Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 novembre 2018

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25 février 1990

Élection de Violeta Chamorro à la présidence du Nicaragua

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Violetta Chamorro

Les élections annoncées un an plus tôt par le président nicaraguéen Daniel Ortega se soldent par la victoire de Violeta Chamorro. Cette femme de 50 ans est à la tête de l'Union nationale (UNO), une coalition de partis d'opposition qui remporte également les législatives qui se déroulent le même jour.

Déjà occupé à se défendre contre les contras, des rebelles qui reçoivent l'appui de Washington, le gouvernement sandiniste de Daniel Ortega fait aussi face à des difficultés économiques au cours des années 1980. En effet, l'embargo total imposé en 1985 par les États-Unis fait mal aux sandinistes qui consacraient alors plus de 40 % du budget national à l'armement. À bout de souffle, le président Ortega profite d'une réunion des chefs d'État d'Amérique centrale pour se prononcer en faveur de la démocratisation du pays. Il annonce la tenue d'élections présidentielle et législatives qui auront lieu le 25 février 1990. La présidentielle se solde par la victoire surprise de Violeta Chamorro, leader de l'UNO, une coalition de 14 partis d'opposition. Chamorro obtient 54,7 % des suffrages contre 41,5 % pour Ortega. Les législatives confirment le succès de l'UNO qui obtient 51 sièges contre 39 pour les sandinistes. L'impopularité du service militaire obligatoire est un des facteurs qui ont joué contre le gouvernement. L'opposition avait d'ailleurs basé sa campagne sur l'importance de la paix et de la « concorde nationale ». Assermentée le 25 avril 1990, Violeta Chamorro devra faire face elle aussi à de graves problèmes économiques ainsi qu'à l'opposition d'une fraction importante de la population qui supporte toujours les sandinistes.

Dans les médias...


Marcel Péju, « Nicaragua : la divine surprise de Violeta »

«...Dès lors que Daniel Ortega avait choisi de jouer le jeu des élections libres, il ne pouvait moins faire que d'en accepter le verdict. Il a su le faire avec élégance, concédant rapidement la victoire à sa rivale et appelant, du même mouvement, à la réconciliation nationale. Violeta Chamorro lui a fait écho, assurant même qu'il n'y avait « ni vainqueurs, ni vaincus », tous les Nicaraguayens ayant « gagné une démocratie ». Et le président Bush n'a pas été en reste, téléphonant à celui qu'il traitait naguère d' « animal faisant irruption dans une garden-party » pour le « féliciter de la manière dont l'élection avait été conduite et dont il en avait accepté les résultats ». Dans ce concert un peu trop idyllique, il faut évidemment faire la part de l'émotion des uns et des autres devant l'inattendu. Il n'en reflète pas moins une réalité plus complexe qu'on n'a parfois tendance à la décrire : qu'il s'agisse de la nature du régime sandiniste ou de la signification de sa défaite. »

Jeune Afrique (France), 12 mars 1990, p. 56.

Pierre Blanchet, « L'heure éblouissante de Violeta »

«...Es secreto ! » Hé oui ! C'était secret. Et le secret était bien gardé. Si bien gardé que les Nicaraguayens en sont restés knock-out, ahuris par ce qu'ils ont osé : voter massivement contre les sandinistes. (...) Le 25 avril prochain, Dona Violeta Barrios de Chamorro deviendra présidente de la République du Nicaragua. Sera-t-elle à la hauteur ? Paradoxalement, beaucoup de spécialistes pensaient, avant que les Nicaraguayens n'en décident autrement, qu'une courte victoire du Front sandiniste était préférable à une victoire de l'opposition. D'abord parce que Daniel Ortega et son équipe avaient montré qu'ils avaient opté pour le pluralisme et définitivement choisi la paix contre la guerre. Mais surtout parce que l'UNO ne semblait pas prête. Rassemblement de quatorze partis, du parti communiste aux conservateurs, l'UNO regroupe nombre de politiciens d'avant la chute de Somoza. »

Le Nouvel Observateur (France), 1e au 7 mars 1990, p. 42-43.

Albert Juneau, « La défaite des sandinistes »

«...D'aucuns ont souhaité que le vainqueur l'emporte de justesse de manière à susciter la formation d'un gouvernement d'union nationale et à éviter ainsi la poursuite de luttes fratricides. Au contraire, il fallait un verdict sans équivoque qui accorde une légitimité incontestable au nouveau pouvoir. D'autant que la consultation populaire s'est déroulée sous l'oeil attentif de quelques milliers d'observateurs étrangers. Certes, pour l'heure, les sandinistes continuent de contrôler l'administration et l'armée, mais ils seraient mal venus, après ce jugement des urnes, d'obstruer indûment l'exercice de la démocratie. L'élection de dimanche met fin définitivement à la guerre civile. Il importe donc de démanteler enfin les contingents des contras et de réduire sensiblement les effectifs militaires du gouvernement. Bref, il doit être clair maintenant pour toutes les forces en présence, que la lutte se déroule exclusivement sur le terrain politique. »

Le Devoir (Québec, Canada), 27 février 1990, p. 6.

Éditorial

«...There is every reason to expect that she (Chamorro) will be magnanimous in victory. Having lost her husband to an assassin's bullets during the instability leading up to Anastasio Somoza's overthrow, and having seen her own family's political loyalties fractionalized, there is no reason to doubt the conciliatory sentiments she has repeatedly expressed. After more than a decade of instability and fighting, it is high time that the excesses of the Somoza regime and the Sandinista dictatorship were consigned to history, instead of being repeated. Despite the fact that over 30,000 Nicaraguans have died as a result of violence in the last 10 years, there appears to be hope insofar as the brutal death-squad-type retributions that have plagued other countries do not seem to have been quite as vicious in Nicaragua. But social peace will prevail only if the Nicaraguan people are given relief from their hunger and hopelessness. »

The Dallas Morning News (États-Unis), 25 avril 1990.

Gouvernance et gouvernement [ 25 février 1990 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Nicaragua
FaibleDaniel Ortega

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1985 - 1995



février
1990
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