Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

22 février 2018

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29 septembre 1992

Tenue d'élections législatives et présidentielle en Angola

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Eduardo dos Santos

Après la signature d'un cessez-le-feu entre le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), des élections législatives et présidentielle ont lieu en Angola, les 29 et 30 septembre 1992.

La fin de la Guerre froide favorise une accélération du processus de paix en Angola. Après avoir appuyé des clans opposés pendant la guerre civile, l'Union des républiques socialistes soviétiques (pro-MPLA) et les Etats-Unis (pro-UNITA) encouragent des négociations qui aboutissent à la signature d'un accord de paix à Estoril, le 1e mai 1991. Il prévoit l'entrée en vigueur informelle d'un cessez-le-feu le 15 mai suivant. Pendant que les dernières troupes cubaines quittent le pays, le cessez-le-feu est signé officiellement le 31 mai par le président José Eduardo Dos Santos du MPLA et Jonas Savimbi de l'UNITA. Cette entente met fin à 15 années d'une guerre civile qui a fait près d'un million de morts en Angola. En août, une révision constitutionnelle permet l'instauration du multipartisme. Le MPLA, parti unique depuis 16 ans, accepte que son rival traditionnel, l'UNITA, participe au processus démocratique. Le président Dos Santos reste en poste jusqu'à la tenue d'élections législatives et présidentielle qui auront lieu le 29 et 30 septembre 1992. À la suite de ces élections, le MPLA est reporté au pouvoir avec une majorité de sièges. Dos Santos récolte pour sa part 49,5% des voix au premier tour de la présidentielle. Alléguant des irrégularités, son rival Savimbi renonce au second tour. La stabilité du pays sera vite mise à l'épreuve et, à partir de novembre 1992, la guerre civile reprendra entre les deux groupes rivaux, mettant fin à l'accord de paix signé le 31 mai 1991. Il faudra attendre en 1994 pour qu'un nouvel accord de paix soit signé entre les belligérants.

Dans les médias...


J.-M. Makebo-Tali et A. Conchiglia, « Luanda sous le feu »

«...On espérait, à la veille des scrutins auxquels ont participé 90% des inscrits, que tout se passerait sans encombre, et que les résultats seraient respectés par tous... Jonas Savimbi n'avait-il pas donné sa parole d'honneur en ce sens, tant à la communauté internationale qu'à son adversaire direct, avec lequel il s'était entretenu deux jours avant le vote ? Mais le peuple angolais semble désormais habitué à voir cet homme imprévisible manquer à la parole donnée et se dédire avec une étonnante facilité... Il est en revanche surprenant d'entendre aujourd'hui bon nombre d'observateurs s'étonner eux-mêmes du refus de Savimbi d'admettre sa défaite électorale. Pourtant, à plusieurs occasions, le leader de l'UNITA avait été clair : « Quoi qu'il arrive, avait-il déclaré lors d'un de ses derniers meetings électoraux, nous allons former notre gouvernement...» Appelé à s'expliquer, Jonas Savimbi avait certes donné, à sa manière habituelle, une réponse alambiquée, mais il n'y avait là d'ambiguïté que pour ceux qui voulaient bien en trouver une. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), novembre 1992, p. 15.

Frederic Fritscher, « Les premières élections libres succèdent à trente années de conflits, mais la tension reste vive dans le pays »

«...Chacun des deux camps, après s'être clairement engagé à respecter le verdict des élections estampillées « libres et justes » par les observateurs des Nations unies, a peaufiné ses arguments d'après-scrutin, se préparant à la contestation. M. Savimbi doute déjà de la régularité du vote. Il estime que le Conseil national des élections (CNE), où siègent des représentants de tous les partis, a failli à son devoir, n'enregistrant pas cinq cent mille électeurs qui auraient été favorables à l'UNITA. Le président Dos Santos considère, pour sa part, que l'UNITA a contrarié l'extension de l'administration aux zones restées sous son contrôle et déplore ainsi que les autres partis n'aient pas eu la possibilité d'aller se faire entendre dans ces régions. Les Angolais sont placés devant un choix difficile. Voteront-ils pour le MPLA, l'ancien parti unique que beaucoup accusent de mauvaise gestion, de corruption, de bureaucratie et d'incompétence, ou préféreront-ils l'UNITA, qu'ils perçoivent brutale, cruelle, tribaliste, également incompétente et paradoxalement plus totalitaire que ne le fut jamais le MPLA ? « Nous avons le choix entre Chaka-Zulu et Ali Baba et les quarante voleurs », constate cyniquement M. Joachim Pinto de Andrade, un ancien prêtre, unanimement respecté, qui incarna jusqu'au mois d'avril les espoirs de la « troisième force » et condamne M. Dos Santos pour la vénalité de ses ministres. »

Le Monde (France), 29 septembre 1992, p. 1.

Francis Kpatindé, « Le désarroi de Jonas Savimbi »

«...La paix, on y avait pourtant cru un moment ! Les deux scrutins (législatif et présidentiel) organisés fin septembre avaient attiré la foule (plus de 90% de taux de participation) et mobilisé des moyens humains et matériels à la taille de ce pays (...) S'il n'a pas évité les quelques fraudes signalées ici et là, ce déploiement de moyens a permis à quelque 5 millions d'Angolais de voter en toute liberté. Une première en dix-sept ans d'indépendance ! En refusant de se plier au verdict des urnes, en retirant ses hommes du commandement unifié des forces armées, en faisant retraite vers Huambo, son fief situé dans le Centre-Sud, en agitant le spectre d'une nouvelle guerre, Jonas Savimbi ne fait, après tout, que révéler son vrai visage, en même temps qu'il conforte la position de ceux qui l'ont toujours dépeint comme un « despote » et un « mégalo » assoiffé de pouvoir. Comment comprendre autrement que l'ancien admirateur de Mao ait préféré le langage des armes aux voies de recours juridictionnels ? Comment expliquer le cynisme d'un de ses lieutenants qui déclarait récemment qu'une nouvelle élection coûterait « de toute façon » moins cher qu'une nouvelle guerre civile ? »

Jeune Afrique (France), 22 au 28 octobre 1992, p. 24-25.

Gouvernance et gouvernement [ 29 septembre 1992 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Angola
TransitionJosé Eduardo dos SantosFernando Dias van Dúnem

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1982 - 2002



décembre
1988
Signature à New York d'un traité sur le conflit en Angola

septembre
1992
Tenue d'élections législatives et présidentielle en Angola

novembre
1994
Signature à Lusaka d'un accord de paix sur la guerre civile en Angola

avril
2002
Signature à Luanda d'un accord sur la paix en Angola


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