Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

13 novembre 2018

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10 février 1993

Élection d'Albert Zafy à la présidence de Madagascar

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Didier Ratsiraka

Après 18 mois d'existence, le gouvernement transitoire d'union nationale créé le 1e novembre 1991 à Madagascar cède la place à Albert Zafy, vainqueur au second tour de l'élection présidentielle (10 février 1993) avec 66,6% des votes.

Le gouvernement prosoviétique de Didier Ratsiraka entre en fonction en 1975, à la suite de l'assassinat du président Richard Ratsimandrava. Jusqu'à la chute du mur de Berlin, en 1989, la censure prévaut et l'opposition est réduite au silence par la répression militaire et un cadre constitutionnel instaurant le monopartisme. À la suite du relâchement du contrôle gouvernemental, au début des années 1990, un regroupement de plusieurs partis d'opposition, le Comité des forces actives, voit le jour. Avec à sa tête Albert Zafy, il orchestre cinq putschs ratés contre le président Ratsiraka et fomente plusieurs grèves générales dans les rues de la capitale. Après que l'armée ait tiré dans un attroupement de grévistes incluant Zafy, Ratsiraka suspend la Constitution et accepte de former un gouvernement d'union nationale avec les Forces actives. La nouvelle Constitution, adoptée par référendum en août 1992, réintroduit le multipartisme et réduit les pouvoirs du président afin de les rendre compatibles avec un régime parlementaire. De plus, elle tient aussi compte de l'élément «communautaire». Par exemple, lorsque le président est d'ethnie «côtière», le premier ministre doit être de la seconde ethnie en importance, les «merinas», et vice-versa. Après avoir obtenu 45% au premier tour de scrutin (25 novembre 1992), Albert Zafy remporte la victoire au deuxième tour avec 66,6% des voix. Il restera u pouvoir jusqu'en 1996.

Dans les médias...


Félix Rabemora, « Madagascar, fin d'une « transition » »

«...L'amiral Ratsiraka Didier, qui incarnait les destinées de Madagascar depuis 1975, laisse derrière lui un pays à la dérive. Avec son économie sinistrée, sa société déstructurée, et dans une situation politique incertaine, la « Grande Ile » n'a jamais été aussi mal en point; et rien n'indique que sa dérive puisse être enrayée dans un avenir prévisible. (...) Ce vote semble avoir exprimé davantage un rejet du passé qu'une adhésion forte à la personne du nouveau Président. Non que l'intégrité de ce dernier soit mise en cause, mais des doutes subsistent sur sa capacité à assumer sa nouvelle fonction et, plus encore, sur l'honnêteté et les compétences de membres influents de son entourage. » (...) Après d'autres pays d'Afrique, Madagascar a donc réussi à se défaire sans trop de violences d'un régime oppressif, corrompu et inefficace. En dépit de ses lenteurs et de ses errements, la transition a pu être menée à terme et laisse la place à de nouvelles institutions, dont l'objectif déclaré est de consolider la démocratie naissante et de réaliser enfin le développement économique du pays. Les conditions d'une telle ambition sont-elles réellement réunies dans la Grande Ile ? »

Études (France), mai 1993, p. 591 et 596.

Olivier Ramahatra, « Le triomphe de Zafy »

«...Le scrutin présidentiel, qui a consacré la victoire du professeur Albert Zafy face au président sortant, Didier Ratsiraka, comporte, aux yeux des observateurs unanimes, trois enseignements majeurs. Le respect de la légalité et un progrès incontestable dans l'assimilation et la maîtrise des techniques et des instruments électoraux dans les villes et les campagnes ont été constatés. Les conditions de sérénité dans lesquelles le scrutin s'est déroulé confirment la maturité et le sens civique des citoyens. Il faut, sans doute, voir là l'aboutissement de l'exceptionnel effort pédagogique mené de concert pas les pouvoirs publics, les ONG nationales et la commission internationale de justice. L'élection présidentielle a sanctionné Didier Ratsiraka. Il a suffi à Albert Zafy et à son entourage d'effectuer un long périple à travers l'île en 1992, afin de se faire connaître dans les villes les plus reculées, pour apparaître comme le candidat anti-Ratsiraka idéal. (...) Ces acquis doivent cependant être confirmés pendant les élections législatives, prochaine pierre dans l'édification de la IIIe République malgache. »»

Le Nouvel Afrique-Asie (France), avril 1993, p. 12.

Elimane Fall, « Que va faire Ratsiraka ? »

«...Si les fruits devaient tenir la promesse des fleurs, la preuve serait en tout cas faite que les Malgaches ont manifestement voulu, dans cette consultation, voter pour l'homme qui à leurs yeux incarne le changement auquel ils aspirent depuis déjà fort longtemps. L'élection d'Albert Zafy se situerait alors dans le droit fil de la contestation qui s'est développée au cours de ces deux dernières années et dont le professeur de chirurgie était l'une des figures emblématiques. Elle marquerait aussi la préférence de la Grande Ile pour un Albert Zafy militant de la rupture avec le système politique mis en place par Didier Ratsiraka depuis 1975. Un Albert Zafy qui engrangerait les dividendes politiques d'une opposition sans failles à l'hôte du palais présidentiel de Iavohala. En attendant, une certitude demeure : par leur participation nombreuse et active au scrutin, les Malgaches ont montré qu'ils étaient désormais conscients des enjeux de la consultation. »

Jeune Afrique (France), 18 au 24 février 1993, p. 9.

Gouvernance et gouvernement [ 10 février 1993 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Madagascar
ÉlevéDidier RatsirakaGuy Razanamasy

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

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[Résultats] Élection présidentielle

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[Résultats] Élections législatives

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