18 septembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

29 avril 1995

Réformes majeures au sein du Parti travailliste britannique

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Tony Blair

Sous l'impulsion de son jeune chef, Tony Blair, le Parti travailliste britannique vote à 62% pour l'adoption de réformes importantes. Une d'entre elles est l'élimination de la clause IV de la charte du parti, portant sur les nationalisations.

Depuis son accession à la tête des travaillistes, en juillet 1994, Tony Blair cherche à moderniser son parti en adoptant des positions plus centristes, susceptibles de lui ouvrir les portes du pouvoir. Les conservateurs dirigent le Royaume-Uni depuis 1979. En mars 1995, Blair persuade l'exécutif d'effectuer un virage historique en remplaçant la clause IV de la charte du parti, qui date de 1918. Celle-ci présente comme un objectif la nationalisation («common ownership») des moyens de production, de distribution et d'échange. On propose de la remplacer par une formulation qui met davantage en évidence le rôle du libre marché et de la compétition dans l'économie. Ce rejet du socialisme fait l'objet d'un chaud débat au sein du parti, une forte opposition provenant des milieux syndicaux dont Blair veut réduire l'influence. Le 29 avril 1995, lors d'une conférence spéciale qui se déroule à Londres, les travaillistes adoptent à 62% les positions défendues par leur chef. Malgré les divisions qu'elle cause, cette approche séduit l'électorat. Profitant de l'impopularité des conservateurs de John Major qui chutent dans les sondages, le New Labour, nom sous lequel on connaît maintenant les travaillistes, effectue une remontée spectaculaire aux législatives du 1er mai 1997. Porté au pouvoir avec une écrasante majorité, Blair devient, à 43 ans, le plus jeune premier ministre britannique depuis le début du XIXe siècle.

Pour en savoir plus: Discours du chef du Parti travailliste britannique

Dans les médias...


Fabrice Rousselot, « Tony Blair révolutionne le Parti travailliste »

«...Deux jours après avoir convaincu son parti d'abandonner toute référence aux nationalisations, Tony Blair, le leader du Parti travailliste britannique, a accéléré hier la « révolution interne » du Labour, en engageant un véritable bras de fer avec les syndicats. (...) Cette attaque contre le pouvoir des syndicats pourrait toutefois constituer l'un des combats les plus difficiles pour Tony Blair, depuis qu'il a succédé à John Smith en juin 1994, avec l'objectif de « moderniser le Labour à tout prix ». Depuis plus d'un siècle, les Trade Unions (syndicats) assurent un apport de fonds considérable au parti. Ils n'ont pas apprécié la décision de mettre fin à leur droit de veto à l'automne 1993. Hier, en outre, Ken Livingstone, un député travailliste des plus à gauche, a estimé que « ce nouvel exercice d'introspection était une folie » et « pouvait définitivement diviser le Labour ». »

Libération (France), 2 mai 1995, p. 8.

Patrice de Beer, « Les travaillistes britanniques renoncent à leur dogme traditionnel »

«...Des lustres après les autres socialistes européens, les travaillistes britanniques viennent d'effectuer leur révolution culturelle. A l'image du SPD allemand lors de son congrès de Bad Godesberg en 1959, du PS français et du PSOE espagnol, le Labour a coupé les derniers liens qui l'unissaient avec son passé « rouge ». Réuni dans le Methodist Central Hall de Westminster les locaux mêmes où, en 1918, au lendemain de la révolution d'Octobre, le parti s'était prononcé en faveur de « la propriété commune des moyens de production, de distribution et d'échanges » le « nouveau Labour » de Tony Blair a voté samedi 29 avril, par 65 % contre 35 %, l'enterrement de ce texte emblématique du socialisme d'antan, remplacé par une formulation plus longue, plus vague, mais, a-t-on dit, mieux adaptée à notre époque. Il s'agit d'un triomphe personnel pour le jeune chef du Labour, aux commandes depuis à peine un an et qui a réussi là où ses cinq prédécesseurs avaient échoué. Seul Hugh Gaitskell avait tenté, en 1959, de réformer la sacro-sainte « Clause IV », mais il avait dû y renoncer devant l'opposition de la gauche et des syndicats. Cette fois-ci, M. Blair, après neuf mois d'une campagne à la base du parti, est parvenu à exorciser les vieux démons idéologiques qui bloquaient le retour du Labour au 10, Downing Street. »

Le Monde (France), 3 mai 1995, p. 5.

S.A., « British Labor Drops Pledge on Nationalization »

«...Although the clause meant little in practice, it was an important symbol of the party's socialist roots and beliefs for many on its left. In his speech, Mr. Blair warned traditionalist union leaders that scrapping Clause 4 was just part of a wider plan to make Labor more attractive to voters. « Change and modernization does not stop at 4 P.M. this afternoon, » he said. « It goes on in the development of the party, in the development of policy. » Unions founded the Labor Party in 1900 and still provide most of the party's financing in return for a large say over its affairs. But the fight over Clause 4 has shown to many that the union are the main obstacle to recasting Labor as a moderate social democratic party. The 9-to-1 margin of support Mr. Blair won today from rank-and-file members may encourage him to further prune the unions' influence. In an emotional speech of thanks, Mr. Blair said the conference would go down as a day of destiny for Labor and for Britain. »

New York Times (États-Unis), 30 avril 1995.

Gouvernance et gouvernement [ 29 avril 1995 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIJohn Major

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1990 - 2000



novembre
1990
Démission de la première ministre britannique Margaret Thatcher

avril
1992
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par John Major

avril
1992
[Résultats] Élections législatives

avril
1995
Réformes majeures au sein du Parti travailliste britannique

mai
1997
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

mai
1997
[Résultats] Élections législatives

août
1997
Décès de la princesse de Galles, lady Diana Spencer

septembre
1997
Tenue d'un référendum sur les institutions politiques en Écosse

avril
1998
Signature de l'accord du « Vendredi saint » sur la paix en Irlande du Nord


Dans l'actualité


février
2019
Le Brexit fera t-il tomber Theresa May?

janvier
2019
Baisse du taux de chômage au Royaume-Uni : une bonne nouvelle?

janvier
2019
Glasgow, la ville trouble

octobre
2018
Après le Brexit, l'Afrique est dans la mire des Britanniques

mars
2018
Il y a 40 ans : Amnistie internationale décrochait le prix Nobel de la paix

novembre
2017
D'Hollywood à Westminster : l'internationalisation d'un mouvement

octobre
2017
Brexit : dur divorce au sein de l'Europe

octobre
2017
Des élections crève-cœur pour le Parti national écossais

mars
2017
Martin McGuinness provoque un bouleversement politique en Irlande du Nord

février
2017
20 ans plus tard : l'héritage contrasté de Tony Blair à la tête du Royaume-Uni


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019