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14 octobre 1964

Démission du premier secrétaire du Parti communiste soviétique, Nikita Khrouchtchev

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Nikita Khrouchtchev

Invoquant son âge avancé et son état de santé, Nikita Khrouchtchev annonce qu'il quitte ses fonctions de premier secrétaire du Parti communiste (PCUS) et de président du Conseil des ministres de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

Le décès de Joseph Staline et la tenue du XXe congrès du PCUS, en 1956, ont permis à Nikita Khrouchtchev de s'imposer comme l'homme fort de l'appareil politique soviétique. Des résultats économiques décevants, la dégradation des relations avec la Chine et le recul soviétique lors de la crise des missiles de Cuba, en 1962, donnent toutefois du souffle à ses détracteurs qui lui reprochent également de gouverner de façon autocratique. En octobre 1964, Khrouchtchev annonce qu'il quitte son poste pour des raisons d'âge -il a 70 ans- et de santé. Deux hommes lui succèdent dans ses fonctions : Leonid Brejnev comme premier secrétaire du PCUS et Alexis Kossyguine comme président du Conseil des ministres. Ce changement de la garde est également marqué par la nomination à des postes de ministres de quelques homme politiques tenus loin du pouvoir par Khrouchtchev. À court terme, des changements économiques sont apportés et un rapprochement esquissé par la Chine. Mais cet apaisement fera vite place à de nouvelles tensions entre Chinois et Soviétiques.

Dans les médias...


Jean-Jacques Servan-Schreiber, « Adieu à Krouchtchev »

«...Deux hommes de très grand talent, bien que très différents, auront, aux yeux des générations à venir, compris les premiers cette évidence révolutionnaire : la guerre est désormais impossible. John Kennedy et Nikita Krouchtchev ne se ressemblaient en rien. L'un fut trop aristocratique pour une Amérique encore un peu rustre, l'autre sans doute trop vulgaire pour une Russie nouvelle riche. Mais l'un et l'autre, maîtres de l'apocalypse, ont saisi à temps le fatal engrenage. Ils ont été à la limite de leurs forces, et de leurs moyens, pour empêcher que la guerre nucléaire ne devienne une probabilité par la course aux armements. En moins de douze mois, l'un a été assassiné, l'autre destitué. Et la première bombe atomique a explosé en Chine. Mais ils ont légué à leurs successeurs, quels qu'ils soient, une situation transformée : l'univers est averti. Averti par eux deux, dont les noms, les visages et les gestes resteront liés à jamais dans la mémoire des hommes - symboles de la grand-peur et de la lucidité. »

L'Express (France), 19 au 25 octobre 1964, p. 37.

Casa, « Kremlin »

«...Les grands hommes avaient un personnage, et Nikita Sergueïevitch Kroutchev, destructeur du culte de la personnalité, en avait une qu'il manifestait avec éclat. (...) Personne n'a ici aucune raison de mettre en doute la compétence des nouveaux chefs de l'État soviétique, ni de supposer qu'ils ne sont pas parfaitement à leur place et que le sort du monde saurait trouver de meilleurs guides. Il semble cependant utile de constater qu'objectivement le camarade Kroutchev - et certainement en partie à case de ses qualités tout à fait personnelles - a donné à sa patrie une place dans le monde qu'elle n'avait peut-être pas encore avant lui. Il a rassuré, ce qui était peut-être une ruse au profit de l'U.R.S.S. seule, mais il a aussi intéressé, ce qui a profité à tout le monde. »

Esprit (France), novembre 1964, p. 817.

Jean-Marc Léger, « |« K » : une démission qui ressemble à un limogeage »

«...Les circonstances dans lesquelles est survenue la « démission » du premier ministre Khrouchtchev ont quelque chose pour le moins d'insolite. Certes, il faut constamment se garder de la tentation d'interpréter en termes de mystère ou de tragédie les événements du monde communiste et notamment de l'Union soviétique. On reste sceptique toutefois devant la version officielle selon laquelle l'ancien chef de gouvernement aurait demandé à être relevé de ses fonctions. Si telle était la vérité, « K » aurait dû partir dans un concert d'éloges et d'hommages : il aurait au moins obtenu un tribut de gratitude de la part du praesidium. Or, c'est le silence glacé. Davantage, l'empressement à faire disparaître ses photos dans les ministères et sur les places publiques ainsi que la démission simultanée de son gendre (qui ne peut, lui, invoquer ni l'âge, ni les raisons de santé) du poste de rédacteur en chef des Izvestias rendent suspect le départ soudain et quasi clandestin d'un homme qui pendant dix ans fut le maître de l'URSS et qui en a profondément marqué la politique intérieure et étrangère. »

Le Devoir (Québec, Canada), 17 octobre 1964, p. 4.

S.A., « As Moscow Slept, A New Era Began »

«...In the seven years since he had come to dominate the Soviet scene, Khrushchev had spent an astounding total of 21 months outside Russia. Everywhere he went, boasting of Russian space achievements, claiming Communism would vainquish capitalism peacefully, threatening, cajoling, poking fun, the Russian leader left his mark. At home, he successfully rid his own country of the most cold-blooded and costly system of terror it had ever known, bringing a large measure of simple humane existence to more than 220 million people who had lived a life of fear. Most important, despite his occasional adventurous international thrusts, Khrushchev showed himself, in the end, as a man willing to suffer personal humiliation for the sake of preserving world peace. Beginning with his meeting with President Eisenhower at Camp David in 1959 and climaxing with his confrontation with President Kennedy over the Cuban missiles in 1962, he slowly and painfully made his own private pact with the realities of nuclear power. The world had been a better one to live in ever since, and however one finally assesses the man and his achievements, Nikita Khrushchev played no small part in the transformation.»

Newsweek (États-Unis), 26 octobre 1964, p. 53.

Gouvernance et gouvernement [ 14 octobre 1964 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
FaibleAnastase MikoyanNikita Khrouchtchev

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1959 - 1969



septembre
1959
Visite du leader soviétique Nikita Khrouchtchev en République populaire de Chine

avril
1961
Premier vol humain dans l'espace par un cosmonaute soviétique

juin
1963
Première femme à effectuer un vol dans l’espace

octobre
1964
Démission du premier secrétaire du Parti communiste soviétique, Nikita Khrouchtchev

février
1966
Alunissage de la sonde soviétique Luna 9


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