Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 décembre 2018

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20 novembre 1945

Ouverture du procès de Nuremberg

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Procés de leaders nazis à Nuremberg
The National Archives

Un tribunal militaire international est réuni à Nuremberg, en Bavière, afin de faire le procès d'hommes politiques, de militaires et d'organisations allemandes accusés de crimes de guerre. Il sera suivi par la presse du monde entier jusqu'à son dénouement, en octobre 1946.

Le procès de Nuremberg débute six mois après la capitulation de l'Allemagne, pendant que les forces d'occupation procèdent à la dénazification du pays et à l'élaboration de nouvelles institutions. Il est dirigé par des juges et avocats des puissances victorieuses - États-Unis, Royaume-Uni, France, Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Les principales personnalités du régime nazi défilent devant la cour pendant ce procès qui dure près d'un an. Du nombre, on compte une vingtaine d'homme politiques - Hermann Göring, Rudolf Hess, Alfred Rosenberg, etc. - et de militaires - Wilhelm Keitel, Karl Dönitz, etc. - qui doivent répondre à des accusations de conspiration, de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Lorsque le verdict tombe, le 1er octobre 1946, 12 seront condamnés à mort, sept à des peines d'emprisonnement, et trois, dont l'ex-ministre de l'Économie Hjalmar Schacht, seront acquittés. Un des condamnés à mort, le maréchal Göring, se suicidera dans sa cellule le 16 octobre.

Pour en savoir plus: Statut du tribunal de Nuremberg

Dans les médias...


Jean Pouillon, «À propos du procès de Nuremberg»

«...C'est que les crimes commis cette fois-ci ont été trop éclatants pour n'être pas sanctionnés. Ainsi le désir subjectif trouve-t-il une justification objective qu'il serait partial d'omettre : on ne se venge pas, on juge le «nazisme» et ses atrocités. En fait, ce serait trop beau s'il en était ainsi, tout simplement. Pour reprendre un mot de G.B. Shaw, ce qui se passe aujourd'hui est au contraire trop vrai pour être beau. Certes, les crimes des nazis sont incontestables, mais le désir de vengeance, engendré par toute guerre et pour ainsi dire canalisé vers l'ennemi, reste psychologiquement premier. On peut se réjouir qu'il soit justifié, on n'a pas le droit, si l'on veut être lucide, d'oublier son existence et de se déguiser en pur esprit jugeant des criminels. Le procès de Nuremberg exprime à la fois ce désir et son déguisement. Son intérêt - et sans aucun doute ce qui l'a fait passer du souhait à la réalité - réside en ce que ce déguisement, subjectivement condamnable, est objectivement justifié. Cette contradiction pose en effet plusieurs problèmes qui ont pesé sur l'installation du tribunal. La manière dont les débats sont menés indique comment ces problèmes ont été abordés. On ne peut dire davantage, car il n'apparaît pas, à Nuremberg, qu'ils aient été résolus.»

Les Temps modernes (France), 1e juillet 1946, pp. 146-147.

S.A., «Le verdict»

«...L'intérêt essentiel du procès qui s'achève n'est pas en effet d'avoir jeté une lumière nouvelle sur des atrocités dont un continent tout entier, pendant près de cinq années, a été le témoin et, au sens vrai, le martyr (...) le procès de Nuremberg avait un autre objectif, infiniment plus important. Il visait d'une part à permettre la punition de ce que le statut du tribunal qualifie de « crimes contre l'humanité », c'est-à-dire l'extermination ou la persécution, pour des motifs raciaux et religieux, de populations civiles. Surtout il définissait une pénalité en ce qui concerne la « conspiration » ou le « complot » contre la paix, ainsi que les « crimes contre la paix » et les « préparatifs de guerre d'agression ». Il comportait à cet égard une double utilité. Devant en effet utiliser, pour fonder les inculpations, la documentation la plus sérieuse possible, il a mis au jour une masse de textes d'une valeur sans doute unique pour les historiens. Mais plus encore, il présentait un intérêt juridique : il était réellement la première tentative jamais faite pour affirmer la responsabilité d'une nation dans sa conduite internationale, en des domaines où sévit le concept de la souveraineté étatique. La condamnation des chefs de l'Allemagne nazie est la première atteinte sérieuse à ce dogme. Telle est la grande innovation, l'innovation capitale du procès de Nuremberg.»

Le Monde (France), 3 octobre 1946, p. 1.

Paul Sauriol, «Les accusés de Nuremberg sont condamnés à être pendus»

«...Sous prétexte de justice, les Alliés ont reporté les moeurs internationales à ce qu'elles étaient avant la civilisation chrétienne. S'il survient une troisième guerre mondiale, les chefs des belligérants pourront s'attendre, en cas de défaite, à subir le sort des vaincus de l'antiquité. Sans la politique de reddition sans conditions, les chefs nazistes auraient négocié un armistice; d'ailleurs, sans parler de l'aventure de Hess en Angleterre, il semble acquis que von Ribbentrop a entrepris des négociations avec M. Molotov dans une entrevue à Kirovograd, au plus fort de la guerre, et qu'ils ont failli s'entendre pour une paix séparée (...) Mais si à l'avenir le jugement et l'exécution des chefs vaincus font partie des risques de la guerre, il ne subsistera pas grand-chose du droit international et la guerre deviendra de plus en plus totale, non seulement à cause du progrès des armements, mais parce que les chefs politiques et militaires ne voudront rien épargner pour éviter la défaite.»

Le Devoir (Québec, Canada), 1e octobre 1946, p. 1.

S.A., «Justice»

«...Their crimes are part of the indelible memory of our generation, and have been catalogued and analysed in the evidence. No rhetoric could had anything to the cold horror of the record. Savagery is not the word to describe them : for there is a degree of wickedness that can only be attained by the corruption of human nature in an advanced civilization. Even so, the high civilizations of the past do not afford parallels for perversion so intense or for degradation so deep. There was therefore no true precedent to guide the tribunal in passing sentence. Nevertheless, the categories of crime are clear. Although accompanied by cruelties often more odious than any killing, the principal "war crimes" and "crimes against humanity" of the indictment are, in plain language, murder. It is, indeed, in the case of some of the defendants, cold-blooded murder multiplied by thousands or by millions, but it is a purpose of this trial to bring to an end the immunity that the wielders of despotic power have in the past derived from the sheer multitude of their crimes.»

The Times (Royaume-Uni), 3 octobre 1946, p. 5.

Gouvernance et gouvernement [ 20 novembre 1945 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
TransitionOccupationOccupation

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1944 - 1950



janvier
1945
Libération du camp d'Auschwitz

avril
1945
Décès d'Adolf Hitler

mai
1945
Signature de la reddition sans conditions de l'Allemagne

juin
1945
Proclamation des Alliés sur l'Allemagne

novembre
1945
Ouverture du procès de Nuremberg

juin
1948
Début du pont aérien reliant l'Allemagne occidentale à Berlin-Ouest

mai
1949
Création de la République fédérale d'Allemagne

août
1949
[Résultats] Élections législatives

octobre
1949
Création de la République démocratique allemande


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