Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

21 septembre 2017

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31 janvier 1968

Offensive du Têt au Viêt-nam

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lyndon B. Johnson

L'armée nord-vietnamienne et le Front national de libération (FLN) du Viêt-nam du Sud (Viêt-cong) lancent une série d'offensives militaires simultanées contre plus de 100 villes du Viêt-nam du Sud. Échec sur le plan militaire, cette offensive est toutefois une victoire politique qui bouleverse l'opinion publique américaine et mondiale.

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1968, alors que des troupes sud-vietnamiennes sont démobilisées pour participer aux fêtes du nouvel an lunaire (Têt), les forces du viêt-cong et de l'armée nord-vietnamienne lancent une série d'attaques surprises sur la quasi-totalité du territoire du Viêt-nam du Sud. Au total, plus de 100 villes sont ciblées, dont la capitale, Saigon. L'offensive du Têt constitue la bataille la plus importante du conflit au Viêt-nam. Au début de 1968, les forces américaines au Viêt-nam s'élèvent à plus de 550 000 hommes. Les combats se poursuivent pendant deux mois et se soldent par une importante défaite militaire du FLN et de l'armée nord-vietnamienne. Sur les quelque 105 villes ciblées, aucune ne tombe sous la domination permanente des forces du Nord et plus de 48 000 viêt-congs sont tués. Cependant, la victoire est politique et diplomatique. Rapportée par les médias, l'offensive spectaculaire a un effet psychologique puissant sur l'opinion publique américaine et mondiale. Le coup est dur pour le président américain Lyndon B. Johnson qui, le 31 mars, stupéfait ses compatriotes en annonçant qu'il ne sollicitera pas un autre mandat à l'automne. Puis, le 31 octobre 1968, Johnson étonne encore en annonçant l'arrêt des bombardements aériens sur une partie du Viêt-nam du Nord et le démarrage des accords de paix de Paris qui mèneront éventuellement à la fin du conflit.

Pour en savoir plus: Sur la guerre qui ne peut être gagnée au Vietnam

Dans les médias...


Emile Guikovaty, « Vietnam : l'explosion »

«...C'est l'embrasement, la guerre généralisée. Les Américains sont partout sur la défensive. Le général Fred Weland, commandant à Saigon, déclare que pour assurer la sécurité en ville, il lui faudrait les 500 000 G.I. répartis sur l'ensemble du Vietnam. Le gouvernement de Hanoi et le F.N.L., en envoyant leurs soldats à la mort, leur ont promis la victoire pour ce mois de février, selon les documents interceptés par les services de renseignements américains. Pour ces services, qui n'ont cessé de décrire, au cours des mois, l'usure de l'ennemi, il s'agit d'un « sursaut de désespoir » ou d'une « diversion ». Mais pour des dizaines de millions d'Américains, à 14 000 km de distance, c'est un réveil brutal. On parlait d'impasse, d'enlisement. L'incendie de Saigon illumine une guerre et un Vietnam ignorés. Une semaine après l'humiliation du « Pueblo » - le navire arraisonné et ses 83 marins sont toujours aux mains des Nord-Coréens - que va faire le président Johnson ? Envoyer de nouveaux renforts, mobiliser 100 000, 200 000 hommes, ou, comme Hanoi et le Viet-cong veulent l'y forcer, négocier ? »

L'Express (France), 5 au 11 février 1968, p. 15.

Jean Flanchais, « Le spectre de Dien-Bien-Phu »

«...Est-ce à dire que le Vietcong entend obtenir une victoire militaire totale par une conquête de l'ensemble du Vietnam du Sud ? Il semble qu'en réalité on se trouve ramené, de façon paradoxale, mais seulement en apparence, au cas de Dien-Bien-Phu. En effet, dans la tristement fameuse « cuvette » s'était livrée une bataille limitée : la perte d'une forteresse tenue par une dizaine de milliers d'hommes ne mettait pas en danger, du moins en principe, l'ensemble du corps expéditionnaire français. Mais en « focalisant » sur Dien-Bien-Phu l'attention du monde entier, les chefs du Vietminh surent donner à un revers la dimension d'une défaite totale qui devait fatalement influencer les pourparlers de paix. Même s'il ne réussit que pendant un temps assez bref à s'établir dans des centres importants, le Vietcong n'en remportera pas moins, en obligeant les Américains, comme s'est le cas à Hué, à détruire une ville tenue par l'adversaire, une victoire psychologique de premier plan, les États-Unis avouant leur impuissance à résoudre le problème vietnamien autrement que par l'écrasement du Vietnam. »

Le Monde (France), 3 février 1968, p. 3.

Roger Champoux, « Grave mise en accusation »

«...Eh oui ! comment se fait-il qu'une force aussi minable puisse tenir si longtemps et si puissamment contre un géant ? Le truc des communiqués émanant du front où « à l'Ouest il n'y a rien de nouveau » est bien connu. Comme est connu le vocabulaire spécial avec lequel on parvient à rédiger un bulletin de quatre paragraphes qui ne disent strictement rien. Si à la suite de l'intervention du sénateur Percy, le peuple américain s'avise qu'on lui sert depuis longtemps un monstrueux mensonge, et qu'il finit par apprendre que le Vietcong est dix fois plus puissant qu'on a bien voulu le lui dire depuis des années, la fureur des journaux n'aura plus de bornes - ne sont-ils pas les premiers bernés ? - et le tollé sera général. Pourquoi écrire : « les reins du Vietcong ont été cassés dans toutes les grandes villes du Sud-Vietnam » si vous devez annoncer quelques heures plus tard que les combats se poursuivent toujours à Saigon, à Hue, etc. On ne gagne jamais à tricher avec la vérité. »

La Presse (Québec, Canada), 5 février 1968, p. 4.

Everett G. Martin, « The Devastating Effect on the People »

«...the effect on the people of South Vietnam can only be devastating. With good reason, rural South Vietnamese have long doubted their government's ability to defend them, but today those in the cities who thought they were immune from the war realize that they, too, are no longer safe. Worse yet, they now have reason to doubt the capability of U.S. power to defend them. Statements that U.S. military men knew in advance that the enemy would attack, while intended to be reassuring, have in reality exactly the opposite effect. (...) The U.S. and the South Vietnamese governments must now face the task of putting back together the pieces of a puzzle that the Viet Cong were all too handily able to smash. The first effect in this direction has been the official attempt to convince the world and the Vietnamese people that the enemy paid an intolerable heavy price for his victory. This may prove true, but official estimates of enemy casualties last week should be viewed with the utmost skepticism. »

Newsweek (États-Unis), 12 février 1968, p. 32.

Gouvernance et gouvernement [ 31 janvier 1968 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Viêt Nam
Non disponibleinformation non-pertinentePham Van Dông

États-Unis
ÉlevéLyndon B. Johnson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1963 - 1973



novembre
1963
Renversement du gouvernement de Ngô Dinh Diêm au Viêt-nam du Sud

août
1964
Incident naval entre Nord-Vietnamiens et Américains dans le golfe du Tonkin

janvier
1968
Offensive du Têt au Viêt-nam

septembre
1969
Décès du président de la République démocratique du Vietnam, Ho Chi Minh


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