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26 octobre 2000

Assermentation de Laurent Gbagbo à la présidence de la Côte d'Ivoire

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Laurent Gbagbo

Peu de temps après l'élection présidentielle qui a lieu le 22 octobre 2000, Laurent Gbagbo est porté au pouvoir en Côte d'Ivoire. Son accession à la présidence survient après une lutte de pouvoir l'opposant à son prédécesseur, le général Robert Gueï, qui refusait de quitter son poste.

En décembre 1999, la Côte d'Ivoire est secouée par un premier coup d'État depuis la fin de la colonisation française. Il porte le général Robert Gueï au pouvoir. Celui-ci accepte toutefois de déclencher une élection présidentielle afin de permettre à la population de choisir le prochain dirigeant de la deuxième République de la Côte d'Ivoire. Deux candidats principaux s'affrontent, soit le général Gueï ainsi que Laurent Gbagbo, le chef du Front populaire ivoirien. Un autre candidat potentiel, Alassane Ouattara, est exclu une seconde fois d'une campagne électorale présidentielle. Évoquant la politique de « l'ivoirité », le général Gueï utilise les origines étrangères de Ouattara comme prétexte pour bloquer sa candidature. Le jour de l'élection, le 22 octobre 2000, Laurent Gbagbo semble en voie de remporter la victoire. Gueï réagit en interrompant le processus et en se proclamant président de la Côte d'Ivoire. Toutefois, la colère gronde. Le 25 octobre 2000, un soulèvement de la population civile et des militaires pousse Gueï à quitter son poste. Laurent Gbagbo accède à la tête du pays. D'autres troubles éclateront, notamment de partisans de Ouattara qui réclament un nouveau scrutin. Le climat s'apaisera et Gbagbo formera son gouvernement le 26 octobre 2000. Des élections législatives, qui auront lieu en décembre 2000, donneront à son parti le plus grand nombre de sièges au Parlement, soit 96 sur 225.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Mireille Duteil, « La révolte d'octobre »

«...La ténacité de Laurent Gbagbo mais aussi les pressions nombreuses exercées par Paris, Washington et des chefs d'Etat africains ont eu raison de l'entêtement et de l'appétit de pouvoir de Gueï. Exit l'homme à la voix basse et légèrement zozotante, pâle imitation de Houphouët-Boigny, son modèle, auquel il se référait sans cesse, personnage insaisissable et d'une grande duplicité qui désarçonnait ses interlocuteurs. Mais la Côte d'Ivoire n'est pas pour autant guérie de tous ses démons. Les lignes de fracture y sont nombreuses et profondes : ethniques, entre le Nord et le Sud, religieuses, entre des chrétiens et des musulmans qui, à tort ou à raison, se sentent méprisés, sans oublier l'armée, profondément divisée. Un pays puzzle (60 ethnies) qu'une classe politique soucieuse de ses seuls intérêts a abandonné à lui-même. »

Le Point (France), 27 octobre 2000.

Fabienne Pompey, « Laurent Gbagbo, du socialisme à la dérive nationaliste »

«...Il a attendu trente ans. Trente ans pendant lesquels il a connu les persécutions, la prison, l'exil parce qu'il avait osé défier le « père de la Nation » Félix Houphouët-Boigny, puis son successeur Henri Konan Bédié. A cinquante-cinq ans, cet « opposant historique » a obtenu ce pourquoi il a toujours lutté : le pouvoir. Au prix de quelques compromissions avec la junte, qu'il a fini par défaire, avec le soutien de la rue, au prix également d'un glissement de son discours socialiste vers un nationalisme de circonstance, et surtout de la mise hors jeu - provisoire - de ses plus sérieux adversaires. (...) Le plan a réussi. Le général Gueï a été contraint de céder le pouvoir sous la pression de la rue. Laurent Gbagbo est proclamé vainqueur du scrutin présidentiel. Mais la Côte d'Ivoire est au bord de la guerre civile. Les musulmans du nord partisans de M. Ouattara et les chrétiens sudistes partisans de Laurent Gbagbo s'affrontent. Les morts se comptent par dizaines. Le nouveau chef de l'Etat saura-t-il ramener le calme dans son pays ? »

Le Monde (France), 28 octobre 2000, p. 4.

Pierre-Alain Furbury, « La côte-d'Ivoire met en échec le « putsch électoral » et prépare l'après-Gueï »

«...Robert Gueï, un temps qualifié de « père Noël » lors de son arrivée au pouvoir en décembre dernier, à la faveur d'un putsch sur Henri Konan Bédié, semble introuvable. Mais que le pays opte pour un scénario sénégalais, où le président sortant reconnaît sa défaite (si l'on en croit son chef d'état-major, le général Gueï serait favorable à la reprise du processus de proclamation des résultats de l'élection qu'il avait interrompu la veille), ou yougoslave, dans lequel le peuple prend le pouvoir dans la rue, la messe semble dite. En revanche, la tâche de Laurent Gbagbo, qui s'est proclamé nouveau chef de l'Etat, ne fait que commencer. Et elle ne s'annonce pas aisée. Il devra à la fois ramener le calme, asseoir sa légitimité contestée, gérer ses relations difficiles avec Alassane Ouattara, l'autre poids lourd de l'opposition (dont la candidature avait été invalidée et qui réclame aujourd'hui un nouveau scrutin), ramener les militaires dans leurs casernes et, surtout, rassurer des bailleurs de fonds qui ont probablement déjà poussé, hier, un grand soupir de soulagement. »

Les Échos (France), 26 octobre 2000, p. 8.

Agnès Gruda, « De Belgrade à Abidjan »

«...Comme Slobodan Milosevic, le général Gueï était convaincu d'avoir la présidence dans la poche. C'est pour cela qu'il a déclenché un scrutin qui, croyait-il, lui permettrait de mieux asseoir son pouvoir tout en lui conférant la crédibilité démocratique réclamée par les bailleurs de fonds étrangers. Mais, comme en Yougoslavie, il a péché par excès de confiance. Malgré toutes ses magouilles, le processus électoral s'est retourné contre lui. Et sa tentative désespérée de s'accrocher au pouvoir a propulsé les foules dans la rue. L'analogie entre ces deux mouvements de révolte est d'autant plus réelle que Laurent Gbagbo avait appelé ses supporters à suivre l'exemple yougoslave, encore frais dans les mémoires. Mais la comparaison a aussi ses limites. Et la marche vers la démocratie, déjà pas évidente dans les Balkans, se heurte sur le continent africain à des écueils infiniment plus difficiles à surmonter. »

La Presse (Québec, Canada), 26 octobre 2000, p. a20.

Gouvernance et gouvernement [ 26 octobre 2000 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Côte d'Ivoire
LimitéLaurent GbagboSeydou Elimane Diarra

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1990 - 2010



septembre
1990
Inauguration d'une basilique somptueuse en Côte-d'Ivoire

décembre
1993
Décès du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny

novembre
1995
[Résultats] Élections législatives

décembre
1999
Renversement du président Henri Konan Bédié en Côte d'Ivoire

octobre
2000
Assermentation de Laurent Gbagbo à la présidence de la Côte d'Ivoire

octobre
2000
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
2000
[Résultats] Élections législatives

septembre
2002
Tentative de coup d'État en Côte d'Ivoire contre le président Laurent Gbagbo

octobre
2010
[Résultats] Élection présidentielle


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2010
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2008
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