Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

19 novembre 2018

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26 octobre 1979

Assassinat du président sud-coréen Park Chung-Hee

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Park Chung-Hee

Au cours d'un repas partagé avec ses conseillers, le président sud-coréen Park Chung-hee est abattu par le chef de la Central Intelligence Agency coréenne (CIAK), Kim Jae Kyu. Le premier ministre Choi Kyu Hah lui succédera à titre de président intérimaire.

À l'été 1979, le climat est tendu en Corée du Sud. Critiqué par Washington pour la suppression des dissidents politiques, le président Park Chung-hee est aussi décrié par le chef du Nouveau parti démocratique (NPD), Kim Young Sam. Le 4 octobre, la formation au pouvoir, le Parti républicain démocrate (PRD), fait exclure ce dernier du Parlement par un vote des deux tiers de la chambre pour avoir critiqué le régime dans une entrevue accordée au New York Times. En protestation, les parlementaires du NPD démissionnent en bloc. Le climat de tension dégénère alors en émeutes qui s'étendent rapidement aux ouvriers et aux étudiants. À l'aide de blindés, le gouvernement supprime durement la révolte après trois jours. La loi martiale instaurée, la dissension se fait sentir chez les conseillers les plus proches de Park. Lors d'un repas, le 26 octobre, le président et cinq de ses proches sont assassinés par le chef de la CIAK, Kim Jae Kyu. Ce dernier est arrêté dans les heures qui suivent. Après l'avoir nié, le gouvernement reconnaît qu'il y a eu complot. Peu après la mort de Park, le premier ministre Choi Kyu Hah est assermenté président. Ses premiers gestes sont la levée de l'État d'urgence et la libération de plus de 1600 prisonniers. Choi Kyu Hah entame aussi un dialogue avec l'opposition dans le but de former un gouvernement d'union. Le 6 décembre, Choi Kyu Hah est élu président par les 2 500 membres de la Conférence nationale de réunification.

Dans les médias...


Wilfred Burchett, « L'Heure « H » moins cinq ! »

«...Une chose reste claire parmi les contradictions et la confusion des versions données des événements. Park - dont la femme avait été tuée, en août 1974, par une balle vraisemblablement à lui destinée - était fortement mécontent de l'activité du chef de la K.C.I.A., Kim Jae Kyu, auquel il reprochait une trop grande faiblesse dans la répression des étudiants de Masan et Pusan. Quelle que soit la raison qui conduisit Kim Jae Kyu à ouvrir le feu, il apparaît que l'une ou plusieurs des fractions rivales ont senti leurs bases de manoeuvre leur échapper, et les fondements de la dictature s'ébranler. Même avec une armée de six cent mille hommes équipés à l'américaine, plus de trente-huit mille militaires U.S. et une masse écrasante d'équipements navals et aériens, les fantoches sud-coréens ont pris peur et se sont affolés. Tant de dictateurs sont tombés récemment qui semblaient inébranlables, jusqu'à l'heure H moins cinq ! Avant que le peuple ne se mette en mouvement. »

Afrique-Asie (France), 12 novembre 1979, p. 55.

François Schlosser, « Un Coréen trop encombrant »

«...La « relève » qui s'organise en ce moment en Corée du Sud sera, de toute façon, un test aux yeux de toutes les puissances de la région. Au point que certains se demandent si les services américains sont vraiment tout à fait étrangers au déclenchement des événements qui ont entraîné la mort de leur protégé. Car Park, le dictateur que Washington a choyé pendant dix-huit ans, a joué fidèlement son rôle jusqu'au jour où il est devenu trop encombrant pour l'image d'une Amérique brusquement soucieuse des droits de l'homme. L'expérience de l'Iran et du Nicaragua a appris au moins une chose à l'administration Carter : c'est qu'à soutenir trop longtemps un tyran vomi par son pays on risque de rater le coche du changement. Pour la Corée du Sud, en raison de l'engagement stratégique que les États-Unis y assument, Washington ne pouvait pas prendre ce risque. Au moment où la péninsule d'Indochine s'installe, pour longtemps, dans une guerre sino-vietnamienne - qui est aussi un épisode du conflit sino-soviétique - , le bastion coréen reprend, aux yeux des États-Unis et de ses alliés, anciens et nouveaux, de cette région, une valeur plus que symbolique : militaire. »

Le Nouvel Observateur (France), 5 novembre 1979, p. 5.

S.A., « A Very Tough Peasant »

«...Park's main goal in office was to turn South Korea into a dynamic capitalist society on the Asian mainland, using Japan as a model. In this he succeeded. (...) The country, however, paid a high price for economic progress : wages remained low, hours were long and factory workers had little, if any, union protection. Park brooked no opposition, either from his colleagues or his citizenry; he even altered the constitution with three « revitalizing » amendments that in effect turned the presidency into a near dictatorship. But not even the efficiency of his omnipresent Korean Central Intelligence Agency could prevent the growth of an opposition that included Christian church leaders as well as restless students. Park's repression proved embarrassing to Washington, especially after the election of Jimmy Carter and his emphasis on human rights. »

Time (États-Unis), 5 novembre 1979, p. 34.

Gouvernance et gouvernement [ 26 octobre 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
FaibleChoi Kyu- hahChoi Kyu-hah

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1974 - 1984



décembre
1978
[Résultats] Élections législatives

octobre
1979
Assassinat du président sud-coréen Park Chung-Hee

mars
1981
[Résultats] Élections législatives


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