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28 décembre 2000

Élection de John Kufuor à la présidence du Ghana

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

John Kufuor

Un vent de changement souffle sur les élections qui se déroulent au Ghana en décembre 2000. Élu au terme d'un deuxième tour, le 28 décembre, le nouveau président John Kofi Agyekum Kufuor succède à Jerry John Rawlings qui était au pouvoir de façon interrompue depuis le coup d'État du 31 décembre 1981.

Après avoir renversé le gouvernement de Hilla Limann, le 31 décembre 1981, le lieutenant Rawlings mit sur pied un Conseil provisoire de la défense nationale qui suspendit la Constitution et bannit les partis politiques. Ceux-ci furent autorisés à nouveau après qu'un référendum sur une nouvelle Constitution fut approuvé par une majorité éclatante, le 28 avril 1992. En décembre de la même année, Rawlings remporta confortablement le premier tour de la présidentielle. Quelques semaines plus tard, son parti, le National Democratic Congress (NDC), obtint aisément une majorité aux législatives qui furent boycottées par les quatre grands partis d'opposition qui s'étaient présentés à la présidentielle. Rawlings et le NDC répétèrent leur succès lors de la présidentielle et des législatives du 7 décembre 1996. Il faut attendre les élections de décembre 2000 pour voir un vent de changement souffler sur le Ghana. Rawlings ne peut alors être candidat, puisque la Constitution de 1993 n'autorise pas plus de deux mandats de quatre ans à la présidence. C'est plutôt son vice-président, John Atta Mills qui brigue le poste. À la suite d'une campagne marquée par de nombreux actes de violence, celui-ci se retrouve au second tour avec John Kufuor, son adversaire du New Patriotic Party (NPP). C'est finalement ce dernier qui accède à la présidence avec 56,7% des voix. Il s'agit d'une victoire complète pour le NPP qui remporte également une majorité relative de sièges lors des législatives. Kufuor entrera en fonctions le 7 janvier 2001. Son administration adoptera des politiques visant à développer une gestion moderne de l'État. Kufuor obtiendra un second mandat aux élections de 2004.

Dans les médias...


Augusta Conchiglia et Kumah Drah, « Kuofor à l'épreuve des réalités »

«...Avec son style très particulier, Rawlings avait réussi à contenir le mécontentement populaire, notamment urbain, accentué récemment par la perte du pouvoir d'achat et la sensible aggravation du chômage engendrées par les privatisations. Grâce à sa capacité à s'identifier avec les plus démunis, il avait pu maintenir le cap des réformes et faire patienter. Mais il n'était pas aisé pour le successeur désigné, le vice-président J.A. Mills, d'enfiler les chaussures du leader charismatique ghanéen et de convaincre les électeurs avec la même pugnacité. Le discours électoral du candidat Mills, empreint de réalisme et dépourvu de démagogie, n'a pas été compensé par la chaleur que dégageait le bouillonnant capitaine dans ses rencontres publiques. Et sa démonstration des facteurs exogènes de la crise - baisse des cours du cacao, chute de ceux de l'or, les deux principaux produits à l'exportation, et augmentation à des niveaux historiquement élevés des cours de pétrole - n'a guère fait recette. D'autant que, en face, l'opposition a insisté sur l'incompétence du gouvernement à faire face à cette conjoncture et misé sur sa propre capacité à balayer ces graves handicaps d'un revers de la main... »

Le Nouvel Afrique Asie (France), février 2001, p. 21.

Francis Kpatindé, « Ghana une leçon de démocratie »

«...À l'instar de l'ancien président malien Amadou Tomani Touré reconverti - un moment - dans le combat pour l'éradication du ver de Guinée, Rawlings a déjà annoncé qu'il consacrerait l'essentiel de sa liberté retrouvée à lutter contre le paludisme et le sida, deux causes majeures de mortalité en Afrique. Il laisse à son successeur un pays stable, en passe de retrouver son influence d'antan dans une région déchirée par plusieurs crises politiques et conflits ouvriers, un pays qui ne connaît pas, contrairement à ses voisins nigérian, togolais, ivoirien, libérien et sierra-léonais, de problèmes d'insécurité. Pour autant, il n'aura pas réussi à asseoir durablement les bases d'une économie forte et prospère. Si le secteur aurifère connaît, depuis peu, une certaine reprise, le prix du cacao, le principal produit d'exportation, a chuté de moitié en deux ans, alors que celui du pétrole - importé notamment du Nigeria - flambait. Il appartiendra maintenant à John Agyekum Kufuor de relever le défi économique et social, tout en consolidant l'héritage du Chairman, qui, à l'image de Kwame Nkrumah, vient de faire son entrée dans l'Histoire. »

Jeune Afrique (France), 9 au 15 janvier 2001, p. 21.

Jean Chatain, « Ghana : Accra tourne la page Rawlings »

«...Cette dérive a contribué à faire le lit de l'avocat d'affaires et ancien ministre John Kufuor. Lequel pratiquait la surenchère libérale, tout en dénonçant la crise sociale déstabilisant le pays, notamment celle frappant les couches les plus misérables de la paysannerie, ainsi que les difficultés assaillant la population étudiante. Alors que les thèmes économiques avaient dominé la campagne du premier tour, celle-ci est devenue, pour le second, plus dure et personnelle. Le NDC a décrit Kufuor comme un avocat et un homme d'affaires « incompétent », tandis que, dans l'autre camp, on avançait des « révélations » sur un « enfant illégitime » du vice-président. Il reste que si le sortant Jerry Rawlings, cinquante-trois ans seulement, se verra nommer président à vie du NDC, il s'est engagé à passer le relais à son successeur élu, « quel qu'il soit ». Ajoutant qu'il ne chercherait pas à influer en sous-main la vie politique du pays. Sur un plan personnel, Jerry Rawlings réussirait alors une sortie en beauté, qui préserverait sa stature de « sage » au niveau continental. »

L'Humanité (France), 29 décembre 2000, p. 16.

Éditorial

«...In its first two decades of independence, the West African nation of Ghana was an archetypal political disaster, brought low by successive coups and dictatorships, corruption and near total economic collapse. Today, Ghana is a welcome African example of legitimate democracy and successful economic reform. In an unusually peaceful transfer of power, a civilian government that grew out of a military regime has accepted an election defeat and surrendered power to the opposition. (...) The key to success in Ghana has been creative and enlightened cooperation between international lenders and local officials, combined with Mr. Rawlings's shrewd effort to tame the military and redirect it away from politics. Nigeria, the region's powerhouse, which is now making its own difficult transition from military rule to democracy, can learn from Ghana's achievement. Mr. Kufuor has said he will introduce a South African-style truth commission to investigate Ghana's violent political past. There are risks in probing deeply into past political crimes. But some form of public accounting for the criminal abuse of power can be a deterrent to future crimes, and thus a source of stability. »

New York Times (Etats-Unis), 8 janvier 2001, p. A16.

Gouvernance et gouvernement [ 28 décembre 2000 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Ghana
LimitéJerry John Rawlingsposte aboli

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1995 - 2005



janvier
1997
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décembre
2000
Élection de John Kufuor à la présidence du Ghana


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