Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 novembre 2018

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19 septembre 1993

Élection d'Ange Félix Patassé à la présidence de la République centrafricaine

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ange Félix Patassé

L'ancien premier ministre et chef du Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC), Ange-Félix Patassé, amasse 52,5% des votes au deuxième tour de l'élection présidentielle qui se déroule en République centrafricaine. Il défait Abel Goumba, le candidat du Groupe des forces démocratiques, une coalition de 14 partis d'opposition.

En 1985, le président centrafricain André Kolingba, influencé par la diplomatie française, amnistie les chefs des partis d'opposition et projette la rédaction d'une nouvelle Constitution à la suite d'un «grand débat national». En août 1992, les participants à ce débat concluent que l'avenir de la République centrafricaine passe par l'introduction d'une nouvelle Constitution, permettant le multipartisme, qui sera adoptée sous sa forme finale en 1995. Entre-temps, des élections présidentielle et législatives sont prévues pour le 23 août 1993. Son quatrième rang au premier tour l'excluant du second, le président Kolingba signe un décret révisant le code électoral dans le but d'invalider les élections. Mais les contestations de l'opposition et la suspension par la France de son aide économique poussent l'ex-président à reconsidérer son aventurisme. Ce dernier, dans un geste de bonne volonté, libère plutôt tous les prisonniers faits sous son régime. Le 19 septembre, Ange-Félix Patassé remporte le deuxième tour de l'élection présidentielle alors que son MLPC s'assure d'une majorité de sièges à l'Assemblée nationale, mettant ainsi fin à douze années de dictature militaire.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Ibrahima Signaté, « Un lourd héritage »

«...Malgré les velléités d'André Kolingba d'entraver le processus électoral, celui-ci est allé à son terme. Il aura suffi d'un sévère rappel à l'ordre de Paris pour que le président sortant revienne à de meilleurs sentiments et accepte de reconnaître sa défaite dès le premier tour. Mais il lègue à son successeur un cadeau empoisonné : un pays économiquement sinistré, réduit à une sorte de mendicité internationale, et dont l'indépendance n'est plus qu'une fiction. Autant dire que la situation est explosive. D'autant que les Centrafricains, après avoir congédié les tenants du parti unique, vont se sentir en droit d'exiger tout et tout de suite. Or, il est clair que le nouveau président, avec la meilleure volonté du monde, ne pourra demander, dans un premier temps, que des sacrifices à ses compatriotes. Il devra aussi faire face à la résurgence du régionalisme et du tribalisme que le scrutin a mis en lumière. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), octobre 1993, p. 25.

Marie Pierre Subtil, « Ange Félix Patassé est élu président de la République : le retour d'un démagogue »

«...Populisme et régionalisme sont les grands vainqueurs de ce scrutin : le plus démagogue des candidats a gagné. Les Centrafricains auraient-ils la mémoire courte ? En tant que premier ministre de l'ex-empereur, Ange-Félix Patassé avait été le grand ordonnateur d'un sacre aussi dispendieux que grotesque. Ministre de Jean-Bedel Bokassa pendant onze ans (1965-1976), premier ministre de l'empereur pendant deux ans (1976-1978), il a longuement déployé ses talents d'affairiste. Une époque apparemment oubliée : ses compatriotes viennent de l'élire président de la République avec 52,45 % des suffrages ! Tribun hors pair, Ange-Félix Patassé a su remarquablement faire vibrer la fibre régionaliste des populations très denses du Nord-Ouest. Celles-ci ont bien entendu la ligne directrice de ses discours-programmes : le pouvoir, jusque-là détenu par des « riverains » (de l'Oubangui, le fleuve qui tient lieu de frontière au sud du pays), devait revenir à un Nordiste. »

Le Monde (France), 29 septembre 1993, p. 5.

Gouvernance et gouvernement [ 19 septembre 1993 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Centrafricaine (rep)
LimitéAndré Dieudonné KolingbaEnoch-Dérant Lakoué

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1983 - 2003



août
1993
[Résultats] Élection présidentielle

août
1993
[Résultats] Élections législatives

septembre
1993
Élection d'Ange Félix Patassé à la présidence de la République centrafricaine

novembre
1998
[Résultats] Élections législatives

septembre
1999
[Résultats] Élection présidentielle

mars
2003
Renversement du président centrafricain Ange-Félix Patassé


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