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2 avril 1964

Renversement du gouvernement de Joao Goulart au Brésil

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Joao Goulart

Le renversement du président Joao Goulart par une junte militaire mène à l'élection par le Congrès du général Humberto Branco à la tête du Brésil.

Vice-président de Janio Quadros à qui il succède à la présidence du Brésil en 1961, Joao Goulart bénéficie du support des travaillistes. Il doit cependant composer avec l'opposition des militaires et des conservateurs avec qui il doit s'entendre sur une réduction des pouvoirs présidentiels. Un référendum lui permet de les retrouver en janvier 1963, mais la contestation reste vive. Une inflation soutenue, l'adoption d'importantes expropriations -agraire et industrielle- et la pusillanimité de Goulart à l'endroit des auteurs d'une mutinerie survenue à Rio de Janeiro, en mars 1964, incitent des militaires à le renverser. Des documents qui seront déclassifiés au début du XXIe siècle indiquent que ces derniers bénéficient à ce moment du support de l'administration américaine. Pendant que Goulart part en exil, le général Humberto Branco lui succède à la présidence du pays. Il procède à une épuration au sein du gouvernement, instaure un régime autoritaire et met en vigueur, avec le ministre Robert Campos, une politique d'austérité visant à rétablir la situation financière du pays. C'est le ministre de la Guerre, Arturo da Costa e Silva, qui succédera à Branco en 1966.

Dans les médias...


Manuel Tunon de Lara, «Réflexions sur un coup de force»

«...Il faut dire que le système qui semblait servir de support à M. Goulart s'est effondré comme un château de cartes (...) Selon un critère «machiavélique» il faudrait blâmer M. Goulart et ses amis, car ils ont mal joué, avec une fausse idée du rapport des forces en présence, sous-estimant les dangers. Mais ce n'est pas cet aspect de la question qui doit attirer surtout notre attention, éveiller nos préoccupations, notamment en tant qu'Européens, attachés à certaines valeurs que nous nous entêtons -à tort ou à raison- à estimer prioritaires. Le coup du Brésil est un nouvel exemple d'un usage mystificateur de mots -et partant d'idées- essentiels à la vie des sociétés tels que «liberté» et «démocratie». Nous qui cherchons la voie d'une nouvelle démocratie adaptée aux exigences de notre temps, d'une justice sociale respectueuse des droits de la personne humaine, comment ne pas nous émouvoir quand dans un continent jeune on fait miroiter ces idées pour mieux barrer la route de la justice tout en méprisant la liberté ?»

Esprit (France), mai-juin 1964, p. 1187.

Waldemar Ferreira, «La légende de Goulart»

«...Combattue par des ennemis qui invoquaient Dieu, recevant l'appui des États-Unis, pourquoi la gauche a-t-elle perdu une partie si bien engagée ? La réponse est simple : le peuple, finalement, ne fut pas au rendez-vous. Il faut chercher la raison de cette défaillance dans la psychologie du Brésilien. Le Brésilien ne prend jamais rien au sérieux et n'approfondit aucune idéologie au point de se sacrifier pour elle. Trop souple, il ne réussit pas à acquérir la rigidité nécessaire à la défense d'un idéal. Le passé colonial et l'histoire y sont pour beaucoup, mais aussi la géographie : il n'est pas aisé de mettre au pied du mur des hommes auxquels il reste toujours huit millions de kilomètres carrés pour reculer. C'est là la force secrète de Carlos Lacerda et des puissances d'argent. Il leur a suffi de prendre une initiative pour l'emporter face à un peuple qui, avant d'agir, attend toujours de voir comment les choses tournent -si bien qu'il manque toujours l'occasion d'intervenir.»

L'Express (France), 9 avril 1964, p. 13.

Sirius, «L'"ordre" contre le "progrès"»

«...Il reste que le pire n'est pas encore certain et qu'on ne se pique pas au Brésil d'excessive logique. Les amitiés y sont tenaces, les compromis habituels, les passions aussi vite calmées qu'elles se sont déchaînées. Il ne manque pas d'industriels, d'universitaires, de propriétaires terriens pour estimer que de profondes réformes sont indispensables et que la politique des grands féodaux conduirait fatalement à des catastrophes. Bien des militaires le pensent aussi. Quant à l'Église, n'avait-elle pas donné son accord l'an dernier au cours d'une séance extraordinaire de l'épiscopat tenue à l'archevêché de Sao-Paulo en présence du président Goulart ? (...) Un nouveau président doit être élu avant un mois. Saura-t-il être à la fois l'homme de la conciliation et du progrès ? Les grands électeurs comprendront-ils que, s'ils devaient n'être que l'instrument d'une ploutocratie jalousement adonnée à une sorte d'ultra-cartiérisme interne au profit des seuls États du Sud et des gros propriétaires du Nord, une révolution de style castriste trouverait là tôt ou tard sa meilleure chance ?»

Le Monde (France), 4 avril 1964, p. 1.

S.A., «Goodbye to Jango»

«...As ruin approached, Goulart turned desperately to the far left for political support, threatened to rewrite the constitution, which prevents a President from succeeding himself, and entrench himself in power. A left-run nation of permanent chaos loomed as an all too real prospect. And Brazil, of course, is no island; the largest and most important nation in Latin America, it could conceivably drag the rest of the continent down with it. This prospect finally alarmed not only Brazil's conservatives but middle-roaders and liberals as well. Even the radical groups Jango had tried to organize -unions, peasants, noncommissioned officers- in the end did not follow him. It was practically everybody against Jango and his ambitions, his ineptness, his phony reforms. At a party meeting in Rio, even the Communists turned on him. «As far as we are concerned,» said one Communist leader, «Jango is dead. He was a stupid man.»

Newsweek (États-Unis), 10 avril 1964, p. 20.

Gouvernance et gouvernement [ 2 avril 1964 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Brésil
LimitéPascoal Ranieri Mazzilli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1959 - 1969



décembre
1959
Création de la Banque interaméricaine de développement

avril
1960
Inauguration de la nouvelle capitale du Brésil, Brasilia

octobre
1960
[Résultats] Élection présidentielle

août
1961
Démission du président brésilien Jaoa Quadros

octobre
1962
[Résultats] Élections législatives

avril
1964
Renversement du gouvernement de Joao Goulart au Brésil

novembre
1966
[Résultats] Élections législatives

janvier
1968
Début du «miracle brésilien»

février
1968
Fondation de l'Action de libération nationale au Brésil


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