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7 août 1994

Élection de Joao Bernardo Vieira à la présidence de la Guinée-Bissau

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Joao Bernardo Vieira

Vingt ans après son accession à l'indépendance, la Guinée-Bissau organise ses premières élections présidentielle et législatives multipartites. Elles sont remportées par le président sortant, Joao Bernardo Vieira, et son Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC).

Devenue officiellement indépendante le 10 septembre 1974, la Guinée-Bissau, une ancienne colonie portugaise, est dirigée jusqu'en 1980 par Luis Cabral et le PAIGC. Il s'agit d'un parti de gauche à tendance marxiste. À la suite d'un coup d'État fomenté par Joao Bernardo Vieira, premier ministre de l'époque, Cabral est renversé en 1980. Ce bouleversement entraîne une scission entre le Cap-Vert et la Guinée-Bissau. C'est dans ce contexte que Vieira prend le pouvoir. Il dirige le pays pendant toutes les années 1980 et résiste à de nombreuses tentatives de coups d'État. En 1986, le gouvernement entame un processus de libéralisation économique et politique, conséquence, entre autres, de lourdes tensions qui règnent au sein du parti unique. Une révision constitutionnelle met fin à l'exclusivité du PAIGC et aboutit à l'instauration du multipartisme en 1992. Les premières élections pluralistes sont organisées pour le 3 juillet 1994. Le PAIGC remporte la victoire aux législatives avec 62% des sièges. Il s'agit donc d'un succès complet pour le président Vieira qui gagne le second tour de la présidentielle, le 7 août 1994, avec près de 52% des voix. Il devance alors son principal adversaire, Kumba Yala, qui reçoit l'appui de 48% des électeurs. Vieira restera à la tête du pays jusqu'à sa destitution, en 1999.

Dans les médias...


Georges Mendy, « « Nino » se maintient à la présidence »

«...Élu avec un score étriqué, « Nino » est au pied du mur. Il lui faut désormais ratisser large et prendre le taureau par les cornes. Il doit se garder de tous les côtés. Les déçus de son parti remâchent leur rancoeur. L'obligation de résultats rapides s'impose à lui. Il a désormais toute latitude, s'il en a la volonté, pour effectuer les grandes réformes qu'appelle la situation. On lui a, dans le passé, souvent fait le reproche d'être velléitaire quant aux décisions politiques et économiques d'envergure. Il est vrai que ces mesures impopulaires constitueraient une potion amère pour ses compatriotes. Mais, pour remettre sur pied une économie en perpétuelle convalescence, il sera obligé de prescrire un remède de cheval, quitte à se battre pour convaincre l'opinion que les acquis sociaux seront sauvegardés. Au plan strictement politique, un certain partage du pouvoir, sous une forme qui reste à définir, est indispensable. Le temps où le pays était exclusivement dirigé par les militants pur jus du PAIGC n'est plus de saison. D'ailleurs, le rapport des forces ne le permet pas. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), septembre 1994, p. 23.

Francis Peugeot, « Président sortant de la Guinée-Bissau Joao Bernardo Vieira a été réélu »

«...Celui que l'on surnomme « Kaki » ou encore « le Lion » est un petit homme au visage ovale, toujours sobrement vêtu, qui jouit auprès de ses concitoyens d'une grande popularité. Catholique pratiquant, Joao Bernardo Vieira, dit « Nino », a réussi à se forger l'image d'un homme à l'allure simple. (...) Tout en affirmant qu'il n'a pas d'ambition et que l'opposition va obliger son gouvernement à « mieux travailler », il étend son emprise sur le pays (années 1980). La situation économique désastreuse l'amène à tisser des liens privilégiés avec la France tant dans le domaine économique (en 1990, l'aide de Paris atteindra 80 millions de francs) que culturel (promotion de la langue française). Mais, ses tentatives de réforme n'ont pas réussi à enrayer la crise économique dans un pays en conflit frontalier permanent avec le Sénégal. Les séduisantes déclarations de celui qui se présente comme l'ennemi du tribalisme, l'homme de l'ouverture et de la libéralisation de l'économie, ont certes séduit l'électorat bissau-guinéen lors de cette première élection présidentielle pluraliste, mais les électeurs l'ont néanmoins contraint à affronter un second tour. »

Le Monde (France), 13 août 1994, p. 26.

Gouvernance et gouvernement [ 7 août 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Guinée-Bissau
LimitéJoão Bernardo VieiraCarlos Correia

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 2004



août
1994
Élection de Joao Bernardo Vieira à la présidence de la Guinée-Bissau

novembre
1998
Traité de paix visant à mettre un terme à la guerre civile en Guinée-Bissau

novembre
1999
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1999
[Résultats] Élections législatives

janvier
2000
Élection de Kumba Yala à la présidence de la Guinée-Bissau

septembre
2003
Renversement du président Kumba Yala en Guinée-Bissau

mars
2004
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


octobre
2018
Élections législatives en Guinée-Bissau : une quête de stabilité

septembre
2014
Second tour de la présidentielle bissau-guinéenne : une élection démocratique ?


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