Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

25 septembre 2018

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22 octobre 1962

Dévoilement par le président américain de la présence de missiles soviétiques à Cuba

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Discours de John F. Kennedy au Congrés pour la fondation de la NASA
NASA

Lors d'un discours télévisé, le président américain John F. Kennedy annonce que son pays établira une quarantaine afin de répliquer à l'installation de missiles soviétiques à Cuba.

Les tensions qui caractérisent les relations entre les États-Unis et Cuba depuis 1959 se sont accentuées avec la tentative ratée d'invasion à la baie des Cochons, en avril 1961. En 1962, des photographies aériennes permettent aux Américains de constater que l'installation de bases de missiles est en pleine progression à Cuba. Le président Kennedy réagit le 22 octobre en instaurant une quarantaine de l'île. Un blocus, qui entre en vigueur le 24 octobre, a pour mission d'arraisonner tout navire se dirigeant vers Cuba. Le président soviétique Nikita Khrouchtchev dénonce la manoeuvre, laissant présager une confrontation entre la marine américaine et les bateaux soviétiques. Pendant que l'opinion mondiale s'inquiète, les initiatives diplomatiques se poursuivent. Le 28 octobre, Khrouchtchev accepte le démantèlement des bases de fusées. De son côté, Kennedy s'engage à ce que les États-Unis n'envahissent jamais Cuba. L'annonce n'apaise pas entièrement le président cubain Fidel Castro, mais elle met un terme pour le moment à la menace d'un conflit d'envergure. La crise des missiles de Cuba restera néanmoins un événement marquant de la guerre froide. (Voir : Discours télévisé du président Kennedy)

Pour en savoir plus: Discours du président américain sur la crise de Cuba

Dans les médias...


S.A., « Négocier plutôt que renchérir »

«...le souci de M. Kennedy de limiter au maximum le risque qu'il a décidé de prendre est manifeste. La « quarantaine » qu'il a instituée ne doit porter que sur les armes offensives. Si vraiment les Russes n'en ont pas livré à Cuba ou n'ont pas l'intention de le faire, ils devraient volontiers accepter le contrôle des Nations unies que suggère Washington. Et l'on peut se demander si le président en faisant tout ce tapage n'a pas voulu surtout convaincre l'électorat américain de sa fermeté, neutralisant ainsi les attaques croissantes de l'opposition plutôt que remporter sur Moscou un avantage décisif que le rapport des forces dans le monde lui interdit d'espérer. Aussi bien, a-t-il proposé à M. Khrouchtchev une négociation pour venir à bout des graves problèmes qui menacent la paix internationale. Le chef du gouvernement soviétique serait bien inspiré d'y donner suite, plutôt que de faire monter les enchères. Car si, à diverses reprises, les Occidentaux ont paru reculer devant les mises en garde soviétiques, si l'an dernier M. Kennedy lui-même s'est arrêté à mi-chemin dans sa première opération contre Cuba, le Kremlin ne peut pas ignorer que cette fois le jeune président des États-Uns ne peut pas reculer sans perdre son autorité. »

Le Monde (France), 24 octobre 1962, p. 1.

Gérard Pelletier, « En revenant de notre peur »

«...Si nous mesurons l'incident à l'aune du droit international, pas de discussion possible. MM. Khrouchtchev et Castro ont raison. M. Kennedy a tort. Il est indiscutable, en théorie, qu'un pays souverain comme Cuba a le droit de choisir lui-même ses alliances et de prendre les moyens qu'il croit bons pour défendre son territoire. Il est également indiscutable qu'un blocus ou une quarantaine, décidée unilatéralement par une puissance, constitue un acte de guerre et que le seul recours théoriquement juste aurait été pour les Américains de soumettre leur plainte à l'ONU. Il suffit cependant d'énoncer pareille vérité pour en saisir l'irréalisme, pour comprendre que ni les États-Unis, ni l'URSS ne déterminent leur conduite d'après le droit international. (...) La vérité, au niveau pratique, c'est que les relations entre États sont encore aujourd'hui basés sur un rapport de forces. M. Khrouchtchev quitte Cuba parce qu'il est là le plus faible, hors de sa zone. M. Kennedy ne gagne pas la partie parce qu'il a raison mais parce qu'il est le plus fort. On raisonne à faux, il me semble, si l'on n'admet pas cela au départ et surtout, on s'aveugle sur la « victoire » américaine. »

La Presse (Québec, Canada), 30 octobre 1962, p. 4.

S.A., « Russia : The Adventurer »

«...In the wake of Russia's retreat from Cuba, Prime Minister Harold Macmillan rose in the House of Commons to deliver his reasoned judgement on the outcome. It was, he declared, « one of the great turning points in history. » The judgement may have been somewhat inflated, but the event does have momentous significance. Years ago, the West had forced a Russian withdrawal in Iran, stopped Communism in Korea, pushed it back in Europe with the Marshall Plan, frustrated its 1948 siege of Berlin with the airlift. All these occasions were milestones in the persistence of free men to remain free. But these tests came before both sides had large nuclear arsenals, and for the most part did not involve a direct, point-blank confrontation between Washington and Moscow. Now, in an ultimate showdown, Russia had given way. Nikita Khrushchev is a resourceful, imaginative and tough opponent who obviously has a great many tricks in the back of his shrewd peasant mind. But, except for those who seem constitutionally unable to believe the Russians can ever make mistakes, there is an almost worldwide consensus that in Cuba Khrushchev had overextended himself, and that he has been forced back in a test of will with the U.S. »

Time (édition canadienne), 9 novembre 1962, p. 36.

Gouvernance et gouvernement [ 22 octobre 1962 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Cuba
FaibleOswaldo Dorticós TorradoFidel Castro

États-Unis
ÉlevéJohn F. Kennedy

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1957 - 1967



janvier
1959
Renversement du président Fulgencio Batista à Cuba

janvier
1962
Exclusion de Cuba de l'Organisation des États américains

octobre
1962
Dévoilement par le président américain de la présence de missiles soviétiques à Cuba

janvier
1966
Ouverture de la première Conférence de Solidarité avec les Peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine (Tricontinentale)

octobre
1967
Exécution d'Ernesto «Che» Guevara


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