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3 juin 2001

Élection d'Alejandro Toledo à la présidence du Pérou

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Alejandro Toledo

Le candidat du parti Pérou possible, Alejandro Toledo, remporte la victoire au deuxième tour de l'élection présidentielle contre Alan Garcia Perez de l'American Popular Revolutionary Alliance. L'arrivée à la présidence de ce descendant amérindien marque un retour à la démocratie et le début d'une période de stabilité au Pérou.

Cette élection survient après la chute du président Alberto Fujimori. Celui-ci avait été élu pour un troisième mandat en 2000 dans un climat de suspicion. Accablé par des scandales de corruption, Fujimori a finalement quitté la présidence le 16 novembre avant de s'enfuir au Japon. Valentin Paniagua Corazao le remplace à la tête de l'État le 22 novembre, poste qu'il occupe jusqu'à l'élection présidentielle. Lors du premier tour de scrutin, le 8 avril 2001, aucun candidat ne peut obtenir la majorité, Toledo recueillant 36,5% des voix alors que son plus proche rival, Alan Garcia Perez, plafonne à 26%. C'est au second tour, le 3 juin 2001, que Toledo est déclaré vainqueur avec 53,1% des votes. Au cours de la campagne, Toledo promit notamment de s'attaquer à la corruption dans le gouvernement, d'améliorer l'éducation et la santé et de créer des emplois pour contrer la pauvreté dans le pays. La descendance amérindienne du nouveau président et ses origines pauvres lui ont par ailleurs assuré les votes de nombreux Péruviens ayant les mêmes racines que lui. Contrairement à celle de 2000, cette élection est qualifiée de libre et honnête («open and clear») par les observateurs internationaux présents sur le terrain. Toledo prendra finalement le pouvoir le 28 juillet 2001.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Véronique Kiesel, « Les électeurs ont choisi Toledo »

«...Toledo était donné grand favori au début de la campagne, mais le retour d'Alan Garcia, en exil depuis neuf ans pour fuir des ennuis avec la justice pour suspicion de corruption, désormais prescrits, avait bousculé tous les pronostics : crédité en janvier dernier de 5 % seulement d'intentions de vote, il avait réussi à se hisser au deuxième tour et à mettre en danger le populaire Toledo, en accumulant notamment des coups bas : Garcia reprochait publiquement à Toledo d'aimer la cocaïne et de ne pas avoir reconnu un enfant illégitime. Toledo, de son côté, avait concentré ses attaques sur la désastreuse première présidence de Garcia, qui avait laissé en 1990 le Pérou exsangue. La présidence passée d'Alan Garcia n'avait en effet rien d'encourageant : le pays s'était retrouvé ravagé par une hyperinflation, abandonné par les institutions financières internationales et plongé dans la terreur d'un terrorisme omniprésent. Alan Garcia, en véritable animal politique, avait récemment reconnu lui-même à la télévision avoir commis alors des erreurs, et il avait demandé pardon aux Péruviens. Mais cette habileté politique n'a pas convaincu les Péruviens, qui ont finalement préféré Toledo, même si 13 % des électeurs ont choisi de voter nul ou blanc. »

Le Soir (Belgique), 5 juin 2001.

Irène Jarry, « Courte victoire d'Alejandro Toledo »

«...Ce que l'éditorialiste de la revue Somos appelle un « mariage de raison » entre une population désenchantée et celui qu'elle a considéré comme le moins mauvais des candidats ne sera vraisemblablement suivi que d'une courte lune de miel. La demande sociale des Péruviens est si forte que, faute d'actions concrètes rapides, le mécontentement pourrait lancer les déçus dans la rue. Alejandro Toledo, qui va prendre ses fonctions le 28 juillet prochain pour un mandat de cinq ans, reçoit un pays dans une situation extrêmement difficile où la corruption généralisée a totalement discrédité les classes politiques et dirigeantes. Il va devoir réactiver une économie paralysée dès l'annonce par le président Fujimori, il y a deux ans, de se présenter pour un troisième mandat. Le nouveau chef de l'État va aussi devoir consolider une démocratie mise à mal par dix ans de fujimorisme. »

Le Figaro (France), 5 juin 2001, p. 2.

Jean-Hébert Armangaud, « Pérou : Toledo tourne la page Fujimori »

«...Ce n'est pas une pique de l'un de ses adversaires, mais l'aveu un rien naïf de l'un de ses conseillers: « Alejandro Toledo est encore novice en politique. » Celui qui a été élu dimanche président du Pérou manque d'expérience. Elle lui fera défaut pour redresser un pays en pleine crise économique et miné par les dix ans de dictature d'Alberto Fujimori, l'ancien président (1990-2000), destitué, aujourd'hui en exil au Japon. (...) « Toledo est très peu charismatique, il suinte l'ennui, poursuit l'analyste Gonzalo Quijandria, alors il a basé toute sa stratégie sur ses origines, sur le gamin cireur de chaussures qui réussit, le pauvre des Andes qui triomphe.» Dans son discours sur « l'économie de marché à visage humain », Il se veut le « président de l'Education », ministère dont il promet de doubler le budget. Le pourra-t-il? Son équipe hétéroclite mêle des sociaux-démocrates et des purs libéraux. Son parti, Peru Posible, fondé en 1995 par celui qui n'était encore qu'un inconnu, n'avait à l'époque pas d'autre programme que l'opposition à Fujimori. »

Libération (France), 5 juin 2001, p. 8.

Gouvernance et gouvernement [ 3 juin 2001 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Pérou
TransitionValentín Paniagua CorazaoJavier Pérez de Cuéllar

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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Élection d'Alejandro Toledo à la présidence du Pérou

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[Résultats] Élection présidentielle

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2006
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