Zia procédera par la suite à l'islamisation du Pakistan à travers une série de réformes.

Pour en savoir plus: Manifeste du Parti du peuple pakistanais

Dans les médias...


André Pautard, « Pakistan : l'armée a tranché »

«...« J'admire Napoléon, mais je crains Bonaparte... » D'un mot incisif et paradoxal, M. Ali Bhutto, Premier ministre pakistanais, résumait souvent, ainsi, ses ambitions et leurs limites. Le coup d'État militaire du 5 juillet, qui vient de le jeter en prison, justifie ses inquiétudes. Après quatre mois de crise, l'Armée prend les rênes d'un Pakistan déchiré entre un gouvernement légal privé d'autorité et une opposition dépourvue d'unité et de programme. Lorsque les mécanismes du pouvoir s'enrayent et que le dialogue politique se réduit à des cris de haine ponctuant de sanglantes émeutes, alors surgissent les Bonapartes. M. Bhutto lui même l'avait récemment prédit... (...) Il (général Zia Ul Haq) jure qu'il n'a personnellement aucune ambition et que son seul dessein est de préparer « des élections libres et honnêtes ». Mais, en même temps, il condamne les « questions politiques » qui ont rendu nécessaire cette intervention. Curieux mélange de protestations, de serments. D'aveux aussi : pour un soldat, la vie politique normale ressemble tellement à une querelle... Et le pouvoir offre tellement de séduction, surtout dans ce pays placé aux carrefours des convoitises stratégiques, des intrigues internationales et des conflits larvés... »

L'Express (France), 11 au 17 juillet 1977, p. 40.

Jean Pellerin, « Retour à la dictature au Pakistan »

«...À cause de l'impasse où se trouve le Pakistan depuis maintenant plus de trois mois, le coup d'État d'hier matin apparaît comme un aboutissement malheureux, mais logique. Le régime Bhutto et ses farouches opposants restent gros Jean comme devant : les dirigeants des deux clans se retrouvent dans les geôles de la soldatesque. Vue de ce côté-ci de la planète, la situation paraît pour le moins ambiguë. L'opposition avait apparemment de sérieuses raisons de croire que les élections générales de mars dernier avaient donné lieu à de graves irrégularités. Mais, de son côté, le premier ministre Bhutto avait également de sérieuses raisons de croire qu'il ne devait pas sa confortable majorité au seul fait des irrégularités. Avec ou sans fraude, il disposait, dès le départ, d'une majorité assurée, et c'est sans doute cette donnée des sondages qui l'amena à résister aux assauts d'une opposition qui apporte plus de passion que de raison à son action. Mais le premier ministre eut beau faire des concessions et apporter des suggestions concrètes pour susciter un compromis, l'opposition préféra durcir ses positions, se murant, en quelque sorte, dans une irréductibilité stérile. »

La Presse (Québec, Canada), 6 juillet 1977, p. A4.

Éditorial

«...Then, last March, came the elections. Mr. Bhutto won all right, or, rather, he won with extremely questionable rightness. The charges of rigging were so strong that his leadership was more in doubt than ever. A referendum on his continuance in office was to have settled it, but, as has happened in so many other times and places, it was yet another military coup that decided Pakistan's next government. Like most such juntas, the council of generals now running Pakistan under the leadership of Muhammad Zia Ul-Haq, promises elections, an end to martial law and a return to civilian control. Neither history nor a glance at what's going on right now in national capitals from Argentina to Angola is encouraging (...) The moment never seems to come when things are stable enough to loosen the reins. Still, there are happy surprises here and there. If, as it appears, India can make a successful transition from a repressive regime to a comparatively free one, maybe Pakistan can. »

The Washington Star (États-Unis), 13 juillet 1977.

Gouvernance et gouvernement [ 5 juillet 1977 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pakistan
FaibleFazal Elahi ChaudhryMohammad Zia ul-Haq

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1972 - 1982



mars
1977
[Résultats] Élections législatives

juillet
1977
Renversement du gouvernement de Zulfikar Ali Bhutto au Pakistan


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